‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 203 sur 663 · SON ATTITUDE A CORINTHE · texte numérisé non relu

SON ATTITUDE A CORINTHE

1 Utinam' sustineretis modicum quid insipientiae meae, sed et supportate me : 2 aemulor enim vos Dei aemulatione. Despondi enim vos uni viro virginem castam exhibere Christo. 3 Timeo autem ne sicut serpens Hevam seduxit astutia sua, ita corrumpantur sensus vestri, et excidant a simplicitate quae est in Christo. * Nam si is, qui venit, alium Christum praedicat, quem non praedicavimus aut alium spiritum accipitis, quem non accepistis : aut aliud Evangelium, quod non recepistis : recte pateremini. s Existimo "^enim nihil me minus fecisse a magnis Apostolis. 6 Nam etsi imperitus sermone, sed non scientia, in omnibus autem manifestati sumus vobis. 7 Aut numquid peccatum feci, me ipsum humilions, ut vos exaltemini ? quoniam gratis Evangelium Dei evangelizavi vobis ? 8 Alias ecclesias exspoliavi, accipiens stipendium ad ministerium vestrum. 9 Et cum essem apud vos, et egerem, nulli onerosus fui : nam quod mihi deerat suppleverunt patres, qui venerunt a Macedonia : et in omnibus sine onere me vobis servavi, et servabo. 10 Est veritas Chrisii in me, quoniam haec gloriatio non infringetur in me in regionibus Achaiae,

11 Quare ? quia non diligo vos ? Deus scit. 12 Quod autem fado, et jaciam : ut amputem occasionem eorum, qui volunt occasionem, ut in quo glorianfur, inveniantur sicut et nos.

Parler ainsi, en appeler aux bénédictions divines accordées à son apostolat, y trouver l'indice de la distance que Dieu même plaçait entre l'Apôtre et ses rivaux, c'était une fois de plus revenir à l'apologie personnelle, parler de soi avec éloge, prêter le flanc à de nouvelles critiques, Saint Paul en a conscience ; et une fois sur le point de montrer comment son ministère a été glorifié de Dieu, il sourit à la pensée de fournir à ses adversaires des armes nouvelles. Je sens bien, dit-il, que je retombe en mon péché familier, la jactance, l'ivresse et la folie du moi. Je vous en prie, supportez chez moi un léger accès de cette folie. Cela est véniel après tout. Vous me supportez bien, moi ; et ma personne est plus lourde que ma jactance. Aussi bien, c'est malgré moi et parce que j'y suis forcé que je parle de moi. Et c'est moins de moi que de vous que j'ai souci à l'heure présente. Je- vous aime comme Dieu vous aime, et avec la jalousie qui est la sienne. Comme un procureur envoyé de Dieu, je vous ai fiancés à un seul. Je dois vous présenter comme une vierge sans tache à l'unique Epoux, le Christ ; je dois écarter de vous tout contact qui pourrait vous nuire. Et ce qui m'oblige à vous parler de moi, et à me justifier devant vous, c'est la crainte de voir le serpent qui a trompé Eve employer envers vous les mêmes ruses, et altérer dans vos âmes la droiture et la simplicité qui doit vous porter vers le Christ seul.

Il en est plusieurs à Corinthe qui se sont laissé ébranler ou même décevoir par les docteurs mosaïstes. Cette défection s'expliquerait si ces apôtres du judaïsme avaient apporté au monde une doctrine nouvelle et supérieure. Mais comparez notre Evangile et leur Evangile, notre Jésus et le leur, l'esprit que nous vous avons donné ef leur esprit : il ne me semble pas qu'à aucun de ces points de vue, nous soyons tellement inférieurs aux mosaïstes, ces géants de l'apostolat. Il est vrai.

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