‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 441 sur 663 · CHAPITRE II (suite · texte numérisé non relu

CHAPITRE II (suite

*Hoc autem dico, ut nemo vos decipiat in sublimitate sermonum. s Nam etsi corpore absens sum, sed spiritu vobiscum sum : gaudens, et videns ordinem vestrum, et firmamentum ejus, quae in Christo est, fidei vestrae. ^ Sicut ergo accepistis Jesum Christum Dominum, in ipso ambulate, ^ radicati, et superaedificati in ipso, et confirmati fide, sicut et didicistis, abundantes in illo in gratiarum actione.

Il est bon de se souvenir ici des courants de doctrine qui, nous l'avons vu dès le début, sollicitaient l'Eglise de Colosses et menaçaient la pureté de sa foi.

Si l'Apôtre parle comme il vient de le faire, s'il invite les Colossiens à demeurer entièrement fidèles, c'est qu'il veut les prémunir contre les discours artificieux. Il ne saurait se désintéresser de la. persévérance des fidèles. Etre loin d'eux n'est pour lui qu'une raison de plus pour être attentif, et, absent de corps, pour être avec eux en esprit,, pour se réjouir de voir l'armée chrétienne tout entière rangée en bataille ; pour applaudir à l'inébranlable fermeté de leur foi. La foi, en la circonstance, c'est l'attachement, c'est l'adhésion au Christ. Les Colossiens ont accueilli avec la doctrine du Seigneur, la réalité de la vie du Seigneur en leurs âmes : Christum habitare per fidem in cordibus vestris (Eph., III, 17). Vous portez le Seigneur en vous, leur dit-il, non pas seulement comme le témoin de votre vie, mais comme l'agent, la direction et l'influence maîtresse de votre vie. Vous l'avez accueilli, soyez conséquents : soyez ce que vous êtes ; que votre être surnaturel et votre vie soient en accord. Il y aurait folie

à .chercher ailleurs que dans le Seigneur qui est en vous, une science et une sagesse dont les trésors sont en lui ; il y aurait en même temps félonie, après lui avoir donné votre foi, de vous éloigner de lui, comme si Dieu ne vous suffisait pas, comme si vous aviez trouvé mieux que lui. Demeurez établis, enra.cinés, édifiés en lui. On ne voit pas les arbres s'arracher à leur racine, ni les édifices se déplacer de leur fondement ; et nous ne faisons, nous, qu'un seul système avec Notre-Seigneur Jésus-Christ : réédités en lui, régénérés en lui, rendons grâces à Dieu de son don ineffable. C'est chose faite, faite de Dieu. Ils viennent trop tard, les docteurs de nouveautés : tarde mihi hos doctores, dira saint Hilaire.

l'unique maître

8 Videfe ne quis vos decipiat per philosophiam, et inanem jallaciam secundum traditionem hominum, secundum elementa mundi, et non secundum Christum : 9 quia in ipso inhabitat omnis plénitude divinitatis corporaliter : lo et estis in illo repleti, qui est caput omnis principatus, etpotestatis : n in quo et eircumcisi estis circumcisione non manu facta in expoliatione corporis carnis, sed in circumcisione Christi : 12 con-< sepulti ei in baptismo, in quo et resurrexistis per fidem ôperationis Dei, qui suscitavit illum a mortuis.

Prenez donc garde, poursuit l'Apôtre, de vous laisser décevoir par une philosophie vaine et trompeuse, inspirée soit par des spéculations purement humaines, soit même par des pratiques judaïques, aujourd'hui dépassées et périmées. On reconnaît la forme hybride de l'erreur colossienne, empruntée à des sources orientales et à des usages de l'ancien peuple juif. Dieu seul et, au nom de Dieu, le Christ seul a pu nous apprendre avec compétence ce qui concerne son être, ses œuvres, son dessein^ le but final auquel il conduit les choses. Et dès lors, c'est à lui seul que nous devons nous attacher : il n'existe pour nous qu'une doctrine au monde, celle dont le

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