CONFIANCE EN L'AVENIR
ticulier, de la charité que vous avez témoignée en vous dévouant, pour lui plaire, comme vous l'avez fait, comme vous le faites encore, au service des chrétiens nos frères. — On sait l'appui fraternel que les Juifs se prêtaient entre eux. C'était le fruit de leur solidarité religieuse et ethnique. Cette disposition fraternelle, cette charité active était innée au cœur des Juifs : l'Apôtre réclame davantage.
Cette même ardeur, cette même plénitude de charité qui les porte à soulager leurs frères, il la souhaite à leur espérance. Il nous est précieux de reconnaître le rapport intime que l'Apôtre, en toute l'épître aux Hébreux, établit entre la foi et l'espérance. Dieu a parlé : locutus est nobis in Filio. L'acceptation de cette parole divine par nous c'est notre foi, notre foi commune que nous devons garder avec soin : teneamus confessionem. Mais ce n'est là que le point de départ et le commencement de la vie surnaturelle en nous. L'activité de notre foi se traduit dans l'énergie de notre espérance : dans l'attente des biens surnaturels, dans la confiance du salut, dans l'adhésion certaine aux promesses de Dieu, dans le regard constant et assuré vers la vraie terre promise. Croire, c'est avoir confiance en Dieu comme Abraham : Plenissime sciens quia quaecumque promisit, potens est et facere. (Credidit Abraham Deo,) ideo et reputatum est illi ad justitiam (Rom. IV, 21, 22). Dieu, qui veut ordonner notre vie vers un bonheur éternel, nous élève au-dessus de nous-mêmes, et en nous montrant des choses invisibles, et en nous promettant des biens qui sont au delà de notre portée. Ensemble ses paroles et ses promesses éprouvent notre pensée par leur obscurité, et notre volonté par les exigences ardues de leur conquête. Si nous nous appuyons vraiment sur Dieu par la foi, Credidit Abraham Deo (Rom., IV, 3), cela se verra à l'énergie de notre espérance, elle sera l'indice de notre foi. A la différence de leurs ancêtres qui reculèrent devant les difficultés qu'offrait la conquête de la terre promise, les Juifs d'aujourd'hui, s'ils ont pleine confiance dans le sang de Notre-Seigneur Jésus-
Christ, montreront dans la plénitude de leur espérance la vitalité de leur foi.
C'est chose méritoire que secourir la misère de nos frères ; mais cela peut venir d'une conception de solidarité ethnique. L'Anglais soutient l'Anglais, parce qu'ils est anglais. Apportons à l'œuvre intérieure de notre espérance, et à son achèvement plénier, le même soin, le même empressement que nous apportons à l'assistance mutuelle. Que foi, espérance, charité, qui naissent l'une de l'autre, aient en nous la même taille, la même plénitude, la même perfection. Nous ne pouvons pas être trompés, nous ne pouvons pas être trahis, nous ne pouvons pas être vaincus. L'hésitation au cœur entraîne l'indécision de la vie. La main tremble lorsque le cœur n'est pas assuré.
Et dans tout le reste du chapitre l'Apôtre ne cessera de confirmer les Juifs, par le souvenir donné à Abraham, dans l'espérance des biens éternels. Rien de lâche ni d'irrésolu dans leur vie : à cette condition ils entreront dans les rangs de ceux qui, par le foi et le courage, obtiennent l'héritage qui leur a été promis de Dieu. Cet héritage est assuré par d'incomparables garanties. On comprend quelle émotion devait provoquer au cœur des Juifs une allusion qui les rattachait à Abraham comme à un idéal familier.
. Il est juste de croire Dieu sur parole. Sa promesse vaut mieux que l'or en barres. Il n'a jamais trahi. Pourtant, afin que nous fussions plus sûrs de lui, il a voulu engager non seulement sa parole mais sa vie, et se donner lui-même en gage. A sa promesse il a ajouté le serment. Lorsqu'il promit à Abraham en échange de son obéissance héroïque une postérité innombrable, et, dans la race qui' sortirait de lui, la bénédiction universelle (Gen., XXÎI, 17), il voulut donner à sa parole et à sa promesse la plus haute garantie qui fût jamais. C'était une alliance, un traité. Or il convenait, en vue de ce traité, d'en appeler à un témoin qui fût irrécusable.
Partout ailleurs c'est Dieu qui est le témoin d'une promesse humaine garantie par le serment ; mais ici Dieu lui-