‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 457 sur 663 · CHAPITRE IV (suite · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV (suite

2 Oraiioni instate, vigilantes in ea in gratiarum actione: 3 orantes simul et pro nobis, ut Deus aperiat nobis ostium sermonis ad loquendum mysterium Chmti (propter quod etiam vinctus sum) * ut manifestem illud ita ut oportet me

loquL 5 In sapientia ambulate ad eos, qui foris sunt : tempus redimenfes. ^ Sermo v ester semper in gratta sale sit conditus, ut sciatis quomodo oporteat vos unicuique respondere.

Avant d'arriver à la conclusion de la lettre aux Colossiens, l'exhortation apostolique, d'abord générale et commune à tous les chrétiens (III, 5), puis adressée aux divers groupes de la communauté (III, 18), redevient un instant encore commune à tous (IV, 2-6). C'est un rapide programme de la vie chrétienne : l'assiduité dans la prière, qui demande et qui remercie, qui sollicite et qui rend grâces. Saint Paul demande une place pour lui dans cette prière de la communauté chrétienne, sans doute afin que sa captivité finisse, et qu'il lui devienne loisible de parler comme il doit le faire du mystère du Christ. Là est tout l'intérêt de sa vie (Eph., VI, 19, 20). En priant pour l'Apôtre les Colossiens ont leur part dans son apostolat, puisqu'ils y collaborent par leur piété. Ils doivent eux-mêmes être apôtres par la sagesse de leur vie, car ils amènent ainsi à la foi ceux qui ne la connaissent pas encore ; et saisir avidement l'occasion opportune qui s'offre à eux de faire le bien (Eph., V, 16). Leurs discours seront gracieux, trempés néanmoins de gravité, dosant l'affabilité et le sérieux pour donner à chacun la réponse qui lui convient

CONCLUSION

7 Quae circa me sunt, omnia vobis nota faciet Tychicus charissimus f rater, et fidelis minister, et conservas in Domino: 8 quem misi ad vos ad hoc ipsum ut cognoscat, quae circa vos sunt, et consoletur corda vestra, 9 cum Onesimo charissimo, et fideli fratre, qui ex vobis est. Omnia quae hic aguntur, nota facient vobis. lo Salutat vos Aristarchus concaptivus meus et Marcus consobrinus Barnabae, de quo accepistis mandata; si venerit ad vos, excipite illum : ^^et Jésus, qui dicitur Justas: qui sunt ex circumcisione, hi soli sunt adjutores mei in régna

Dei, qui mihi fuerunt solatio. ^^ Salutat vos Epaphras, qui ex vobis est, servus Christi Jesu, semper solicitas pro vobis in orationibus, ut stetis perfecti, et pleni in omni voluntate Dei. 13 Testimonium enim illi perhibeo quod habet multum laborem pro vobis, et pro iis, qui sunt Laodiciae, et qui Hierapoli. ^^Salutat vos Lucas medicus charissimus, et Demos. 15 Salutate fratres, qui sunt Laodiciae et Nympham, et quae in domo e jus est, Ecclesiam. ^Q Et cum lecta fuerit apud vos epistola haec, facite ut et in Laodicensîum Ecclesia legatur : et eam, quae Laodicensium est, vos legatis. ^''^ Et dicite Archippo : Vide ministerîum, quod accepisti in Domino, ut illud impleas. is Salutatio mea manu Pauli. Memores estote vinculorum meorum. Gratia vobiscum. Amen.

La conclusion abandonne à Tychicus, le porteur de cette lettre, le soin d'apprendre aux Colossiens dans un exposé oral tout ce qui concerne, à Rome, la situation personnelle de l'Apôtre. Tychicus est accrédité auprès de l'Eglise de Colosses, de même qu'il l'a été auprès de l'Eglise de Laodicée (Eph., VI, 21), comme un frère très aimé, un fidèle ministre de l'Evangile, et avec l'Apôtre, un serviteur du Christ. Il a été un compagnon assidu de saint Paul (Act., XX, 4), qu'il a suivi de Corinthe à Jérusalem. Peut-être a-t-il été l'un de ces fidèles innommés à qui l'Apôtre a laissé le soin de porter à Jérusalem l'offrande des Eglises. Nous le retrouvons ici au cours de la première captivité romaine de l'Apôtre ; il sera encore près de lui durant la seconde.

