‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 258 sur 663 · CHÂTIMENT DE L'IMPIÉTÉ · texte numérisé non relu

CHÂTIMENT DE L'IMPIÉTÉ

tait, erroris sai in semefipsis recipientes. 28 Et sicut non probaverant Deum habere in notifia : tradidit illos Deus in reprobum sensam : ut faciant ea, quae non conveniunt, 29 repletos omni iniquitafe, malitia, fornicatione, avaritia, nequitia, plenos invidia, homicidio, contentione, dolo, malignitaie, susurrones, so detractores, Deo odibiles, contumeliosos, saperbos, elatos, inventores malorum, parentibiis non obedientes, 31 insipientes, incompositos, sine affectione, absque foedere, sine misericordia. 32 Qui cam justiiiam Dei cognovissent, non intellexerunt quoniam qui talia agunt, digni sunt morte : et non solum qui ea faciunt, sed etiam qui consentiunt facientibus.

Telle est la faute, l'impiété qui méconnaît Dieu et prostitue à la créature le culte dû à Dieu. Mais le mépris de Dieu une fois consommé par la volonté qui se détourne de lui, et par le sacrilège de l'idolâtrie, voici venir le châtiment de Dieu, la revanche du Dieu juste, la révélation et l'effusion de sa colère sur le monde : revelatur ira Dei. Dieu, pour punir, n'a souvent qu'à prendre son parti du dérèglement de notre volonté. On le bannit de l'âme, on le bannit de la société : il se retire, et sa lumière avec lui. Il voulait agir par sa lumière bénie : Deus illis manifestavit ; écarté, il agit encore, et de façon terrible, par le retrait de sa lumière. Car il agit par sa présence ; par son absence aussi, et l'âme dont il se retire s'en apercevra. Aussi longtemps, en effet, que Dieu est en elle, il la garde, et défend la volonté contre ses propres faiblesses. Aussi longtemps que Dieu est demeuré dans la gentilité, elle a bénéficié de son séjour. Dès qu'il s'est retiré, banni par elle, la place occupée par lui a été envahie par les instincts pervers que sa main ne contenait plus. Il les a livrés, dit l'Apôtre, tradidit illos. En se retirant. Dieu a laissé les païens en proie à leurs grossières convoitises, à l'impur, à l'immonde. Ils avaient voulu déshonorer Dieu; ils l'avaient voulu sans toutefois pouvoir y atteindre : et voici qu'ils se sont avilis euxmêmes, et abaissés très réellement au-dessous de toutes ces

formes animales, que vainement ils avaient voulu imputer à Dieu. « Et ce, ajoute l'Apôtre, parce qu'ils ont perverti la notion de Dieu, parce qu'ils ont préféré se courber devant la créature et l'adorer plutôt que d'adorer le Créateur, qui demeure quand même le Dieu béni aux siècles des siècles. Amen. »

Tel a été, par -un juste châtiment de Dieu, le honteux salaire de l'impiété païenne. La littérature classique ne justifie que trop ce que saint Paul nous a dit rapidement des mœurs de la gentilité.

Ainsi, Dieu a calqué le châtiment sur la faute. La folie de la révolte a été punie par la folie de la vie morale. Pour avoir démenti la connaissance qu'ils avaient de Dieu, et témoigné par leur idolâtrie qu'ils ne le connaissaient pas ; Dieu réprouvé par eux les a livrés eux-mêmes à leur sens réprouvé. Ils n'ont plus retrouvé, pour la direction de leur vie morale, cette intelligence et ce discernement dont ils n'avaient pas consenti à user pour reconnaître Dieu. Non content des indications précédentes sur la luxure païenne, l'Apôtre nous donne la nomenclature, encore incomplète, des vices auxquels s'abandonna la gentilité : iniquité, violence, avarice, malice ; haine, meurtre, discorde, fraude, mauvaise foi ; murmure, détraction, blasphème, insolence, orgueil, jactance, scélératesse, désobéissance ; âme sans intelligence, sans fidélité, sans affection, sans pitié. L'assortiment est varié, et le dernier verset du chapitre met le comble à cette énumération. A le lire tel qu'il est dans la Vulgate, on y voit que la gentilité, bien qu'ayant connu la justice de Dieu, garant de la loi morale, n'a pas compris que ceux-là méritaient la mort, non seulement qui commettent les crimes énumérés plus haut, mais encore tous ceux qui sont de connivence avec les coupables. Le sens est satisfaisant à coup sur ; mais le texte grec semble bien plus conforme à la pensée générale de l'Apôtre, et le tableau du monde païen s'achève sur une pensée plus haute. La gentilité a connu Dieu, elle a connu sa^ justice qui le fait garant de la loi morale ; elle a connu le

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jugement de Dieu qui frappe de mort les hommes coupables de ces crimes. Et néanmoins non seulement elle les commet, mais elle applaudit à ceux qui les commettent, comme si elle voulait assumer sur elle la responsabilité même du mal qu'elle ne fait pas, et entrer en solidarité avec lui. Nous faisons nôtre le bien ou le mal auquel nous donnons notre approbation.

Telle est la vie morale païenne. Tel le programme de colère que le Seigneur y accomplit. Car cette corruption est un châtiment, revelaijir ira Dei ; elle est le fruit maudit de la démarche par laquelle le monde païen s'est éloigné de Dieu. La justice, à coup sûr, n'est point là, cette justice qui est la conformité de l'être moral à ce que Dieu veut de lui.

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