‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 134 sur 663 · LA COMMUNION AU SACRIFICE · texte numérisé non relu

LA COMMUNION AU SACRIFICE

licent, sed non omnia aedificant. ^^Nemo quod suum est quaerat, sed quod alterius.

L'Apôtre proscrit l'usage de ces viandes dans la mesure où il serait une vraie participation à l'idolâtrie : dans les festins qui se tenaient dans les temples et faisaient corps par le lieu, le temps, les circonstances, avec le culte idolâtrique. Le repas était alors le corollaire du sacrifice, et en union étroite avec lui. S'abstenir, ici, est un devoir. Cela se comprend bien. « Nous sommes entre chrétiens, dit l'Apôtre, et nous nous comprenons à demi-mot. La coupe de bénédiction que nous bénissons dans nos agapes, n'est-ce point pour nous la communion au sang du Christ, la communion à la vie de Dieu ? Et le pain que nous brisons pour le distribuer ensuite, n'est-ce point pour nous la participation au Corps du Seigneur ? Et ce pain est un ; il est vivant ; même divisé, il est unifiant : il ramène à l'unité, et contient dans son unité vivante la pluralité de nos vies individuelles. Nous avons beau être plusieurs ; l'unité vivante et puissante de ce pain nous réduit quand même à l'unité. Et nonobstant la distinction de nos vies individuelles, nous ne sommes tous qu'un seul être vivant, nous qui communions à ce pain et à cette vie unique. N'est-ce pas là ce qui règle toute notre conduite ? Est-ce que cette glorieuse réalité ne définit pas, à elle seule, et ce que je dois être pour un frère plus faible, et l'éloignement que je dois professer pour l'idolâtrie ? » Ce qui se passe chez les chrétiens, c'est, avec un infini surcroît de beauté et de réalité, l'achèvement de ce qui se passait dans l'Israël ancien, où avoir sa part de la victime, c'était communier à Dieu. Mais cette communion à Dieu ne s'accomplissait alors que moyennant' un intermédiaire et moyennant une fiction : un intermédiaire, c'était la victime ; une fiction, c'était la supposition que la portion consumée par le feu était la part de Dieu, et censée consumée par lui. Mais aujourd'hui ! O notre Dieu, apaisez nos âmes, et mettez un sceau à nos lèvres, afin qu'elles ne s'échappent pas en cris d'admiration comme

ceux qui éclataient dans l'Eglise à la révélation de l'Eucharistie ! (Peregrinatio Silviae, 73).

L'Apôtre s'arrête, « Vous le voyez bien, dit-il, je ne démens rien de ma doctrine première ; je ne dis pas que l'idole soit quelque chose : l'idole n'est rien. Je ne dis pas que la victime qui lui a été offerte a contracté, de ce fait, une souillure. Ce qui n'est rien ne peut nuire à rien. Mais nous ne pouvons pas faire que les sacrifices des païens ne soient offerts aux démons, et que leurs victimes ne soient immolées à un être qui n'est pas Dieu et n'a dès lors aucun droit au sacrifice. Nous ne pouvons pas faire davantage que derrière l'idole qui n'est rien, ne se dissimule le démon lui-même, s'abritant de l'idole pour ravir à Dieu l'honneur qui n'est di4 qu'à lui seul. Eh bien ! Voulez-vous donc communier au diable ? Voulez-vous, des mêmes lèvres, boire à la coupe des démons et boire à la coupe de Dieu, vous asseoir à la table de Dieu et à la table des démons ? Ou bien encore, ce qui serait effrayant, voulez-vous provoquer Dieu lui-même, et vous mesurer avec lui ? Etes-vous de taille pour cela ? »

« Oh ! je vous entends bien, et mes oreilles sont ressassées de votre objection, toujours la même : « Tout m'est permis ! » Sans doute, mais tout n'édifie pas. La charité est la seule qui édifie ; et la charité consiste à penser au prochain, non à soi seul. » Cette réflexion de l'Apôtre nous conduit à la seconde partie de son règlement pratique.^ Désormais il ne s'agit plus des mêmes repas, et les circonstances sont aussi différentes entre elles que les solutions elles-mêmes.

25 Omne quod in macello vaenit, manducate, nihil iniërroganfes propter conscientiam. 26 Domini est terra et plenitudo ejus. 27 Si quis vocat vos infidelium et vultis ire : omne quod vobis apponitur, manducate, nihil interrogantes propter conscientiam. 28 Si quis autem dixerit : Hoc immolatum est idolis ; nolite manducare, propter illum qui indicavit, et propter conscientiam ; 29 conscientiam autem dico non tuam, sed alterius. Ut quid enim libertas mea judicatur ab aliéna cons-

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