C'était de la part de l'Apôtre une marque de grande affection pour les Eglises du Lycus, de se dessaisir en leur faveur d'un frère si aimé. Saint Paul, nous le savons, n'aimait pas la solitude. Il avait besoin d'être entouré. La fonction de Tychicus sera double : il sera le député de l'Apôtre auprès des Eglises, afin de les consoler et de les affermir ; il fera connaître à l'Apôtre l'état des communautés chrétiennes. En même temps qu'il était porteur des trois lettres : aux Ephésiens (Laodicéens), aux Colossiens, à Philémon ; Tychicus,

de Rome en Asie Mineure, était accompagné d'un esclave converti, Onésime, originaire de Colosses, que saint Paul avait retiré de la société servile de Rome pour en faire un chrétien, un fidèle, un frère très aimé.

Puis viennent les salutations accoutumées. Aristarque nous est connu, c'est un Thessalonicien, il était avec l'Apôtre à Ephèse (Act, XIX, 29), l'accompagna dans le voyage de Jérusalem (Act., XX, 4), et au départ de Césarée pour l'Italie (Act, XXVII, 2). Le titre de concaptivus que lui donne saint Paul signifie naturellement non qu'il ait été chargé de chaînes, mais qu'il demeurait volontairement et par affection auprès de l'Apôtre captif. Nous connaissons aussi, par le récit des Actes (XII, 25 ; XIII, 13 ; XV, 36-40), Jean Marc, le cousin de saint Barnabe. Quinze ans s'étaient écoulés depuis le différend dont il avait été l'occasion entre saint Paul et saint Barnabe ; l'Apôtre avait pardonné. Mais il avait été question pour Jean Marc d'un voyage en Asie Mineure, et afin d'effacer toute trace de l'incident d'autrefois, saint Paul prend sur lui de le recommander à la bienveillance des Eglises. Nous le retrouverons auprès de saint Pierre (I Petr., V, 13) à Rome ; et dans la Deuxième à Timothée (IV, 11), saint Paul l'appelle auprès de lui.

Un autre compagnon de l'Apôtre, juif comme les deux précédents, c'est Jésus, ou Joseph, dit le Juste, sans doute le disciple à qui le sort préféra saint Matthias (Act,, I, 23). Ce sont les trois seuls, dit l'Apôtre, qui parmi ceux de leur nation, ont été pour moi, dans l'œuvre de l'évangélisation, une aide et un secours. L'épître aux Philippiens ne tardera pas à nous révéler le conflit persévérant et la jalouse rivalité qui s'efforcèrent de troubler l'âme de saint Paul au cours de sa captivité (Phil., I, 15, 17).

Epaphras, lui, est Colossien. C'est lui qui a évangélisé la ville de Colosses (I, 7), a fait connaître à l'Apôtre les doctrines semi-gnostiques qui infectaient les Eglises de Laodicée, de Colosses, de Hiérapolis ; il ne cesse pas, auprès de l'Apôtre, de porter grande affection et sollicitude aux trois

communautés et de demander leur parfaite fidélité à la volonté de Dieu. Avec Epaphras, Luc, le médecin aimé, qui sans doute, en même temps qu'il veille sur la santé de l'Apôtre, achève le livre des Actes, premier monument de l'histoire de l'Eglise ; puis Démas, qui dans la suite retournera au siècle (II Tim., IV, 9) : tous personnages que nous retrouverons groupés à la fin de l'épître à Philémon (23-24).

Dans un dessein particulier que nous connaissons par le verset suivant, l'Apôtre demande aux Colossiens de saluer de sa part la communauté de Laodicée, leur voisine, et les frères qui se réunissaient dans la maison de Nymphas ou Nymphodore, cette maison leur servant d'Eglise. Les deux communautés de Colosses et de Laodicée, échangeront entre elles les lettres que l'Apôtre vient de leur écrire, et dont le thème est le même, sauf les précisions obtenues, depuis la lettre aux Ephésiens, par les entretiens avec Epaphras. Une recommandation, d'apparence austère, est adressée à Archippus, peut-être le fils de Philémon et d'Appia, sans doute un des prêtres ou diacres de Colosses, pour l'inviter à remplir avec fidélité l'office qui lui a été confié dans l'Eglise.

