‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 227 sur 663 · ŒUVRE DE LA RÉDEMPTION · texte numérisé non relu

ŒUVRE DE LA RÉDEMPTION

relever elle-même, qui est devant Dieu souillée, déchue, impuissante ; le Seigneur en se faisant le second Adam et le chef responsable de l'humanité nouvelle, a appelé à lui toute la malédiction, tout le péché, afin de ruiner la malédiction et d'expier le péché dans sa chair. C'est le sens spirituel de cette parole du Deutéronome (XXI, 23) : « Celui qui est attaché au gibet est un maudit. » C'est ainsi qu'il a pris sur lui le péché, qu'il a pris sur lui la malédiction prononcée par la loi, provoquée par la loi : virtus peccati lex ; il a, en lui, donné la mort à l'ancien Adam, au péché, à la loi ; il a rompu la digue qui jusqu'alors retenait la bénédiction promise à Abraham. Mais dorénavant cette bénédiction se répand sur toutes les nations ; et par la foi qui nous donne accès à la vie du Seigneur même, nous recevons en lui l'Esprit promis par Joël et par le Seigneur (en saint Jean.)

Toute la pensée de l'Apôtre sur la rédemption est ramassée ici en quelques paroles : il est bon d'en rapprocher les allusions parallèles : Deuxième aux Corinthiens, V, 14-21; épître aux Romains, VI, 4-12 ; aux Ephésiens, II, 14-19. C'est là, nous l'avons fait remarquer déjà, le centre même du système théologique de saint Paul. Pour le moment nous devons observer que la défection des Galates demeure inexplicable, soit que l'on considère l'exemple d'Abraham et le procédé qui l'a justifié (5-9) ; ou que l'on fasse attention au caractère de la loi, qui, à elle seule, n'est pas agent de bénédiction et de justice, mais au contraire de péché et de malédiction (10-14).

Page 1