LES PREMIERS DIACRES
despicerentur in ministerio quotidiano viduae eorum. 2 Convocantes aatem duodeclm multîtudinem discipulorum dixerunt : Non est aequum nos derelinquere verbum Dei, et ministrare mensis. s Considerate ergo, fratres, viros ex vobis boni testimonii septem, plenos Spiritu sancto, et sapientia, quos constituamas super hoc opus. ^ Nos vero orationi, et ministerio verbi instantes erimus. s Et plaçait sermo coram omni maltitudine. Et elegerunt Stephanuni, virum plénum fide et Spiritu sancto, et Philippum, et Prochorum, et Nica-r norem, et Timonem, et Parmenam, et Nicolaum advenant Antiochenum. ^ Hos statuerunt ante conspectum Apostolorum : et orantes imposuerunt eis manus. ^ Et verbum Domini crescebat, et multiplicabatur numerus discipulorum in Jérusalem valde : multa etiam turba sacerdotum obediebat fidei.
Le système économique de la communauté des biens, tel que nous l'avons vu adopté à l'origine, laissa bientôt apercevoir qu'il était inapplicable à une société plus étendue. A un tel régime, il n'y avait d'autre lendemain que la détresse. Le nombre des fidèles allait croissant ; les ressources ne croissaient pas dans la même proportion : d'où pénurie, souffrances, réclamations. La gêne était moins ressentie par ceux qui vivaient de leur travail personnel et se suffisaient ainsi sans rien solliciter des biens de l'Eglise ; mais une part de la population fidèle, incapable de se subvenir à ellemême, était toute à la charge de l'Eglise et ne vivait que des distributions régulières. Aussi longtemps que les ressources suffirent, chacun eut sa part : les ministres choisis par les apôtres n'avaient nul motif d'économiser et de réduire ; tant que dura l'abondance, ils donnèrent largement. Lorsque la richesse s'épuisa, ces mêmes ministres, des Juifs, eurent assez naturellement plus de souci pour ce qui leur était plus étroitement apparenté. Or, il y avait au sein de la communauté chrétienne, comme d'ailleurs en la Synagogue elle-même, deux groupes distincts : les Hébreux et les Hellénistes. Hébreux
ceux qui en Palestine, en Syrie, en Mésopotamie, en Cilicie parlaient l'araméen, la langue d'Esdras et de Néhémie, voisine de l'ancien hébreu ; après Jérusalem, leur centre de ralliement, à l'étranger, était la ville d'Antioche. On donnait le nom d'Hellénistes à ces familles juives que la dispersion avait portées vers les régions occidentales où se parlait le grec : Asie-Mineure, Egypte, les Iles ; elles lisaient l'Ecriture sainte dans la traduction des Septante ou une version grecque : Alexandrie leur était une seconde capitale.
A elle seule, la différence des langues eût été peu de chose ; mais elle était un indice d'une séparation plus profonde. La Judée se souvenait que l'hellénisme et la langue grecque avaient été, sous Antiochus, le véhicule de doctrines nouvelles et de pratiques païennes (I Macch., I, 12). Au contact de la vie, des coutumes et de la civilisation grecques, les Juifs de l'Occident avaient subi leur influence, Philon donnait à Moïse un vêtement platonicien, les pratiques juives s'étaient adoucies et comme accommodées à un milieu nouveau : avec la marche du temps, il s'était produit au sein de ce mosaïsme une sorte d'échange osmotique, de pénétration mutuelle, regardée avec défiance par le judaïsme palestinien, demeuré, lui, plus fidèle à sa solitude, et maintenu par les scribes à l'abri de toute ~^ infiltration. On fraternisait sans doute, mais on s'observait, comme entre conservateurs et libéraux ; et parfois la Synagogue avait des expressions fort dures et presque des anathèmes contre ceux qui livraient leurs fils à une éducation hellénique et à une doctrine réprouvée.
Avant même d'accueillir résolument la gentilité, la communauté chrétienne s'était recrutée chez les Hébreux et chez les Hellénistes : les deux éléments y entrèrent avec ces dispositions rivales dont le baptême, nous le savons bien, ne fait pas table rase. Et lorsque la pénurie se fit sentir, les ministres de la première heure, les diacres avant la lettre, se laissèrent entraîner à favoriser dans leurs distributions quotidiennes les veuves de langue hébraïque, à négliger les veuves