LES DISCOURS DE SAINT PIERRE ET DE SAINT JACQUES
« Convenemntque Apostoli et seniores videre de verbo hoc. 7 Cum autem magna conquisitio jieret, surgens Petrus dixit ad eos : Viri fratres, vos scitis quoniam ah antiquis diebus Deus in nobis elegit, per os meam audire Génies verbum Evangelii, et credere. s Et qui novit corda Deus, testimonium perhibuit, dans illis Spiritum sanctum, sicut et nobis; ^ et nihil discrevit inter nos et illos, fide purificans corda eorum. ^^ Nunc ergo quid tentatis Deum, imponere jugum super cervices discipulorum, quod neque patres nostri, neque nos portare potuimas ? ^^Sed per gratiam Domini fesu Christi credimus salvari, quemadmodum et illi. 12 Tacuit autem omnis multitudo : et audiebant Barnabam, et Paulum narrantes quanta Deus fecisset signa, et prodigia in Gentibus per eos. is Et postquam tacuerunt, respondit Jacobus, dicens: Viri fratres, audite me. "^^ Simon narravit quemadmodum primum Deus visitavit sumere ex Gentibus populum nomini suo. 15 Et huic concordant verba Prophetaram, sicut scripium est : 16 Post haec revertar, et reaedificabo tabernaculum David, quod decidit : et diruta ejus reaedificabo, et erigant illud : 17 ut requirant ceteri hominum Dominum, et omnes gentes, super quas invocatum est nomen meum, dicit Dominas faciens haec. is Notum a saeculo est Domino opus suum. ^^Propter quod ego judico non inquietari eos, qui ex Gentibus convertuntur ad Deum, 20 sed scribere ad eos ut abstineant se a contaminationibas simulacrorum, et fornicatione, et suffocatis, et sanguine. 21 Moyses enim a iemporibus anti-
quis habet in singulis civitatibus qui eum praedicent in syna- ■gogis, iibi per omne sabbatum legitur.
Une réunion, nous dirions aujourd'hui un comité de tout l'élément hiérarchique de l'Eglise, apôtres et anciens, s'assembla pour délibérer sur ce point. La délibération fut longue et, attendu l'état des esprits, la discussion fut vive. Elle se termina sur un discours de saint Pierre qui rappelle brièvement l'initiative prise autrefois par lui-même sur l'ordre de Dieu (Act., X). Dix ans peut-être s'étaient écoulés depuis lors, mais la communauté de Jérusalem n'avait pas perdu le souvenir d'un fait qui l'avait alors si fortement émue.
Vous le savez, mes frères, dit-il, il y a déjà de longs jours que Dieu m'a choisi parmi vous et a confié à mes lèvres la charge d'annoncer aux Gentils la parole de l'Evangile et de les amener à la foi. Et lui qui lit dans les cœurs et connaît l'intime, a lui-même rendu témoignage à^ leur foi et à leur justification en répandant sur eux son Esprit comme il avait fait sur nous. Ainsi n'a-t-il point distingué entre eux et nous ; par la seule foi il a purifié leurs cœurs. C'est Dieu lui-même qui nous l'a montré, et qui leur a donné toute la plénitude de sa grâce, en dehors de la loi et de la circoncision. Pourquoi aujourd'hui démentir Dieu, se mettre en travers de sa pensée, et imposer aux épaules des fidèles un joug pesant, le fardeau de toute cette loi que ni nous, ni nos pères n'avons été à même de porter ? N'est-ce .pas par la grâce de Notre- Seigneur Jésus-Christ, par notre union à lui, par la faveur de Dieu qui ne distingue plus entre nous et lui, par un même procédé gracieux, la foi, que nous avons confiance d'obtenir, eux et nous, la même justification et le même salut ?
Saint Paul dut reconnaître sa chère doctrine dans cet admirable exposé par lequel le Prince des apôtres dirimait toute la question. Toutes les contestations cessèrent, du moins sur l'heure ; la cause gagnée doctrinalement par la décision de saint Pierre, allait triompher sur le terrain pratique, lorsque saint Paul et saint Barnabe rapporteraient tout ce que