ORGANISATION DE LA COLLECTE
^^Oratias autem Deo, qui dédit eamdem solUcitudinem pro vobis in corde Titi, i7 quoniam exhortationem qiiidem suscepit : sed cum sollicitior esset, sua voluntate profectus est ad vos. is Misimus etiam cum illo frafrem, cujus laus est in Evangelio per omnes Ecclesias : i9 non solum autem, sed et ordinatus est ab Ecclesiis comes peregrinationis nostrae in
hanc gratiam, quae ministratur a nobis ad Domini gloriam, et destinatam voluntatem nostram : 20 devitantes hoc, ne quis nos vituperet in hac plenitadine, quae ministratur a nobis. 21 Providemus enim bona non solum coram Deo, sed etiam coram hominibus. 22 Misimus autem cum illis et fratrem nostrum, quem probavimus in multis saepe sollicitum esse : nunc autem multo sollicitiorem, confidentia multa in vos, 23 sive pro Tito, qui est socius meus, et in vos adjutor, sive fratres nostri, Apostoli Ecclesiarum, gloria Christi. 24 Ostensionem ergo, quae est charifatis vestrae, et nostrae gloriae pro vobis, in illos ostendite in faciem Ecclesiarum.
Le verset 16 retourne à la pensée du verset 6, et à la nouvelle mission que l'Apôtre va confier à Tite en vue de la collecte. Saint Paul veut éviter que les Corinthiens soient humiliés par une comparaison avec les chrétientés de Macédoine. Tite a eu le même souci, et non seulement s'est rendu à l'invitation de l'Apôtre, mais spontanément s'est offert pour retourner à Corinthe dans le double dessein, et de porter la présente lettre, et de presser l'œuvre de la collecte. (Le texte porte le passé : profectus est ad vos ; ce n'est pas que Tite soit déjà parti au moment où se dicte la lettre ; mais le style épistolaire fait un fréquent usage du passé, et l'Apôtre parle pour l'heure où sa lettre sera lue à Corinthe).
Tite sera accompagné de deux frères, c'est-à-dire de deux chrétiens qui sont accrédités, eux aussi, auprès de l'Eglise ; mais leur nom n'est pas prononcé. Il n'est pas impossible que le premier soit saint Luc. Saint Luc a cessé d'accompagner l'Apôtre depuis le séjour de saint Paul à Philippes (cf. Act., XVI, 12-17, 40) ; il semble l'accompagner de nouveau à l'époque où nous sommes parvenus (Act., XX, 5, 6). Peut-être a-t-il profité de cet intervalle pour écrire son Evangile. Les Actes sont de 62 ou 63 ; la composition de l'Evangile les a précédés (Act, I, 1, 2), et nous sommes sur le déclin de 57. Que ce frère soit saint Luc ou un autre, son nom est vénéré dans toutes les chrétientés, à raison des ser-
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vices qu'il a rendus à l'Evangile. De plus il a, du fait même de son caractère officiel, un titre spécial à l'accueil déférent £t empressé des Corinthiens : car c'est lui que les Eglises de Macédoine ont désigné et adjoint à l'Apôtre en vue de cette collecte de charité à laquelle il se dévoue. Et ce choix, ajoute saint Paul, a été fait devant Dieu, et pour répondre à nos désirs — il faut lire : ordinatus cornes... ad Domini gloriam et destinatam voluntatem ( icpoQufAïav ) nostram. Si l'Apôtre a voulu un aide en cette affaire, c'est qu'il s'est laissé guider une fois de plus par le scrupule jaloux de son désintéressement. Il eût été facile à ses ennemis de lui prêter des vues intéressées, s'il avait accompli par lui-même l'œuvre de la collecte. Il fallait fermer la bouche aux méchantes suppositions. Sans doute, il aurait pu, le plus légitimement du monde, prélever sur les produits de la collecte, sa propre subsistance et le prix de son travail ; mais l'Apôtre, nous le savons par la Première aux Corinthiens (IX, 15), refusait systématiquement d'être à charge aux Eglises qu'il évangélisait. C'était pour lui une question de fierté surnaturelle, et comme un moyen de rétablir l'équilibre entre sa vocation, qui lui avait été imposée (Act, IX, 9), et celle des autres apôtres, qui était de libre choix. Si donc, poursuit-il, nous avons obtenu des Eglises un associé chargé de cette fonction, c'est que nous voulons nous épargner les commentaires malicieux des uns, les rendements de compte qui seraient exigés peut-être par les autres. Notre vie nous a appris, selon le conseil des Proverbes (III, 4), à avoir le souci de tout ce qui est bien devant Djeu et devant les hommes, dans l'intérêt de notre conscience et de notre réputation. Nous ne voulons pas que personne puisse suspecter notre ministère.
Avec ce premier compagnon de Tite, nous vous adressons un autre de nos frères dont nous avons, en bien des rencontres, éprouvé le dévouement, et dont l'empressement s'augmente encore de tout le bien que Tite lui a appris de vous. Nous donnons mission auprès de vous à tous ~~ trois, à Tite, mon collaborateur, qui vous a été député déjà ; à nos
deux autres frères choisis par les Eglises, et l'honneur du Christ. Nous vous les adressons, avec l'assurance qu'ils seront bien accueillis de vous ; et que vous leur témoignerez ouvertement, dans la réunion des fidèles, cette charité et cette déférence dont nous avons été, auprès d'eux, les garants.