RETOUR A JÉRUSALEM (ACTES, XX
2 Cum autem perambulasset partes illas, et exhortatus eos fuissef multo sermone, venit ad Graeciam : 3 ubi cum fecisset menses très, factae sunt illi insidiae a Judaeis navigaturo in Syriam : habuitque consilium ut reverteretur per Macedoniam. ^Comitatus est autem eum Sopater Pyrrhi Beroeensis, Théssalonicensium vero Aristarchus, et Secundus, et Gaius Derbeus, et Timotheus : Asiani vero Tychicus, et Trophimus. ^ Hi mm praecessissent, sustinuerunt nos Troade.
La troisième expédition apostolique de saint Paul touche maintenant à son terme : « Je n'ai plus rien à faire dans les régions de Macédoine et d'Achaïe, écrivait-il aux Romains ; avant de vous voir il ne me reste plus qu'à retourner à Jérusalem, afin d'y porter la collecte recueillie en ces deux provinces. Demandez à Dieu que je puisse échapper à la haine des Juifs ». (Rom., XV, 23, 30, 31). Après un séjour de trois mois à Corinthe, et au moment de prendre la mer pour se rendre directement en Syrie, il apprit que les Juifs voulaient se saisir de sa personne ; pour déjouer leur dessein il prit la voie de terre, ce qui lui permettait de revoir une fois encore la Macédoine et l'Asie, et de dire adieu à des chrétientés qu'il visitait, pensait-il, pour la dernière fois, à la veille de son apostolat lointain.
L'Apôtre avait avec lui une petite caravane ainsi formée : trois Macédoniens, Sopater, fils de Pyrrhus, de la ville de Bérée, qui devait l'accompagner jusqu'en Asie ; puis Aristarque et Secundus, de Thessalonique : (peut-être sont-ils ces deux députés dont il est parlé II Cor., VIII, 18, 22, chargés de la collecte de la Macédoine et de l'Achaïe) ; deux Galates, Gaius de Derbé et Timothée de Lystres; deux Asiates d'Ephè-
se, Tychique et Trophime : sept compagnons, et bientôt, à Philippes, un huitième en la personne de saint Luc, que nous avons cessé d'apercevoir à côté de l'Apôtre depuis l'évangéîisation de Philippes (Act, XVI, 16). A une heure donnée la caravane se partage : une portion se rend par mer à Alexandria Troas, où elle devra attendre l'Apôtre, tandis que saint Paul et Sopater se rendent à Troas par la Macédoine et la voie de terre.
Le voyage de Corinthe à Jérusalem se décompose en quatre portions. La première s'accomplit par voie de terre, à travers la Macédoine, le long de la Via Egnatia (Act., XX, 3) . Après un arrêt à Philippes, où l'Apôtre est rejoint par saint Luc, la seconde partie du voyage s'effectue en longeant par mer les côtes de l'Asie Mineure, avec escales sur le trajet. La troisième le conduit, par mer encore, de Patare à Césarée. La quatrième, de Césarée à Jérusalem. Tel est l'itinéraire suivi depuis Act., XX, 3 jusqu'à XXI, 17.
6 Nos vero navigavimus post dies Azymorum a Philippis. et vetiimus ad eos Troadem in diebus quinque, abi demorati sumus diebus septem.
A Philippes, où il est demeuré sans doute, saint Luc rejoint l'Apôtre ; et le récit de ce commun voyage, au lieu de mentionner de simples étapes, devient aussitôt plus précis, plus circonstancié. Après la fête de Pâques (58) célébrée à Philippes, l'Apôtrè et ses deux compagnons, Luc et Sopater, prennent la mer à Néapolis et se dirigent vers Alexandria Troas, où le reste de la caravane les a devancés. La mer était mauvaise : ils mirent cinq jours pour faire un trajet qui, en sens inverse, ne leur en avait autrefois demandé que deux seulement (Act., XVI, 1 1 ) . A Alexandria Troas on s'arrêta une semaine entière. L'Apôtre y retrouvait le souvenir de ses impressions douloureuses ; Dieu les avait adoucies, presque effacées.