RECOMMANDATIONS COLLECTIVES
sance est œuvre de vigueur morale et de vraie liberté. L'obéissant ne distinguera pas, il ne sera pas serviteur à l'œil, c'est-à-dire soumis seulement à qui le regarde, s'efforçant de capter la faveur du maître par une apparence de fidélité, sauf à ressaisir son indépendance dès que le maître s'éloigne. Tout cela est servile. Obéissez dans la droiture de votre cœur, votre regard tourné vers Dieu. Ce que vous faites, faites-le de cœur, l'âme gagnée à la pensée de votre maître et plus encore à la pensée de Dieu, de qui vous êtes les serviteurs, et de qui vous recevrez le salaire de l'éternel héritage. Vous ne serez pas toujours à l'abri de l'injustice, ajoute l'Apôtre pour consoler l'esclave opprimé, mais il y a un recours contre l'injustice ; il existe une équité infinie à qui nous pouvons en appeler : devant elle, maîtres et esclaves sont égaux.
Il est à remarquer que, dans toutes ces recommandations, la pensée de l'Apôtre s'est toujours portée premièrement aux inférieurs et aux faibles : la femme, l'enfant, l'esclave. Aussi dans la lecture rattacherons-nous au chapitre III le premier verset du chapitre ÏV, qui répète à l'adresse des maîtres ce qu'il vient de dire aux esclaves. Ils sont maîtres de leurs esclaves, mais en même temps serviteurs de Dieu, et débiteurs, en face même de leurs esclaves, de tout ce que leur assurent l'équité et la charité. Parler ainsi ce n'est pas: proscrire l'esclavage, ce qui eût été une imprudence révolutionnaire ; mais c'est en atténuer sur l'heure la dureté, en corriger les excès et en préparer l'élimination.