RETOUR A ANTIOCHE
^0 Cumque evangelizassent civitati illi, et docuissent multos, reversi sunt Lystram, et Iconium, et Antiochiam, 21 confirmantes animas discipulorum, exhortantesque ut permanerent in fide : et quoniam per multas tribulationes oporfet nos intrare in regnum Dei. ^^Etcum constituissent illis per singulas ecclesias presbyteros, et orassent cum jejunationibus, commendaverunt eos Domino, in quem crediderunt. 23 Transeuntesque Pisidiam, venerunt in Pamphiliam, 24 ^t loquentes verbum Domini in Perge, descenderunt in Attaliam: 25 et inde navigaverunt Antiochiam, unde erant iraditi gratiae Dei in opus, quod compleverunt. 26 Cum autem venissent, et congregassent Ecclesiam, retulerunt quanta fecisset Deus cum illis, et quia aperuisset Gentibus ostium JideL 27 Morati sunt autem tempus non modicum cum discipulis.
Cette première expédition achevée, et avec la pensée de terminer à Antioche une mission qui avait commencé à An-
tioche ; une fois parvenu à une région voisine de Tarse et de la Cilicie, il eût semblé naturel que Paul prît la route qui de Derbé par le Taurus, puis Tarse, l'eût rapidement et en quelques marches ramené à son point de départ. L'itinéraire était direct, aimé, familier, le plus simple, le plus doux, le moins périlleux, le loisir seulement de traverser la Comagène dans sa petite largeur, et l'Apôtre était en sa terre natale. Pourtant, écartant ce parti, il voulut revoir toutes les communautés chrétiennes semées par lui sur son chemin. De Derbé, il revint sur ses pas, reparut à Lystres, la patrie de Timothée, à Iconium, la cité de Thècle, à Antioche, bravant les Juifs et leurs dévotes, — afin d'affermir partout la foi, de soutenir les fidèles, et de les avertir, comme les disciples d'Emmaûs, que c'est au prix de mille tribulations que nous entrons dans le royaume de Dieu, et qu'il faut du courage pour régner avec lui comme pour le laisser régner en nous.
Un autre motif encore détermina les deux apôtres à revenir ainsi sur leurs pas : ils voulaient, dans chacune de ces communautés naissantes, créer des prêtres, remettre en des mains sûres le pouvoir surnaturel d'enseigner, de sanctifier et de régir ; et ce n'est qu'après avoir donné aux Eglises cette fermeté de la hiérarchie, après avoir prié et jeûné avec elles, qu'ils se retirèrent, confiant les communautés au Seigneur qui avait reçu leur foi. Ainsi, dès la première heure, les Eglises fondées par les apôtres forment ce qu'on appelle une société inégale, contenant des fidèles et aussi des chefs. Jérusalem a des anciens, c'est-à-dire des prêtres ; et en lisant il est facile de reconnaître que dans la langue de saint Paul, (Act, XX, 17, 28 ; Phil., I, 1 ; Tit., I, 5, 7), prêtres et évêques sont les mêmes personnages. On peut penser que chacune de ces jeunes communautés répétait l'organisation intérieure que la main du Seigneur avait donnée à la première de toutes, celle de Jérusalem : un collèg-e de prêtres ou anciens, le presbytérium gouvernant l'Eglise dans une pensée commune, mais ayant à sa tête un chef unique — condition vitale, qui est de l'ordre de la nature, et de l'ordre de la grâce.
Cette œuvre accomplie, les apôtres continuent à rebrousser chemin ; ils traversent la Pisidie au sortir d'Antioehe, arrivent en Pamphylie, refont en un mot tout leur voyage en sens inverse, prêchent à Pergé, s'embarquent à Attalia, qui est à Pergé ce que Séleucie est à Antioche, le port de mer d'une ville reculée dans les terres. L'Apôtre saint Paul n'était pas revenu par la Cilicie ; saint Barnabe ne revit pas l'île de Chypre: d' Attalia, ils firent voile directement vers Antioche, d'où ils étaient partis, peut-être deux ans auparavant, pour accomplir avec la grâce de Dieu leur mission apostolique.
Arrivés à Antioche, ils réunirent l'Eglise, prêtres et fidèles, rapportèrenf ce que le Seigneur avait fait avec eux et par leurs mains ; et en particulier qu'il avait ouvert aux Gentils comme aux Juifs et aux prosélytes la porte de la foi (expression familière à l'Apôtre : I Cor., XVI, 9 ; II Cor., II, 12, et surtout Col., IV, 3). Ce n'était, à Antioche, ni une nouvelle, ni une nouvelle inattendue, puisque c'est à Antioche même qu'avait commencé la glorieuse initiative : mais il n'était pas indifférent à l'Eglise de cette ville d'apprendre que le Seigneur, par les conversions et par les miracles, avait donné une considération nouvelle à sa pensée d'universalité.
Après leur première expédition apostolique ainsi terminée, saint Paul et saint Barnabe demeurèrent un temps notable avec les fidèles d'Antioehe, attendant, au milieu du travail, l'heure d'une autre mission.