‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 370 sur 663 · SAINT PAUL DEVANT LE SANHÉDRIN · texte numérisé non relu

SAINT PAUL DEVANT LE SANHÉDRIN

1 Intendens autem in concilium Paulus ait : Viri patres, ego omni conscientia bona conversatus sum ante Deum usque in hodiernum diem. 2 Princeps autem sacerdotum Ananias praecepit astantibus sibi perçut ère os ejus. s Tune Paulus dixit ad eum : Percutiet te Deus, paries dealbate. Et tu sedens judicas me secundum legem, et contra legem jubés me percuti ? 4 Et qui astabant dixerunt : Summum sacerdotem Dei maledicis ? 5 Dixit autem Paulus : Nesciebam, fratres, quia princeps est sacerdotum. Scriptum est enim : Principem populi tui non maledices. 6 Sciens autem Paulus quia una pars esset Sadducaeorum., et altéra Pharisaeorum, exclamavit in concilio : Viri fratres, ego Pharisaeus sam, filius Pharisaeorum, de spe et resurrectione mortuorum ego judicor. ^ Et cum haec dixisset, facta est dissensio inter Pharisaeos et Sadducaeos, et soluta est multitudo. s Sadducaei enim dicunt noii esse resurrectionem, neque angelum, neque spiritum : Pharisaei autem utraque confitentur. » Factus est autem clamer magnus. Et surgentes quidam Pharisaeorum, pugnabant dicentes : Nihil mali invenimus in homine isto : quid si spiri-

tus locutus est ei, aut angélus ? lo Et cum magna dissensio facta esset, timèns tribunus ne discerperetur Paulus ab ipsis, jussit milites descendere et rapere eam de média eorum, ac deducere eum in castra, n Sequenti autem no de assistens ei Dominas, ait : Constans esta : sicut enim testificatus es de me in Jérusalem, sic te oportet et Romae testificari.

Il nous est facile de reconnaître et l'embarras du tribun et l'équité dont il fait preuve, en remettant au tribunal du Sanhédrin une cause où il ne pouvait, lui, soldat romain, rien voir, rien comprendre. Ses perplexités ne devaient pas être levées par la nouvelle comparution provoquée par lui. Les séances plénières du Sanhédrin réunissaient sous la présidence du grand-prêtre les vingt-quatre princes des prêtres, les vingt-quatre anciens, avec vingt-quatre scribes ou docteurs de la loi. Le grand-prêtre était alors Anne ou Ananias, il devait sa situation à la faveur d'Hérode, roi de Chalcîs ; Josèphe en parle comme d'un homme violent et sans scrupules. L'Apôtre regarda ses juges assemblés par ordre du tribun, véritable président de la réunion, et prit la parole. Il était Pharisien, Docteur de la loi, le tribunal avait été assemblé et saisi par l'autorité romaine : l'Apôtre n'avait à s'adresser ni au tribun incompétent, ni au grand-prêtre dessaisi par la présence du tribun, son plaidoyer fut d'une brièveté extrême : « Hommes, mes frères, dit-il, je n'ai fait que me conduire en toute conscience jusqu'à ce jour comme tout Juif doit le faire. » Les pouvoirs usurpés sont soupçonneux : le président indigné de cette affirmation, irrité sans doute aussi que le prévenu, qui ne l'avait pas distingué, lui manquât d'égards en ne s'adressant pas à lui tout d'abord, feignit de s'indigner de l'assertion de saint Paul comme d'un blasphème contre Dieu et contre la loi, et ordonna de le frapper au visage. L'Apôtre qui avait conscience de n'avoir prononcé aucun blasphème, répondit vivement : « Prends garde que Dieu lui-même ne te frappe, muraille blanchie ! Vous êtes réunis pour me juger selon la loi, et c'est contre la

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