PREMIERE PARTIE
l'autorité de L'APOTRE CHAPITRE I (suite)
6 Miror quod sic tam ciio transferimini ab eo, qui vos vocavit in gratiam Christi in aliud Evangelium : 7 quod non est aliud, nisi sunt aliqui, qui vos conturbant, et volunt convertere Evangelium Christi. s Sed licet nos, aut Angélus de caelo evangelizet vobis praeterquam quod evangelizavimus vobis, anathema sit. 9 Sicut praediximus, et nunc iterum dico : Si quis vobis evangelizaverit praeter id, quod accepistis, anathema sit. 10 Modo enini hominibus suadeo an Deo ? An quaero hominibus placere ? Si adhuc hominibus placerem, Christi servus non essem.
Et sans autre préambule l'Apôtre entre en matière avec cette puissante liberté qu'autorisent ses fréquents rapports avec les Eglises de Gaîatie. Les Galates formaient les prémices de son apostolat : ils étaient attachés à lui ; pourtant, leur simplicité naïve s'était laissé gagner à la prédication mosaïste. C'est pour moi une grande surprise, dit l'Apôtre, que vous vous soyez si facilement détournés de Dieu, qui vous avait appelés à partager, par l'adoption chrétienne, la grâce et la filiation du Christ. Et pour quoi ? Pour vous porter vers un autre Evangile ! Mais il n'existe pas deux Evangiles, deux Jésus-Christ, ni deux procédés authentiques pour appartenir à Jésus-Christ, et par lui à Dieu. L'Evangile, — l'épître aux Romains (I, 16) nous le dira, — c'est la vertu de Dieu appliquée à sauver celui qui croit : dès lors il ne peut exister qu'un Evangile (cf. II Cor., XI, 4). Ce qui se passe en Galatie est le fait de quelques brouillons qui se sont introduits parmi vous, vous troublent dans la possession tran-
quille de votre foi, et s'efforcent, non de compléter, comme ils le prétendent, mais de renverser l'Evangile du Christ. Il ne manque rien à la plénitude de l'Evangile que nous vous avons apporté : et si quelqu'un, ou moi, ou même un ange du ciel, vous en apporte un autre exemplaire que celui que vous avez reçu, que l'anathème soit sur lui 1
Depuis longtemps l'Apôtre avait pressenti l'effort des mosaïstes. Il avait vu de près le mécontentement des Juifs à Antioche, et leur sourde résistance aux résolutions du concile de Jérusalem. Aussi avait-il mis en garde les chrétiens de Galatie contre cette offensive judaïque qu'il maudit aujourd'hui. Et parce qu'on l'avait représenté comme un prédicateur inconséquent : tantôt ennemi de la loi, tantôt s'inclinant devant elle, lorsque semblaient l'exiger les intérêts de sa popularité ; ici proclamant la liberté absolue (Omnia mifii licent), ailleurs consentant à la circoncision de Timothée (Act,, XVI, 3) et n'obéissant qu'à sa diplomatie charnelle ; l'Apôtre, son anathème prononcé, demande si cette absolue et intransigeante vigueur est encore de la diplomatie, si son attitude présente est d'un homme qui veut plaire. D'un homme qui veut' plaire à Dieu, sans doute ; car s'il en était encore à mendier la faveur des hommes par lés calculs d'une douceur insinuante, il ne serait pas le serviteur du Christ.