‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 196 sur 663 · BIENFAITS DE LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

BIENFAITS DE LA CHARITÉ

semé sa richesse, sa main s'est ouverte pour le pauvre ; aussi sa justice, c'est-à-dire sa félicité, sa richesse indice et fruit de sa justice, durera aux siècles des siècles. » Le Psaume XXXVI, 21 nous montre aussi dans la richesse un fruit de la justice : Mutuabitur peccator et non solvet : justus aatem miser etur et tribuef. Certes la perspective demeure toujours ouverte vers une autre félicité que celle du temps ; mais l'Apôtre prétend que ce n'est pas par la voie de l'aumône que l'homme se ruine. Non, dit-il en poursuivant son allégorie première, toute richesse vient de Dieu ; et Dieu donne toujours double mesure. (Le verset 10 peut, en effet, être lu de la sorte : Qui autem administrât semen seminanti et panem ad manducandum, administrabit et multiplicabit semen vestrum.) A ce semeur dont il a été parlé au verset 6, la divine libéralité fournit en chaque moisson de quoi faire face aux exigences du présent et à celles de l'avenir : il lui donne le pain de cette année, et la réserve ou la semaille pour l'année prochaine ; il en sera de même pour vous, surtout si vous semez abondamment : la bénédiction de Dieu viendra, elle multipliera le froment que vous aurez semé et assurera l'abondance à votre libéralité. Ainsi pleinement enrichis en toute sorte de biens spirituels et temporels, vous deviendrez de jour en jour plus capables de ces largesses qui, par notre ministère, font germer au cœur des pauvres la reconnaissance envers Dieu. Car ce ne sont pas seulement les pauvres, c'est Dieu même que nous enrichissons par l'aumône. Cette réflexion est décisive. Notre travail en cette œuvre sainte a pour dessein et pour fruit, sans doute de venir au secours d'une détresse fraternelle, mais aussi de provoquer la reconnaissance envers Dieu, et de multiplier les actions de grâces qui montent vers lui. En effet, combien les pauvres en recueillant le bénéfice de notre ministère, béniront-ils le Seigneur de tout le bien qui leur est procuré par notre commune profession de la vérité surnaturelle, par la fraternelle générosité qui nous incline vers eux, vers tous ; combien leur affectueuse interces-

sion s'emploiera-t-elle auprès de Dieu au souvenir de l'admirable charité qu'il vous a inspirée lui-même !

L'exclamation qui termine le chapitre et toute la matière de la collecte peut être placée à volonté, semble-t-il, sur les lèvres de l'Apôtre, au souvenir de l'Incarnation (VIII, 9), ou dans la bouche des pauvres soulagés par la charité de Corinthe : Rendons grâces à Dieu pour son inestimable bienfait !

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