‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 121 sur 663 · LE MARIAGE ET LA VIRGINITÉ · texte numérisé non relu

LE MARIAGE ET LA VIRGINITÉ

1 De quitus autem scripsisiis mihi ; bonum est homini mulierem non tangere ; 2 propter fornicationem autem unusquisque suam uxorem habeat, et unaquaeque suum virum habeat. 3 Uxori vir debitum reddat ; similiter autem et uxor viro. 4 Mulier sui corporis potestatem non habet, sed vir. Similiter autem et vir sui corporis potestatem non habet, sed mulier, s Nolite fraudare invicem, nisi forte ex consensu ad tempus, ut vacetis orationi ; et iterum revertimini in idipsum, ne tentet vos satanas propter incontinentiam vestram. ^Hoc autem dico secundum indulgentiam, non secundum imperium. "^ Volo enim omnes vos esse sicut meipsum ; sed unusquisque proprium donum habet ex Deo ; alius quidem sic, alius vero sic.

C'est la gloire de l'Apôtre d'avoir fixé sur les points qui concernent le mariage, la pratique séculaire de l'Eglise. « Ve-

nons maintenant, dit-il, aux questions sur lesquelles vous m'avez interrogé. » Le principe pour l'Apôtre, c'est la supériorité en soi de la continence parfaite ; c'est chose bonne », dit la Vulgate ; « c'est chose belle », dit le grec, xa)v6v, parce que là est la liberté, la pureté, l'affranchissement de l'âme, son élévation au-dessus de tous les penchants de la chair ; l'unité, sans partage ni division, d'une vie attachée à Dieu seul. Mais parce que cet idéal n'est pas à la portée de tous, la ressource sera le mariage. L'Eglise ne devait pas être un groupe d'esséniens, ni une société fermée ; elle devait appeler et contenir toute la famille humaine. Pour éviter les dérèglements et l'immoralité, tout fidèle incapable d'aspirer à la continence parfaite aura sa femme ; toute chrétienne, son mari ; et dès lors la femme ne s'appartiendra pas, non plus que l'homme ne s'appartiendra : ils seront le bien l'un de l'autre et s'appartiendront mutuellement en vue de la fin du mariage. Il y aura lieu néanmoins à une sainte continence ; l'Apôtre le laisse bien entendre. Les époux pourront se séparer momentanément, c'est-à-dire s'abstenir pour un temps limité d'user de leur mariage, en vertu d'un consentement mutuel, en vue de la prière, qui n'est jamais plus efficace que lorsque l'âme est soustraite à toutes les passions de la chair et du sang ; puis ils reviendront l'un à l'autre, afin de ne pas s'exposer à des tentations et à des chutes que le mariage lui-même a pour dessein de conjurer ; encore ces dernières paroles ne sont-elles qu'une indication de mesure et de prudence pour ceux à qui leur faiblesse ne permet pas la continence parfaite et l'entier renoncement. « Car, dit l'Apôtre, pour accentuer sa réflexion dernière et revenir à l'énoncé de sa pensée profonde, mon désir serait que tous vous puissiez vivre comme moi, affranchis du mariage et voués à la continence ; mais je n'ignore point que chacun a reçu de Dieu sa grâce personnelle ; la continence a ses degrés : elle peut être soit la continence parfaite, soit la continence dans le mariage et la fidélité conjugale, qui est aussi de Dieu, moins élevée que la virginité et parfois plus difficile. » L'Apôtre ne

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