AVANTAGES DE LA COLLECTE
sans entajtner des ressources dont on ne saurait disposer sans imprudence. Le dessein de cette collecte n'est pas, en effet, que les pauvres de Jérusalem soient abondamment soulagés, et que les fidèles de Corinthe, par des libéralités exagérées, se réduisent à la détresse ; mais qu'une balance égale équilibre la situation financière moyenne des deux communautés. Aujourd'hui, vous êtes à l'aise : que votre superflu vienne au secours de leur indigence ; et, — la charité appelant la charité, — demain, si à votre tour vous êtes dans le besoin, leur richesse vous aidera.
Ainsi moyennant cette affectueuse circulation du superflu, s'établira entre les fraternités chrétiennes une équitable distribution des biens matériels : avec l'agape et l'hospitalité, la collecte n'était-elle pas du bon socialisme, le socialisme de la charité ? Ainsi se réalisait la parole de l'Ecriture (Exod., XVI, 18) : «Celui qui avait recueilli beaucoup, n'en était pas plus riche ;' celui qui avait recueilli moins, ne manquait de rien. » Par la charité, il en sera dans la vie chrétienne, comme il est arrivé en Israël, durant la traversée du désert, en vertu d'une disposition divine. La mesure de la manne était d'un gomor pour chacun. Parmi les Israélites, les uns, par gourmandise peut-être, s'efforçaient d'en recueillir davantage ; les autres, par négligence ou inattention, recueillaient moins que la mesure prescrite : finalement la cueillette de chacun suffisait à ses besoins, sans les dépasser. Mais, tandis que là-bas l'ordre de Dieu répartissait la manne, ici c'est la charité qui préside au partage des ressources.