‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 459 sur 663 · LA CHARITÉ DE PHILÉMON · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ DE PHILÉMON

4 Gratias ago Deo meo, semper memoriam tui faciens in orationibus mets, s audiens charitatem tuam, et fidem, quam habes in Domino Jesu, et in omnes sanctos : s ut communicatio fidei tuae evidens fiât in agnitione omnis operis boni, qaod est in vobis in Christo Jesu. 7 Gaudium enim magnum habui, et consolaiionem in charitate tua : quia viscera sanctorum requieverunt per te, frafer.

L'action de grâces, nous le savons, est toujours première au cœur de saint Paul. Tout bien surnaturel, et la foi de Philémon en particulier, viennent de Dieu. A côté de la reconnaissance, il y a place aussi pour une prière adressée à Dieu : l'intention de cette prière sera exprimée au verset 6 : Ut communicatio fidei tuae evidens fiât in agnitione omnis operis boni, quod est in vobis in CHristo Jesu. Mais la part est large pour la reconnaissance, car Epaphras, le député de Colosses, n'a pas laissé ignorer à l'Apôtre la foi de Philémon, c'est-à-dire son attachement au Seigneur, et sa charité envers tous les fidèles. La lettre à Philémon porte la trace d'une dictée rapide, et l'ordre grammatical y est parfois interverti, sans détriment néanmoins pour la clarté. Alors que dans l'épître aux Colossiens (I, 4), l'Apôtre avait dit : audientes fidèm vestram in Christo Jesu, et dilectionem, quam habetis in sanctos omnes, ce qui est l'ordre régulier : dans la lettre à Philémon, il a prononcé d'abord le nom de la charité, la foi n'est venue qu'ensuite ; et il a donné enfin l'objet de l'une

et de l'autre, laissant à l'intelligence de son lecteur le soin de rapporter à la foi ce qui est à la foi, et à la charité ce qui est à la charité. Ces interversions sont mésaventures fréquentes, peut-être même inévitables chez ceux qui écrivent trop vite. Ce ne sont pas seulement les relations de la foi au Seigneur, et de la charité aux chrétiens, mais en même temps les motifs d'actions de grâce, et les objets de la prière qui se pressent et s'interfèrent au cours de ces quatre versets. La prière de l'Apôtre s'adresse à Dieu, mais elle ressemble à une insinuation, lointaine encore, du bienfait que tout à l'heure il sollicitera de la bonté de Philémon. Il demande au Seigneur que l'exercice de la charité (xoivwvta), inspiré à Philémon par sa foi, se traduise de jour en jour davantage dans la connaissance et l'accomplissement de tout le bien que nous pouvons faire à la gloire du Seigneur Jésus ( âyaOoû toû ev Tifjiîv eCç XptffTcJv.) Cette charité de Philémon est la joie de l'Apôtre: Ma consolation a été singulière en apprenant, mon frère, dit l'Apôtre avec un accent affectueux, que les cœurs des chrétiens ont été soulagés et reposés par vous.

De 8 à 20 se forme le corps de la brève épître, et le plaidoyer en faveur d'Onésime.

^Propter quod multam fiduciam habens in Christo Jesu imperandi tibi quod ad rem pertinet : ^ propter charitatem magis obsecro, cum sis talis, ut Paulus senex, nunc autem et vinctus Jesu Christi. lo Obsecro te pro meo filio, quem genui in vinculis, Onesimo, n qui tibi aliquando inutilis fuit, nunc autem et mihi, et tibi utilis, 12 quem remisi tibi. Tu autem illum, ut mea viscera, suscipe : is quem ego volueram mecum detinere, ut pro te mihi ministraret in vinculis Evangelii : 14 Sine consilio autem fuo nihil volui facere, uti ne velut ex necessitate bonum tuum esset, sed voluntarium. is Forsitan enim ideo discessit ad horam a te, ut aeternum illum reciperes: ^^ jam non ut servum, sed pro servo charîssimum jratrem,

Page 1