‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 444 sur 663 · LE RÉDEMPTEUR · texte numérisé non relu

LE RÉDEMPTEUR

13 Et vos cum mortui essetis in delictis, et praepùtio Garnis vestrae, convivificavit cum illo, donans vobis omnia délieia, 14 delens quod adversus nos erat cHirpgraphum decreti, quod erat contrarium nobis, et ipsum tulit de medio, affigens illud cruci : is et expolians principatus et potestates, traduxit confidenter, palam triumphans illos in semetipso.

L'Apôtre reprend ici la pensée et les expressions mêmes de l'épître aux Ephésiens, chapitre II, 1, 5, dans le dessein de faire mesurer, une fois de plus, l'étendue du bienfait de Dieu. Il s'adresse à des Gentils convertis : Vous étiez morts.

184 ÉPÎTRE AUX COLOSSIENS. CHAP. Il

leur dit-il, et ne portant même pas dans votre chair cette initiation première, la circoncision ; le. premier Adam vous ayant donné la mort, le second a effacé toutes vos fautes et vous a donné la vie dans la sienne propre. Car nous communions tous au Ressuscité. — Il n'y a qu'un instant, l'Apôtre s'adressait à la gentilité convertie, et se distinguait d'avec elle au point de départ : car il est juif, les Gentils viennent, eux, du paganisme. Mais lorsqu'il détaille complaisamment les actes de la fonction rédemptrice, il ne sépare plus sa cause de celle des Gentils : Le Seigneur, dit-il, nous a effacé toutes nos fautes : fautes des Juifs, fautes des Gentils, la condition est la même de part et d'autre.

Les deux versets qui suivent, 14 et 15, offrent quelque difficulté. Quel est ce document écrit, cet autographe consistant en prescriptions, selon l'expression du grec, ycipôypatpov tol"? ô6yp.aa-t.v ? La pensée se porte tout d'abord aux tables de la loi, écrites de la main de Dieu, et à l'engagement qu'avait pris le peuple d'en observer tout le contenu. Cet engagement ayant été violé, Dieu avait en ses mains la preuve flagrante de la culpabilité de son peuple. Et ce sens nous est suggéré par une expression toute semblable de l'épître aux Ephésiens, II, 15 : legem mandatomm decrefis évacuons. Mais aussi la remarque se présente d'elle-même : Cet engagement n'avait été contracté que par le peuple juif ; et les Gentils à qui s'adresse l'Apôtre n'étaient pas entrés dans le contrat ; pouvaient-ils être regardés comme solidaires d'un engagement qu'ils n'avaient pas souscrit ? Cette remarque perd beaucoup de sa force, si l'on observe que la loi morale promulguée par Moïse n'était, sauf la circonstance du sabbat, que la loi naturelle elle-même, et que cette loi était inscrite au cœur des Gentils : Ostendunt opus legis scriptum in cordibus suis (Rom., II, 15). Or, cette loi ayant été violée également et par les Juifs et par les Gentils (Rom., I, II), l'Apôtre avait le droit de ne pas distinguer, puisque l'indignité était commune. Son intention est de marquer la grande révolution morale .accomplie par le Christ, en nous affranchissant de cette loi

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