La lettre a été dictée, mais l'adieu final, comme marque d'authenticité, est tracé par la main de l'Apôtre (Cf. Gai., VI, 11). Les chaînes de l'Apôtre ne font qu'ajouter encore à son autorité. La grâce qui forme le dernier souhait, c'est la bienveillance, et surtout dans la pensée de l'Apôtre, qui ne s'en sépare plus, l'union des âmes au Fils de Dieu.

ÊPITRE A PHILÉMON

Avec les deux lettres aux Ephésiens et aux Colossiens, l'envoyé de saint Paul, Tychicus, porte de Rome en Asie Mineure, une épître, très courte, adressée à un simple laïque, Philémon, affranchie de toute préoccupation doctrinale, et relative à un intérêt tout privé. C'est un billet plutôt qu'une lettre proprement dite. Quelques mots sur les personnes abrégeront le commentaire.

Philémon est un personnage considérable de la ville de Colosses. Il a été converti par l'Apôtre saint Paul, durant son long séjour à Ephèse. C'est dans sa maison que se réunit la petite communauté de Colosses. Il est facile de reconnaître au ton confiant et assuré de l'Apôtre, la reconnaissance et le dévouement que lui gardait son converti.

A côté de Philémon apparaît une femme, Appia ou Apphia, probablement l'épouse de Philémon ; puis un certain Archippus, dont le nom a été prononcé au chapitre IV aux Colossiens, 17. Peut-être est-il le fils de Philémon ; mais sûrement il possède une charge dans la petite Eglise de Colosses : l'Apôtre l'appelle son collaborateur, et l'a précédemment invité à exercer son ministère en toute vigilance et fidélité.

Un quatrième personnage est l'objet de la lettre et en a fourni tout le motif. Onésime était l'esclave de Philémon. Il s'était enfui de la maison de son maître, peut-être après lui avoir dérobé quelque bien, et pour éviter le châtiment des plagiaires, ou esclaves fugitifs, s'était réfugié à Rome comme dans une région lointaine et obscure, où nul ne le connaissait, nul ne pouvait le dénoncer. Avait-il, durant son séjour à Colosses, entendu parler de l'Apôtre saint Paul ? Nous ne savons. Voulut-il jevoir à Rome celui dont le nom avait été autrefois prononcé devant lui ? Comment parvint-il jusqu'à l'Apôtre, nous l'ignorons aussi : une seule chose est certaine, c'est que l'Apôtre au cours de sa captivité le con-

vertit au christianisme, et l'attacha à son service. Même il l'eût gardé volontiers : mais l'occasion même de la lettre aux Colossiens et du voyage de Tychicus lui donna k moyen de réparer le dommage causé à Philémon par la fuite de son esclave ; de concert avec Onésime, il le renvoya auprès de son maître, accompagné d'une recommandation qui lui obtiendrait le pardon et un accueil aimable. La lettre de l'Apôtre est un affectueux plaidoyer en faveur du fugitif converti et repentant. Aussi ne prend-il aucun nom d'autorité, ni ne se réclame auprès de Philémon de son titre d'Apôtre : c'eût été trop solennel dans un simple billet ; il se dit simplement Je prisonnier du Christ Jésus, captif à cause de lui. Timothée est avec lui, comme dans l'épître aux Colossiens, comme dans l'épître aux Philippiens. Les autres compagnons de l'Apôtre auront leur mention commune à la fin de l'épître, 23-24.

Elle est adressée à un frère aimé, Philémon, qui, après avoir été converti par l'Apôtre, a amené à la foi sa femme, son fils, toute sa famille, et a fait de sa maison le lieu de réunion des chrétiens.

ADRESSE

1 Paulus vinctus Christi Jesu, et Timotheus f rater : Philemoni dilecto, et adjutori nostro, 2 et Appiae sorori charissimae, et Archippo commilîtoni nostro, et Ecclesiae, quae in domo tua est. 3 Gratia vobis, et pax a Deo Pâtre nostro et Domino Jesu Christo.

Les souhaits sont connus : la grâce, c'est-à-dire la bienveillance surnaturelle de Dieu avec les fruits qu'elle produit en nous ; la paix, c'est-à-dire la tranquillité dans tout ordre, avec Dieu, avec le prochain, et en nous-mêmes : ces biens viennent de source divine, et le canal même est divin par lequel ils arrivent à nous. Le v. 3 se prête à une double traduction, selon que les biens surnaturels sont dits nous venir et de Dieu le Père, et de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ou

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