‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 135 sur 663 · DISCERNEMENT ET CHARITÉ · texte numérisé non relu

DISCERNEMENT ET CHARITÉ

•cientia ? 3o Si ego cum gratia participo, quid blasphemor pro eo quod gratias ago ? ^^ Sive ergo manducatis, sive bibitis, sive aliud quid facitis :. omnia in gloriam Dei facite. 32 Sine offensione esfofe Judaeis et Gentibus, et Ecclesiae Dei : 33 sicut et ego per omnia omnibus placeo, non quaerens quod mihi utile est, sed quod multis, ut salvi fiant. XI i Imitatores mei estote, sicut et ego Christi.

Au lieu de se consommer dans le temple ou ses annexes, en liaison étroite avec le sacrifice lui-même, les viandes sont maintenant exposées dans le marché public ou la boucherie : « achetez-les, mangez-les sans scrupule et sans interroger sur la provenance de cette chair immolée, comme si vous aviez une inquiétude de conscience. Tout est à Dieu, nul ne peut lui rien ravir, ni rendre mauvaise une créature matérielle' qu'il a faite bonne. Vous le voyez, la liberté demeure entière.»

« De même un païen vous invite à sa table : acceptez, si cela vous fait plaisir. Mangez sans scrupule de tout ce qui vous est offert, et n'interrogez pas par un motif de conscience. C'est encore la part de la liberté. Mais qu'il y ait là un autre convive, un chrétien, qui appelle votre attention sur telle viande et vous avertisse : « Elle a été consacrée aux idoles ; je n'oserais, moi, en manger. » Alors, n'en mangez pas non plus, vous, à cause de celui qui vous a donné cet avertissement, et pour un motif de conscience, cette fois ; motif puisé non dans votre conscience à vous, mais dans la conscience faible de votre frère. Votre liberté chrétienne n'est ni dépossédée ni évincée pour cela. Vous ne perdez rien réellement. »

Le Corinthien proteste encore : « Mais pourquoi la conscience d'autrui intervient-elle pour juger et réduire ma liberté? Si j'étais seul je n'aurais pas cet ennui. Et alors que je rends grâces à Dieu pour tout ce que je prends et qui me vient de lui, pourquoi un étranger m'interdit-il d'user de ce qui me vient de Dieu et dont je lui rends grâces ? Si Dieu me le donne, si j'en remercie Dieu, pourquoi ne puis-je en user ? — C'est que, répond l'Apôtre, il n'y a pas que la liberté, il

y a la charité ; c'est que le chrétien doit avoir en toute chose le souci de Dieu et le souci de ses frères. » Là sera tout le résumé de cette longue discussion : « Que vous mangiez, ditil, que vous buviez, quelque autre chose que vous fassiez, que tout soit pour la gloire de Dieu : que le branle soit donné par Dieu, que vos œuvres soient gouvernées par lui, qu'elles soient ordonnées vers lui. C'est la gloire de Dieu qu'il soit au principe, au développement et au terme de tout ce que nous faisons. Que rien dans votre conduite ne soit un scandale ni pour les Juifs, ni pour les Grecs, ni pour les fidèles. Et comme vous m'avez vu me prêter à tous, passer outre à mes intérêts pour rechercher le salut de tous, faites comme moi : imitez-moi comme je m'efforce d'imiter le Christ. »

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