‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 491 sur 663 · PRÉÉMINENCE DU CHRIST · texte numérisé non relu

PRÉÉMINENCE DU CHRIST

Résurrection, la gloire de l'Ascension n'a été manifestée qu'à quelques-uns seulement. Mais nous savons par la parole de Dieu même, que le triomphe est complet pour le Seigneur, qu'il est aujourd'hui au-dessus de toute souffrance, et en possession de la gloire conquise par lui : Sede a dextris meis... Les temps qui s'écoulent jusqu'à l'éternité n'ont pas d'autre dessein que de recueillir au cours des siècles les âmes qui sont à lui, et, l'un après l'autre, d'amener à ses pieds tous ses ennemis. Le vrai bénéficiaire de toute l'histoire, c'est le Seigneur ; c'est à lui que tout se rapporte, pour lui que tout s'accomplit, c'est sur son nom que se fait le départ de toutes les âmes. Est-ce que jamais il a été stipulé en faveur d'un Ange, quel qu'il soit, une situation et une prééminence telle ? Est-ce qu'il y a un Ange qui soit la fin de l'histoire et le terme de l'action divine ? Un Ange à qui il a été dit par Dieu de partager son trône, à qui Dieu a demandé la marge de temps nécessaire pour ramener à ses pieds tous ses ennemis ?

Les Anges ont sans doute un rôle, un rôle glorieux, si vous le voulez ; mais ici encore, dans l'accomplissement historique de- l'œuvre surnaturelle, ils ne sont que serviteurs, instruments, ministres ; ce sont des esprits au service d'une œuvre sainte. Afin d'établir une réelle fraternité entre les Anges et nous, non par indigence personnelle, mais selon les lois hiérarchiques qui régissent l'action commune dans l'ordre naturel et dans l'ordre surnaturel. Dieu les a associés à l'œuvre de notre salut. Après avoir été mêlés à l'économie judaïque, ils ne sont pas exclus de l'économie chrétienne. Ils s'emploient pour nous sous la haute main de Dieu ; Dieu leur confie ses obédiences et ses ministères dans l'intérêt des croyants, de ceux qui doivent recueillir l'héritage du salut et devenir les cohéritiers du Seigneur.

Ce n'est pas que tous les Anges soient appliqués à des ministères : la théologie nous enseigne que les trois premiers ordres ou Chœurs ne s'occupent que de Dieu, et que les Dominations ne sont pas envoyées : mais l'Apôtre ne parle ici

que des Anges à qui Dieu a confié son ministère de révélation ou d'action (cf. II, 5).

l'économie nouvelle dépasse l'ancienne

N'oublions pas le péril d'apostasie auquel sont exposés les Juifs de Rome convertis au christianisme : l'infériorité extérieure de leur situation légale, l'humilité de leur recrutement, l'attraction qu'exerce sur eux une communauté religieuse plus étendue, plus ancienne, plus assurée : enfin l'effort du prosélytisme juif pour ramener au mosaïsme des éléments qui lui ont appartenu. Nous comprendrons bien alors le sens des exhortations semées çà et là au cours de l'épître (II, 1-4, III, 7-19, IV, 14-16), et en particulier le sens de cette inférence pratique des quatre premiers versets.

1 Propterea abundantius oportet observare nos ea, quae audivimus, ne forte pereffluamas. 2 Si enim qui per Angelos dictas est sermo, factus est firmus, et omnis praevaricatio, et inobedientia accepit justam mercedis retributionem : s quomodo nos effugiemus si tantam neglexerimas salutem ? quae cum initium accepisset enarrari per Dominum, ab eis, qui audierunt, in nos confirmaia est, 4 contestante Deo signis et portentis, et variis virtutibus, et Spiritus sancti distribationibus secundum suam voluntatem.

S'il en est ainsi, si la nouvelle dispensation nous a été donnée par une intervention si haute, celle du Fils de Dieu, le roi éternel des siècles, le juge des vivants et des morts : quel doit être notre attachement et notre fidélité aux vérités que nous avons entendues, aux préceptes que nous tenons de cette voie divine, à l'institution qui les représente et à

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