LA LOI DU MARIAGE CHRÉTIEN
redoute pas de jeter dans la balance de l'appréciation humaine, et en faveur de la continence parfaite ou de la virginité, le poids d'un conseil qui lui a été inspiré de Dieu, sachant bien que ce conseil ne crée point une obligation, et que d'ailleurs les maximes et les habitudes du monde réduiront toujours assez le nombre de ceux qui entendront le conseil de Dieu : Quomodo enim animas, mortali carne circumdatus, legem naturae, libertatem licentiae, vim consuetudlnis, et stimulas aetatis évincer et, nisi tu, Deùs, amorem virginitatis clementer accenderes, tu hanc cupiditatem benignus aleres, tu fortitudinem ministrares ? (Pont. Rom.).
^ Dico.autem non nuptis, et viduis : bonum est illis si sic permaneant, sicat et ego. 9 Quod si non se continent, nubant. Melius est enim nubere quam uri. lo Us dutem qui matrimonio juncti sunt, praecipio non ego, sed Dominas, uxorem a viro non discedere ; n quod si discesserit, manere innuptam, aut viro suo reconciliari. Et vir uxorem non dimittat. 12 Nam ceteris ego dico, non Dominas : si quis f rater uxorem habet infidelem, et haec consentit habitare cum illo, non dimittat illam. ^^ Et si qua mulier fidelis habet virum infidelem, ef hic consentit habitare cum illa, non dimittat virum ; i4 sanctificatus est enim vir infidelis per mulierem fidelem, et sanctificafa est mulier infidelis per virum fidelem ; alioquin filii vestri immundi essent, nunc autem sancti sunt. ^^ Quod si infidelis discedit, discedat ; non enim servituti subjectus est f rater, aut soror in hujusmodi ; in pace autem vocavit nos Deus. 1.6 Unde enim scis, mulier, si virum salvum faciès ? aut unde scis, vir, si mulierem salvam faciès ?
Le principe général ainsi établi, l'Apôtre en fait l'application à la variété des personnes : parmi les chrétiens il en est qui n'ont pas contracté mariage, non nuptis ; il en est d'autres, dont le mariage a été rompu par la mort de l'un des deux conjoints, viduis : ce qu'ils ont de mieux à faire, c'est de demeurer libres comme je le suis moi-même; sauf le péril;
d'incontinence : auquel cas, se marier vaut mieux. Le mariage, en effet, s'il est inférieur à la continence parfaite, est un état saint, et l'emporte à l'infini sur les ardeurs impures de la convoitise. Cette invitation à la continence n'est qu'un conseil à l'adresse de ceux qui n'ont pas connu le mariage, ou de qui l'union conjugale a été dissoute par la mort.
Mais pour ceux qui sont unis par le mariage, et dans le cas où les deux époux sont chrétiens, la loi de Dieu (et non plus le conseil de l'Apôtre, encore que l'Apôtre soit inspiré pour donner un conseil), la loi de Dieu veut que les époux demeurent unis ; l'épouse ne quittera pas son époux, l'époux ne quittera pas son épouse. Si pour des raisons quelconques ils se séparent. Dieu ne leur permet pas de contracter un nouveau mariage ; ils n'ont tous deux d'autre ressource que de revenir l'un à l'autre, ou d'observer la continence. C'est la loi surnaturelle de l'indissolubilité pour le mariage chrétien, telle qu'elle est formulée en saint Matth., V, 32 ; XIX, 9 ; en saint Marc, X, 12 ; en saint Luc, XVI, 18. — Il en est qui ne sont pas compris encore dans les règles données jusqu'ici : Nam ceteris, etc. Ce sont les mariages où l'un seulement des époux est chrétien, et dont la condition n'est pas l'absolue indissolubilité. Car l'indissolubilité, si elle est postulée par le mariage regardé comme contrat, n'est définitivement exigée que par le mariage regardé comme sacrement. « Et dans ce cas, dit l'Apôtre, le Seigneur n'ayant rien prescrit, voici la direction que je vous donne avec mon autorité d'Apôtre. Si un chrétien a une femme demeurée païenne, mais qui consente à vivre pacifiquement avec lui, sans péril de séduction pour lui, sans outrage fait à Dieu, qu'il garde son épouse même païenne. Dans le cas inverse d'une chrétienne dont l'époux est demeuré païen, mais qui consent néanmoins à vivre avec elle sans la détourner de son devoir, qu'elle garde son époux. » Même dans ce mariage inégal, où l'un est chrétien et l'autre ne l'est pas, la seule présence d'un époux chrétien non seulement en exclut les désordres et les souillures, mais donne au mariage lui-même un caractère de sainteté