CONDITIONS DE LA VIE APOSTOLIQUE
carceribus, in seditionibus, in laboribus, in vigiliis, in jejaniis, Qin castitate, in scientia, in longanimitate, in suavitafe, in Spiritu sancto, in caritate non ficta, "^ in verbo veritatis, in virtute Dei, per arma justitiae a dextris, et a sinistris, s per gloriam, et ignobilitatem, per infamiam, et bonam famam : ut seductores, et veraces, sicut qui ignoti, et cogniti : 9 quasi morientes, et ecce vivimus : ut castigati, et non mortificati : 10 quasi tristes, semper autem gaudentes : sicut egentes, maltos autem locapletantes : tamquam nihil habentes, et omnia possidentes. n Os nostrum patet ad vos, o Corinthii, cor nostrum dilatatum est. 12 Non angastiamini in nobis : angustiamini autem in visceribus vestris : is eamdem autem habentes remunerationem, tamquam filiis dico : dilatamini et vos.
Les apôtres sont donc les auxiliaires de Dieu, ses collaborateurs dans l'œuvre du salut Après avoir apporté la prédication de ce bienfait ineffable qu'est la grâce de Dieu, leur office est encore d'inviter les fidèles à la faire fructifier en eux, sous peine de l'avoir reçue en vain. Cette justice surnaturelle que le Seigneur nous a conquise au prix de sa souffrance n'est pas, en effet, un bienfait matériel, ni un trésor enfoui dont nous n'ayons rien à faire. Nous devons le faire valoir, et les temps sont venus où notre fidélité s'y doit employer, selon la parole du Seigneur en Isaïe, XL IX, 8 ; « En une heure de grâce je vous ai- exaucés, et à l'heure que j'avais marquée pour votre salut je suis venu à votre secours.» Cette heure de grâce, cette époque de salut, elle est venue enfin ; c'est aujourd'hui, dit l'Apôtre, c'est toute l'ère nouvelle qui s'ouvre et ne se fermera qu'à l'avènement du Christ.
Ce verset 2 forme parenthèse, passée laquelle saint Paul ressaisit le fil de sa pensée première. Au nom de la fonction glorieuse qui nous a été dévolue, dit-il, nous pressons les hommes à recueillir et à faire fructifier la grâce ; et dans le dessein de gagner les âmes, nous évitons avec soin de les blesser en rien, de peur de discréditer notre ministère. Ce serait peu encore et la dignité apostolique ne saurait se ré-
duire à cet élément négatif et de prudence : aussi allons-nous plus loin. — Le texte de la Vulgate s'écarte du sens original, et sa traduction a contribué à obscurcir tout ce passage. L'Apôtre ne vise pas les fidèles, ne leur adresse pas une exhortation- (exhibeamus) : il expose aux Corinthiens les normes et les règles auxquelles a obéi son apostolat. La traduction exacte serait celle-ci : sed in omnibus commendantes nosmetipsos ut Dei ministri, in multa patientia... Nous sommes, nous, de vrais ministres de Dieu ; et au lieu de solliciter d'Eglise en Eglise des lettres de créance, nous nous accréditons nous-mêmes par les œuvres de notre apostolat, par la patience qui nous fait endurer les tribulations, les privations, les détresses ; les flagellations, les prisons, les séditions ; les travaux, les veilles, les jeûnes. Ce sont les aspérités variées de l'apostolat ; viennent ensuite les- vertus dont il requiert l'exercice : la droiture, la science surnaturelle, la longanimité qui sait attendre l'heure de Dieu, la bonté, la docilité à l'Esprit de Dieu, la charité sincère et dévouée (verset 6) ; puis les instruments que Dieu a remis aux mains de l'Apôtre pour accomplir son œuvre : la parole de la vérité, la vertu de Dieu capable des prodiges, les armes défensives de la justice qui nous couvrent contre les traits venant de droite et de gauche, du succès et de l'adversité (verset 7) ; enfin toutes les extrémités des choses humaines, par oii le Seigneur fait passer les apôtres sans que leur égalité d'âme et leur sérénité en soit altérée : la gloire et l'ignominie, la bonne réputation et la mauvaise ; traités comme imposteurs alors que nous annonçons la vérité, dédaignés et méconnus des hommes, mais connus de Dieu ; sans cesse^ livrés à la mort et y échappant toujours ; toujours battus, jamais vaincus ; voués, ce semble, à la souffrance, et joyeux quand même ; pauvres, et enrichissant le monde ; n'ayant rien en propre, et possédant tout (versets 8-10).
L'Apôtre a conscience d'être long, et de paraître se complaire dans rénumération de ses travaux, de ses -vertus, de :ses triomphes. Et en effet, il manque peu de chose à son re-