LA PROMESSE ET LA LOI
de la bénédiction, celui qui résume tout le peuple de Dieu, celui pour qui l'ancien peuple existe. Aussi, ajoute l'Apôtre, le texte sacré ne dit-il pas que les promesses sont adressées à Abraham et à ses enfants, mais à son enfant, à son rejeton, au seul historiquement de qui l'on ait pu dire qu'il est la bénédiction du monde. Lorsque l'homme promet, sa promesse sur laquelle il peut revenir n'est définitive qu'après la mort. La fermeté de la promesse divine est assurée d'ailleurs — Dieu ne pouvant mourir, — par sa solennité, par sa réitération, par son serment. Cela étant, la disposition de Dieu possédant ainsi toute fermeté, la loi mosaïque survenue quatre cent trente ans après la promesse n'a pu annuler la promesse, ni effacer l'engagement de Dieu. N'est-il pas vrai que la fermeté immuable du vouloir divin l'emporte à l'infini sur toute volonté humaine, même fixée par la mort ? Dès lors il faut choisir : la justice et l'ensemble des liens surnaturels, la filiation divine et l'héritage nous viennent-ils de la loi donnée à Moïse, ou de la promesse faite à Abraham ? II n'y a pas lieu de douter : la bénédiction, la vie, la filiation, l'héritage— c'est tout un, — tout nous est venu de fait, non en vertu de la loi, mais en vertu d'une promesse divine faite à Abraham.