‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 552 sur 663 · ABROGATION DES ANCIENS RITES · texte numérisé non relu

ABROGATION DES ANCIENS RITES

à la pensée, et qu'il n'est question que de lui. C'est lui qui parle ainsi à son Père : Vous ne vous êtes pas satisfait des holocaustes et des sacrifices pour le péché : ils ne vous ont pas suffi. Alors devant cette répugnance divine je vous ai dit : Me voici, je viens, selon qu'il est écrit à mon sujet dans Je volume de la loi. Je viens pour accomplir votre volonté.

L'incise in capite libri scriptum est de me doit être considérée comme une parenthèse que l'Apôtre un peu plus loin (verset 9) négligera, dans une citation plus libre du Psaume XXXIX. Aussi n'implique-t-elle aucune allusion à un livre déterminé de l'Ancien Testament, mais simplement que la venue du Verbe est annoncée dans le volume de la loi, in volumine libri.

Le Seigneur ajoute : « Me voici. » Plus complet en effet qu'Isaïe, plus complet même que le Psaume XLIX, le Psaume XXXIX contient tout à la fois et l'expression du peu d'intérêt de Dieu pour les anciennes offrandes, et leur abolition définitive par le vrai et unique sacrifice. Rejeter les sacrifices mosaïques, puis annoncer le sacrifice définitif, c'était promettre l'abrogation des premiers par le second.

N'oublions pas que l'acte d'adhésion volontaire du Fils de Dieu était ainsi formulé (verset 7) : Me voici pour accomplir votre volonté. — Quel est donc ce vouloir à qui s'offre le Fils de Dieu ? Car ce n'est pas seulement en conformité avec ce vouloir : ce n'est pas seulement à raison de ce vouloir et par lui que nous avons été sanctifiés une fois pour toutes, dans l'unique sacrifice du Seigneur, nous apprend l'Apôtre : c'est parce que nous étions impliqués et contenus dans ce vouloir de Dieu : In qua voluntaîe. Nous sommes, à raison du vouloir de Dieu. Efficace pour nous amener à l'être, efficace pour définir les termes de notre nature, le vouloir de Dieu est efficace au même titre pour nous incorporer, dans son acte de prédestination active, à la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Celui qui nous fait être, nous fait appartenir, par l'acte de sa volonté, à l'obéissance du second Adam. L'acte de la prédestination, le programme défini par la vo-

lonté divine nous attribue à Notre-Seigneur Jésus-Christ : acte aussi efficace que celui qui nous fait être, celui qui prédestine étant le même que celui qui crée. Nous sommes enfermés, impliqués dans cet acte de volonté.

Cet acte de la volonté de Dieu, qui ne peut être vain, ne requiert en son accomplissement que deux conditions, et Dieu veille avec une admirable attention à ce que ces deux conditions soient réalisées. Elles sont historiques. La première concerne le Seigneur, le Verbe : il se fera homme, il naîtra, il parlera, il mourra, il ressuscitera, il montera aux cieux, il entrera dans le tabernacle de Dieu, il versera sur les hommes les trésors de vie surnaturelle qu'il leur a mérités. La deuxième condition nous concerne, nous qui sommes contenus dans ce dessein premier, dans ce programme de la volonté de Dieu : c'est que nous entrions en contact réel avec le Seigneur, avec sa vie, avec le trésor de sainteté et de grâce qui est en lui.

Ce sont les actes sacramentels qui forment premièrement cette suture historique de notre vie individuelle avec la vie du Seigneur ; par eux la vie dii second Adam devient la nôtre. Sans doute, selon la parole de l'Apôtre, nous avons été justifiés, sanctifiés, purifiés une fois pour toutes, par l'unique sacrifice du Seigneur. Mais enfin, cette justification n'est encore que virtuelle, et ne nous atteint réellement que lorsque, par des actes personnels, nous venons en contact, et rejoignons, au delà des siècles et des années, cet unique sacrifice qui efface les péchés au lieu de les rappeler seulement. Lorsque nous sommes baptisés, dit l'Apôtre, c'est dans la mort de Notre-Seignêur Jésus-Christ que nous sommes baptisés : c'est ainsi que le Seigneur nous devient sagesse et justification et rédemption. L'acte de notre baptême nous fait rétrograder de dix-neuf ou vingt siècles, et plonge notre vie en la mort et en la résurrection du Seigneur. Il nous inocule ainsi le bénéfice de cette mort au péché, et de cette vie du Christ, qui, une fois sorti d'entre les morts, ne meurt plus, la mort n'ayant plus sur lui d'empire. C'est vraiment par le sacrifice

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