A TROAS
7 Una autem Sabbati cum convenissemus ad frangendum panem, Paulus disputabat cum eis profecturas in crastinum, protraxiique sermonem usque in mediam noctem. s Erant autem lampades copiosae in coenaculo, ubi eramus congregati. 9 Sedens autem quidam adolescens nomine Eutychus super fenestram, cum mergeretur somno gravi, disputante dia Paulo, ductus somno cecidit de tertio coenaculo deorsum, et subîatus est mortuus. lo Ad quem cum descendisset Paulus, incubuit super eum : et complexus dixit : Nolite turbari, anima enim ipsius in ipso est. n Ascendens autem, frangensque panem, et gustans satisque allocutus usque in lucem, sic projectus est. 12 Adduxerunf autem puerum viventem, et consolaîi sunt non minime.
Le deuxième dimanche qui suivit la fête de Pâques il y eut une réunion liturgique et la fraction du pain. Une lettre de Pline, écrite un demi-siècle plus tard, nous a conservé les formes de cette liturgie primitive du dimanche chrétien. Il écrit. à Trajan au sujet des fidèles : Quod essent soliti stato die (le dimanche) anie lucem convenire, — carmenque Christo quasi Deo dicere secum invicem ; — seque sacramento non in scelus aliquid obstringere, sed ne furta, ne latrocinia, ne adulieria committerent, ne fidem fallerent, ne depositum appellati abnegarent : — quibus peractis morem sibl discedendî fuisse — rursusque coeundi ad capiendum cibum, promiscuum tamen et innoxium (Pline, Epist. X, 96). Il y avait donc une réunion le matin, puis séparation, puis le repas ou àYâ-n:/| ]e soir. Le dimanche a déjà succédé au sabbat (Joan., XX, 26 ; I Cor., XVI, 2 ; Apoc, I, 10 ; S. Justin, I ApoL, 67). La réunion décrite est celle du soir ; on peut supposer qu'elle était régulière et n'avait pas besoin de convocation ; la formule frangere panem a un sens rituel bien connu. La réunion eut lieu en l'étage supérieur de la maison, où se trouvaient beaucoup de lumières. L'Apôtre, qui devait partir le lendemain, parla aux fidèles plus longuement que de coutume et jusque vers minuit. Un jeune homme nommé
Eutychus était assis sur le rebord de la fenêtre. Si intéressante que fût la parole de l'Apôtre, Eutychus finit par s'endormir, perdit l'équilibre et tomba du troisième étage de la maison. On le releva sans vie. Saint Luc était présent, et témoin compétent Saint Paul descendit, se pencha sur le corps (cf. III Reg., XVII, 21 ; IV Reg., IV, 34), le prit dans ses bras et dit aux chrétiens : « Ne vous troublez pas, il est en vie. » Puis il remonta, rompit le pain, mangea, reprit son discours jusqu'à l'aurore, enfin se retira. Eutychus avait été réintroduit dans l'assemblée, où son arrivée fut le signal d'une grande joie.