ÉMEUTE POPULAIRE
celui qui ne cesse de prêcher partout contre le peuple juif, contre la loi, contre le Temple. Il a fait pénétrer des Grecs dans l'enceinte sacrée. Il a souillé, il a profané le Temple ! » Ayant précédemment aperçu dans la ville Trophime d'Ephèse avec saint Paul, ils en inféraient que l'Apôtre l'avait introduit dans le Temple, au mépris de la défense, conçue en grec et en latin, qui en interdisait l'accès à tout incirconcis. A la nouvelle de cette profanation toute la ville s'émut, la foule n'eut plus qu'une pensée : venger la sainteté du Temple. Elle s'empara de l'Apôtre, l'entraîna violemment hors de l'enceinte sacrée, dont les lévites fermèrent les portes, afin d'éviter tout reflux de la foule et l'effusion du sang, ce qui eût été profanation nouvelle. Une fois hors le lieu d'asile, l'Apôtre était à la merci de ses ennemis. Nous savons par Josèphe que le crime qu'on lui imputait méritait la mort ; et peut-être, malgré la sainteté de Jérusalem, la haine des Juifs oubliant la prescription de l'extra castra eût-elle sur l'heure fait à saint Paul un mauvais parti, si un incident nouveau n'était survenu.
31 Quaerentibus aatem eum occidere, nuntiatum. est tribuno cohortis : Quia tota confunditur Jérusalem. 32 Qui statim assumptis militibus, et centurionibus, decurrit ad illos. Qui cum vidissent tribunum, et milites, cessaverunt percutere Paulum. 33 Tune accedens tribunus apprehendit eum, et jussit eum alligari catenis duabus : et interrogabat guis esset, et quid fecisset. 34 Alii autem aliud clamabant in turba. Et cum non posset certum cognoscere prae tumultu, jussit duci eum in castra. 35 Et cum venisset ad gradus, contigit ut portaretur a militibus pr opter vim populi. se Sequebatur enim multitudo populi, damans : Toile eum. ^"^ Et cum coepisset induci in castra Paulus, dicit tribuno : Si licet mihi loqui aliquid ad te ? Qui dixit : Graece nosti ? ss Nonne tu es Aegyptius, qui ante hos dies tumultum concitasti, et eduxisti in desertum quattuor millia virorum sicariorum ? 39 Et dixit ad eum Paulus : Ego homo sum quidem Judaeus a Tarso Ciliciae, non
ignotae civitatis municeps. Rogo autem te, permitte mihi loqui ad populum. 4o Et mm ille permisisset, Paulus stans in gradibus, annait manu ad plebem, et magno silentio facto, allocutus est lingua Hebraea dicens :
A l'occasion des fêtes juives, et afin de maintenir l'ordre dans une population toujours frémissante, le procurateur romain, qu'il demeurât à Césarée, ou qu'il fût présent à Jérusalem, donnait l'ordre de renforcer les troupes qui occupaient, la tour Antonia, voisine du Temple. Le mouvement de la foule et les cris qu'elle poussait firent penser au tribun, chef de la cohorte romaine, qu'une sédition commençait. A grande hâte il réunit ce qu'il avait sous la main de centurions et de légionnaires, et accourut. A la vue de la force romaine, les coups qui pleuvaient sur saint Paul s'arrêtèrent. La police intérieure du Temple appartenait aux Juifs ; à l'extérieur, le pouvoir romain reprenait ses droits. Mais à passer dans ces mains nouvelles l'Apôtre gagnait peu, car le tribun, Claudius Lysias, présuma coupable celui que désignaient les clameurs et les violences de la foule, le fit enchaîner de deux chaînes, chacune aux mains d'un soldat, et une fois assuré de lui, demanda à la foule quel était cet homme et ce qu'il avait fait. Mais la foule ne le savait pas au juste ; des cris tumultueux et confus accusaient l'Apôtre, qui d'un crime, qui d'un autre. Désespérant d'obtenir rien de précis au milieu d'une foule ameutée et bruyante, le tribun ordonna que le prisonnier fût conduit au corps de garde de la tour Antonia, située au Nord-Ouest du Temple, où l'on accédait par une série de degrés.
Durant tout le parcours, les malédictions de la foule continuèrent ; les cris : A mort ! retentissaient partout, et lorsqu'on arriva dans la tour Antonia, la poussée était telle que pour épargner à l'Apôtre d'être étouffé ou mis en pièces, les soldats romains le prirent et l'emportèrent dans leurs bras. C'était avec des différences de détail et en face des mêmes ennemis, la répétition de son évasion de Damas.