‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 377 sur 663 · SAINT PAUL DEVANT FESTUS ET AGRIPPA · texte numérisé non relu

SAINT PAUL DEVANT FESTUS ET AGRIPPA

^ F estas ergo cum venisset in provinciam, post triduum ascendit Jerosolymam a Caesarea. 2 Adieruntque eum principes sacerdotum et primi Judaeorum adversus Paulum : et rogabant eum, s postulantes gratiam adversus eum, ut juberet perduci eum in Jérusalem, insidias tendentes ut interficerent eum in via. •* Festus autem respondit servari Paulum in Caesarea : se autem maturius proj^ecturum. 5 Qui ergo in vobis (ait) patentes sunt, descendentes simul, si quod est in vira crimen, accusent eum. ^ Demoratus autem inter eos dies non amplius quam octo, aut decem, descendit Caesaream, et altéra die sedit pro tribunali, et jussit Paulum adduci. ^ Qui cum perductus esset, circumsteterunt eum, qui ab Jerosolyma descenderant Judaei, multas et graves causas objicientes quas non poterant probare, s Paulo rationem reddente : Quoniam neque in legem Judaeorum, neque in templum, neque in Caesarem quidquam peccavi. 9 Festus autem volens gratiam praestare Judaeis, respondens Paulo, dixit : Vis Jerosolymam ascendere et ibi de his judicari apud me ? 10 Dixit autem Paulus : Ad tribunal Caesaris sto, ibi me oportet judicari ; Judaeis non nocui, sicut tu melius nosti. n 5/ enim nocui, aut dignum morte aliquid feci, non recuso mori : si vero nihil est eorum, quae hi accusant me, nemo potest me illis donare. Caesarem appello. 12 Tune Festus cum concilio locutus, respondit : Caesarem appellasti ? ad Caesarem ibis.

Au cours de ces deux ans la Synagogue ne perdait pas de vue l'Apôtre. Elle attendait seulement, et n'ayant pu déterminer Félix, elle crut son heure venue lorsque Festus prit possession de la province. Il aborda à Césarée, n'y demeura que trois jours, et se rendit à Jérusalem. Un pouvoir nouveau est disposé aux largesses, et Festus n'avait pas eu le loisir sans doute d'étudier de près la situation person-

l'appel a césar 41

nelle de saint Paul. Ananie n'était plus grand-prêtre, Hérode Agrippa II l'avait remplacé par Ismaël ; mais les chrétiens n'avaient rien gagné à ce changement de personne. Dès que le nouveau procurateur fut arrivé à Jérusalem, il fut aussitôt circonvenu par les chefs des familles sacerdotales et les anciens, qui s'efforcèrent d'obtenir de lui que saint Paul fût remis en leurs mains et ramené à Jérusalem. Il eût été facile au complot avorté de se reformer et de réussir cette fois ; un procurateur non averti ne devait pas, pensaient les Juifs, fournir au prisonnier la puissante escorte formée par le tribun Lysias. Festus n'avait rien de l'âme vénale de Félix ; sa conduite fut équitable et ferme : « Non, dit-il, Paul est à Césarée, il sera jugé à Césarée ; je ne tarderai pas à y retourner. Ceux d'entre vous qui ont autorité peuvent se présenter et faire valoir leurs plaintes, je les recevrai. »

Le procurateur ne demeura à Jérusalem que huit ou dix jours, puis revint à Césarée, et dès le lendemain appela la cause de saint Paul. On le fit comparaître. Aussitôt les Juifs se levèrent, articulant contre l'Apôtre nombre d'accusations graves, qui s'écroulaient l'une après l'autre devant le système de défense qu'avait adopté l'Apôtre : « On ne peut m'imputer, disait-il, ni d'avoir violé la loi des Juifs, ni d'avoir profané le Temple, ni d'avoir excité de sédition. »

Mais Festus, tout en demeurant fidèle à l'équité, voulait pourtant se concilier la faveur des Juifs, et songea à leur donner satisfaction partielle : « Consentez-vous, demanda-t-il à saint Paul, à retourner à Jérusalem et là à comparaître devant moi ? » C'eût été le même tribunal, les mêmes accusateurs, le même juge, et sans doute Festus ignorant ce qui s'était passé, n'avait nul pressentiment de ce que les Juifs pouvaient tenter au cours du trajet. L'Apôtre mieux renseigné répondit : « Je suis au tribunal de César ; c'est là que je dois être jugé. Les Juifs n'ont rien qu'ils puissent me reprocher justement, vous le savez. Si j'avais commis un crime méritant la mort, je consentirais à l'expier par la mort.

Mais comme j'ai montré l'inanité de leurs griefs, il serait injuste de me livrer à leur haine. J'en appelle à César. »

En appeler à César, c'était d'après le droit romain interrompre tout débat, dessaisir la première instance et porter la cause devant le tribunal suprême. Il ne restait plus au tribunal ainsi dessaisi qu'à constater que l'appel et le délai qu'il entraînait ne créaient aucun péril : c'était la matière d'une brève consultation avec les membres du tribunal ; après quoi venait la formule sacramentelle prononcée par le procurateur et ses assesseurs : « Vous en avez appelé à César, vous comparaîtrez devant César. » Tout citoyen romain avait cette suprême ressource. A dater de son appel, l'Apôtre se trouvait à un titre de plus sous la sauvegarde de l'autorité romaine.

13 Et cum dies aliquot transacti essent : Agrippa rex, et Bernice descenderunt Caesaream ad salutandum Festum. '^^Ef cum dies plures ibi demorarentur, Fesfus régi indicavit de Paulo, dicens : Vir quidam est derelictus a Felice vinctus, 15 (ie quo cum essem Jerosolymis, adierunt me principes sacerdotum, et seniores Judaeorum, postulantes adversus illam damnationem. i6 Ad quos respondi : Quia non est Romanis consuetudo damnare aliquem hominem prius quam is, qui accusatur, praesentes habeat accusatores, locumque defendendi accipiat ad abluenda crimina. i"^ Cum ergo hue con~ venissent sine ulla dilatione, sequenti die sedens pro tribunati, jussi adduci virum. is De quo, cum stetissent accusatores, nullam causam deferebant, de quibus ego suspicabar malum. 19 Quaestiones vero quasdam de sua superstitione Habebant adversus eum, et de quodam Jesu defuncto, quem affirmabat Paulus vivere. ^^ Haesitans autem ego de hujusmodi quaestione, dicebam si vellet ire Jerosolymam, et ibi judicari de istis. 21 Paulo autem appellante ut servaretur ad Augustî cognitionem, jussi servari eum, donec mittam eum ad Caesarem. 22 Agrippa autem dixit ad Festum : Volebam et ipse hominem audire. Cras, inquit, audies eum.

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