‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 442 sur 663 · LE CHRIST SUFFIT A TOUT · texte numérisé non relu

LE CHRIST SUFFIT A TOUT

Christ est l'auteur, et qui nous vient de lui, celle dont le Christ est la substance et qui nous parle de lui. Et nous nous retrouvons ainsi avec l'Apôtre au centre même de sa pensée. On nous parle des Anges et de leur médiation : et nous sommes, nous, en possession du Christ : nous n'ignorons pas qui il est (9), ni ce qu'il est pour nous (10), ni ce qu'il a déjà fait de nous (13). •

Ce qu'il est : il est Dieu, simplement ; toute la plénitude de la divinité habite en lui. On ne saurait mieux dire en moins de mots. C'est, répétons-le, en" lui qu'habite toute la plénitude de la divinité. On pourrait supposer ici que cette plénitude est celle des énergies surnaturelles dont il a été parlé au chapitre I, 18 et 19. Et il est vrai qu'il la possède, et le contexte se prêterait bien à cette interprétation. Mais il faut monter beaucoup plus haut, et le substantif dont se sert l'Apôtre n'est pas QewTin;, formé de l'adjectif, expressif dès lors de ce qui est en rapport avec la divinité sans être la divinité elle-même ; non, c'est Ssôtti;, la divinité dont la plénitude, dont toute la plénitude habite dans le Christ. Tous les mots ont ici une valeur singulière : cette plénitude n'est pas dans le Christ comme dans une demeure précaire, pour une heure, en vertu d'une grâce ; on aurait dit tzocooi-asZ : l'Apôtre dit xaToixeî, comme d'un bien possédé fermement par un ayant droit. Et si cette divinité est revêtue comme d'un voile et traduite seulement dans sa nature humaine, c'est qu'il est, lui, le Médiateur ; qu'il réunit en son unique personne les deux natures qu'il faut réconcilier ; c'est qu'il est lui-même la paix, la réconciliation, le centre béni où se rencontrent Dieu et l'homme. Ah ! de combien les Anges sont dépassés !

Néanmoins il faut l'accentuer encore. C'est en lui (9) qu'habite la plénitude de Dieu, c'est en lui (10) que nous avons été comblés nous-mêmes. Il est Dieu pour lui ; il est Dieu pour nous et avec nous. La grâce de l'union est à lui seul, la grâce de chef et de tête de l'Eglise est pour nous aussi, la plénitude de richesse surnaturelle découle en nous de celui qui est le chef de toute puissance et de toute

principauté : car c'est de lui qu'ont reçu et que reçoivent les Anges. Nous sommes à la source, ne nous détournons pas de la source pour aller aux ruisseaux :

Dulcius ex ipso fonte bibuntur aquae.

Cela suffit déjà pour écarter la prétendue médiation des Anges et les spéculations orientales. Voici ce qui écartera les prétentions juives.

Tout lecteur attentif observera ici comme dans , l'épître aux Ephésiens, chapitre I, la répétition obstinée : in ipso, in illo, in quo, in quo, mm illo ; elle est expressive de la pensée de saint Paul. Par la foi et notre adhésion vitale à Notre- Seigneur Jésus-Christ, nous sommes en lui. Et si le judaïsme ou l'essénisme s'en viennent nous parler de la nécessité de la circoncision, comme d'un rite prescrit pour être agrégé au peuple de Dieu, ne vous laissez pas surprendre. Car dans le Christ vous avez recueilli le bénéfice, non d'une circoncision symbolique, extérieure, toute matérielle, faite de main d'homme, mais d'une circoncision spirituelle, qui fait de chacun de nous une créature nouvelle par l'élimination complète de toutes affections charnelles. Hélas! la circoncision judaïque laissait subsister en nous l'être adamique tout entier (Cf. Rom., IV, VII). Ce n'est pas d'une pratique matérielle, mais d'une totale refonte et d'une édition nouvelle que nous avions besoin. C'est d'appartenir à une autre sève et à une autre vie qu'il nous était nécessaire. Et, Dieu en soit à jamais béni ! cela s'est accompli en nous par le procédé qui nous a été décrit déjà dans le VP chapitre aux Romains, 3-12. Car, pour Dieu le temps et la succession n'existent que comme, un coefficient du devenir dans les créatures. Qu'on nous passe, pour une fois, l'usage de ces formules prétentieuses. Mais il faut bien savoir que le temps n'est pas pour l'éternel, et que Dieu se passe de lui. Parfois nous-mêmes nous nous élevons audessus de la succession et posons des actes qui retentissent dans toute la durée qu'ils dominent et qu'ils embrassent. La ' profession religieuse consacre toute la vie. Les actes rédemp-

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