LA SAMARIE
giones fudaeae et Samariae, praeter Apostolos. 2 Curaverunt atitem Stephanam viri timorati, et fecerunf planctum magnum super eum. 3 Saulus autem devastabat Eccîesiam ; per domos intrans, et trahens viros ac matières, tradebat in custodiani.
L'irritation causée par les paroles de saint Etienne ne fut pas apaisée par son martyre : une persécution violente s'éleva contre l'Eglise de Jérusalem ; seuls, les apôtres demeurèrent, selon la prescription que le Seigneur, dit Eusèbe, leur avait laissée. Mais les fidèles, jusque-là réunis dans la ville sainte, se dispersèrent en grand nombre dans la Judée et la Samarie. Ainsi commençait à s'accomplir la parole que nous avons lue au commencement du livre : Erifis mihi testes in Jérusalem, et in omni Judaea et Samaria, et usque ad ultimum terrae. La dispersion des fidèles semble même avoir été si rapide qu'ils n'eurent pas le loisir ou la liberté de rendre au martyr les derniers devoirs. Son corps demeura une journée sans sépulture. La coutume juive en refusait les honneurs à ceux que l'excommunication religieuse avait frappés. A défaut des fidèles, ou disparus, ou impuissants, des hommes pieux, des Juifs non convertis peut-être, mais d'humeur moins emportée que les sanhédrites, recueillirent le saint corps et l'ensevelirent selon les rits juifs avec des pleurs et des gémissements.
Au lendemain du martyre la fureur de Saul demeura la même : il persécutait avec violence, poursuivait dans leurs demeures tous ceux qu'il trouvait attachés à la doctrine nouvelle, hommes et femmes, et les livrait à la prison. Ces détails de conduite soulignent ce que nous avons dit, il y a un instant, de l'effacement momentané du pouvoir romain.
^Igitur qui dispersi erant pertransibant, evangelizantes verbum Dei. s Philippus aùtem descendens in civitatem Samariae, praedicabat illis Christum. 6 Intendebant autem turbae his, qaae a Philippo dicebantur, unanimiter audientes, et videntes signa quae faciebat. "^ Multi enim eorum, qui ha~
bebant spiritas immundos, clamantes voce magna exibant. Multi autem paralytici et claudi curati sunt. s Factum est ergo gaudium magnum in illa civitate.
Comme il arrive souvent, ceux qui croyaient expulser et disperser, semèrent. Les fidèles sortis de Jérusalem devinrent apôtres. Le chapitre IX nous apprendra par quelles voies la doctrine se répandit dans tout le nord de la Judée, dans l'ancienne tétrarchie de Philippe et au delà ; ici c'est le district de la Samarie qui est évangélisé, grâce surtout à Philippe, le second des sept diacres (VI, 5). Il descendit de Jérusalem à la ville de Samarie et annonça le Christ à cette population demi-juive, qui avait conservé, avec le Pentateuque, le culte du vrai Dieu et l'espérance du Messie. Rappelons-nous la conversation du Seigneur avec la Samaritaine et l'accueil fait au Seigneur lui-même (Joan., IV). Philippe retrouva en Samarie la même docilité, le même empressement. Comme saint Etienne, il avait la foi qui obtient les miracles ; il chassait les esprits impurs et guérissait boiteux et paralytiques. Il ne semble pas que, douze ans auparavant, le Seigneur ait accompli de miracles dans une population bienveillante et docile : aujourd'hui les prodiges se multipliaient ; la Samarie n'était pas négligée de Dieu, il y eut grande joie.