‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 259 sur 663 · IMPUISSANCE DU JUDAÏSME · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE DU JUDAÏSME

On devine avec quelle orgueilleuse satisfaction le Juif triomphait en son cœur pendant cet implacable réquisitoire dénonçant que le monde païen, n'ayant ni réalisé, ni mérité la justice, était «n désaccord flagrant avec Dieu, et que la corruption même où il s'abîmait de jour en jour davantage, témoignait de la colère de Dieu déchaînée contre lui. Mais dans la pensée de saint Paul (cf. XI, 32), le monde juif n'est, ni de fait ni de droit, dans une condition meilleure : on va le lui apprendre, et le montrer enveloppé, malgré ses privilèges, dans la même détresse que cette gentilité tant méprisée,

'i^ Pr opter quod inexcusabilis es o homo omnis, qui judicas. In quo enim judicas alterum, teipsum cotidemnas : eadem enim agis quae judicas. 2 Scimus enim quoniam judicium Dei est secundum veritatem in eos, qui talia agunt. 3 Existimas autem hoc 0 homo, qui judicas eos, qui talia agunt, et jacis ea, quia tu effugies judicium Dei ? 4 An divitias bonita-

tis ejus et patientiae, et longanlmitatis confemnis ? Ignoras quoniam benignitas Dei ad poenitentiam te adducit ? 5 Secundum autem duritiam tuam et impoenitens cor, thesaurhas tibi iram in die irae et revelationis jasti judicii Dei. 6 Qui reddet unicuique secundum opéra ejus : 7 iis quidem, qui secundum patientiam boni o péris,, gloriam et honorem et incorruptionem quaerunt, vitam aeternam : s Us autem, qui sunt ex contentione, et qui non acquiesçant veritati, credunf autem iniquiiati, ira, et indignafio. 9 Tribulatio, et angustia in omnem animam hominis operantis malum, Judaei primum, et Graeci : lo gloria autem, et honor et pax omni operanti bonum, Judaeo primum, et Graeco : n non enim est accepîio personarum apud Deum. 12 Quicumque enim sine lege peccaverunt, sine lege peribunt : et quicumque in lege peccaverunt, per legem judicabuntur. is Mon enim auditores legis justi sunt apud Deum, sed factores legis jusfificabunfur. 14 Cum enim gentes, quae legem non fiabent, naturaliter ea quae legis sunt, faciunt, ejusmodi legem non habentes, ipsi sibi sunt lex. is Qui ostendunt opus legis scripfum in cordibus suis, testimonium reddente illis conscientia ipsorum, et inter se invicem cogitationibus accusantibus, auf etiam defendentibus, 16 in die, cum judicabit Deus occulta hominum, secundum Evangelium meum per fesum Christum.

Le païen est sans excuse, il est vrai ; mais c'est la condition commune. Si le païen juge autrui, il se condamne luimême : si le Juif, qui se décerne volontiers le droit de juger le monde païen, et, au nom de sa dédaigneuse justice, de l'écarter comme souillé et impur, si le juif juge et prononce, il est sans excuse lui aussi. L'Apôtre sans doute n'a pas encore prononcé le nom de Juif : ce n'est qu'à partir du verset 17 qu'il démasquera son attaque ; jusque là, il peut sembler poursuivre le réquisitoire commencé au chapitre I®'" contre les Gentils ; mais ce n'est qu'une feinte, et le censeur juif ne l'apercevra que trop tard, lorsque position aura été prise contre lui.

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