LA MESURE DE LA CHARITÉ
6 Hoc autem dico : Qui parce seminat, parce et metet : et qui seminat in benedictionibus, de benedictionibus et metet. 7 Unusquisque prout destinavit in corde suo, non ex tristitia, aut ex necessitate ; hilarem enim datorem diligit Deus. ^ Païens est autem Deus omnem gratiam abundare facere in vobis : ut in omnibus semper omnem sufficientiam habentes, abundetis in omne opus bonum, 9 sicut scriptum est : Dispersa, dédit pauperibus : justitia ejus manet in saeculum saeculi. 10 Qui autem administrât semen seminanti : et panem ad manducandum praestabit, et multiplicabit semen vestrum, et augebit incrementa frugum justitiae vestrae : n ut in omnibus locupletati abundetis in omnem simplicitaîem, quae operatur per nos gratiarum actionem Deo. 12 Quoniam ministerium hujus officii non solum supplet ea, quae désuni sanctis, sed etiam abundat per multas gratiarum actiones in Domino, is per probationem ministerii hujus, glorijicantes Deum in obedientia confessionis vestrae, in Evangelium Christi, et simplicitate communicationis in illos, et in omnes, i* et in ipsorum obsecratione pro vobis, desiderantium vos propter eminentem gratiam Dei in vobis. is Grattas Deo super inenarrabili dono ejus.
Une transition est sous-entendue : Comment donner ? Combien donner ? — L'Apôtre répond par une admirable loi de la charité, que l'Eglise dans sa liturgie a décernée à saint Laurent, pour le féliciter moins des libéralités antérieures à son martyre, que de la générosité joyeuse avec laquelle il s'est lui-même donné à Dieu. L'allégorie symbolique de la semence et de la moisson est familière à saint Paul : elle lui sert à illustrer et à mettre en lumière, ici, la merveilleuse fécondité de l'aumône, ailleurs, les fruits de la doctrine (I Cor., III, 6), et les joies de la résurrection (I Cor., XV, 20), et les fruits des œuvres de l'Esprit (Gai., VI, 8). Vous me demandez une règle, dit l'Apôtre : il n'en existe pas dans l'ordre de la charité. Rappelez-vous seulement cette loi naturelle et surnaturelle : celui qui sème peu, récoltera peu ; celui qui sème à pleines mains, recueillera une abondante moisson. Ce que vous donnez n'est pas perdu : pas plus que n'est perdu le blé que vous confiez à la terre pour obtenir la moisson prochaine. L'aumône aussi est semaille, semaille pour l'éternité.
En quelle mesure semer ? Ceci est une question à définir avec vous-mêmes. Chacun ne prendra conseil que de son cœur, en dehors de toute pression extérieure et de toute contrainte, l'âme joyeuse et libre ; car Dieu aime non celui qui donne, mais celui qui donne avec joie.
Mais aussitôt s'élève l'objection de l'intérêt : Si je me laisse aller à ma libéralité, elle épuisera bientôt mon patrimoine ! Des largesses immodérées feront brèche à ma fortune. — Ne craignez pas, dit l'Apôtre avec un sourire. Chez les enfants de Dieu, le procédé ordinaire pour obtenir la richesse est de mépriser la richesse. Rien ne manque à ceux qui ont fait vœu de pauvreté, et l'observent. Ne craignez pas de donner largement. C'est chose aisée à Dieu de vous combler, non pas seulement des biens spirituels, mais des biens temporels eux-mêmes, afin qu'il y en ait à la fois abondamment et pour vous et pour les autres, comme Dieu lui-même l'a promis au Psaume CXI : « L'homme qui craint Dieu a