DIGNITÉ DU CHRIST
^2 et velut amictum mutabis eos, et mutabuntur : ta autem idem ipse es, et anni tui non déficient, is Ad quem autem Angelorum dixit alîquando : Sede a dextris mets, quoadusque ponam inimicos tuos scabellum pedam taorum ? i^ jsionne omnes sunt administratorii spiritus, in ministerium missi propter eos, qui her éditât em capient salutis ?
La comparaison se poursuit, et les Anges cette fois sont représentés. Même ils sont nommés les premiers. Mais quelle différence ! Quel contraste ! Au Psaume CIII, 4, il est dit : Qui facis Angelos tuos spiritus et ministros tuos ignem urentem. Dans la théophanie que décrit le Psaume, la lumière est le vêtement de Dieu, les cieux sa tente royale, les nuages son char, les vents, TûvsûfAaTa, ses coursiers, la foudre son messager. La traduction grecque en jouant sur le sens indécis de itveujjiaTa, qui signifie à volonté les vents ou les esprits, a donné aux Anges une place dans la théophanie, comme serviteurs dociles et rapides du Tout-Puissant
Mais combien le langage de Dieu est différent lorsqu'il îparle à son Fils ! Il s'adresse à lui en langage direct, pour lui dire des choses extraordinaires, et telles qu'elles n'ont été dites à personne. On traduit habituellement la citation comme si Deus était au vocatif ; et nous voyons par les lettres de saint Jérôme et par ce qui nous reste des Hexaples d'Origène, •que le traducteur Aquila avait employé la forme du vocatif, 0es, s'adressant au Christ. On le peut. Mais les autres traductions grecques portent ô ôeôç, et nous regarderons comme plus plausible l'interprétation qui fait dire au Christ : « Votre trône , c'est Dieu. » Thronus tuus, Deus, par apposition. Pour nous, cette expression, « Dieu est votre trône » a je ne sais quoi d'étrange. Mais il nous faut accepter le langage de l'Ecriture tel qu'il est, et non le calquer sur nos habitudes. Il est plus de quarante passages dans la Bible où Dieu est appelé par l'écrivain sacré : « ma pierre, mon rocher, » ce que la traduction de la Vulgate rend habituellement
par « mon refuge, mon appui », Deus refugium nostmm et virtus.
« Votre trône, c'est Dieu pour les siècles des siècles », signifie dans une hardie métaphore que la dignité royale du Christ à qui s'adresse le Psaume XLIV est d'une dur^e et d'une éternité garanties par Dieu même. Avec le même droit que le Psalmiste disait de Dieu qu'il est sa citadelle, on peut dire de Dieu qu'il est le trône du Christ, c'est-à-dire que Dieu, de qui les dons sont sans repentance, garantit lui-même la durée sans fin de la dignité royale du Christ. Au lieu donc que les Anges sont serviteurs, ministres et messagers, le Christ est roi, son trône est éternel, il est appuyé. de Dieu : et au lieu que la puissance des rois se fonde souvent sur la violence et s'exerce par l'iniquité, le sceptre de la royauté du Christ est un sceptre d'équité absolue.
Le Psalmiste continue s'adressant toujours au Christ, au roi prédestiné : « Vous avez aimé la justice, vous avez haï l'iniquité ; c'est pour cela que Dieu, que votre Dieu, vous a consacré roi, au jour de votre Ascension, par une onction joyeuse, qui vous élève au-dessus de tous ceux qui sont avec vous dans la joie de Dieu, mais qui tous, hommes et Anges, reçoivent également de vous. »
Depuis le verset 10 jusqu'à la fin du chapitre, la comparaison avec les Anges se poursuit, avec le dessein de marquer le contraste entre la souveraineté du Créateur et l'office subordonné des Anges. C'est le Psaume CI, 26-28, qui en fournit le thème. Les œuvres de Dieu périront, dit le Psalmiste, non qu'elles doivent être annihilées ; mais elles changeront de face ; les cieux eux-mêmes, séjour des Anges, seront roulés comme un manteau : Dieu, \m, demeure. Ni sa. vie, ni ses promesses ne connaissent la défaillance.
Telles sont les paroles adressées au Fils de Dieu. Nous avons rencontré déjà (v. 3) une allusion à cette sessio tr'mmphalis et regalis dont nous parle le Psaume CIX. Encore une fois, le premier avènement du Christ ne semble pas, aux yeux du monde, s'être terminé sur un triomphe. La gloire de la