EXEMPLE D'ABRAHAM
etiam praeter tempus aetatis : quoniam fidelem credidit esse eum, qui repromiserat. 12 Propter quod et ab uno orti sant (et hoc emortuo) tamquam sidéra caeli in maltitudinem, et sicui arena, quae est ad oram maris, innumerabilis. i3 Juxta fidem defuncti sunt omnes isti, non acceptis repromissionibus, sed a longe eas aspicientes, et salutantes, et confitentes quia peregrini, et hospites sunt super terram. ^^Qai enim haec dicunt, significant se patriam inquirere. is Et si quidem ipsius meminissent de qua exierunt, habebant utique tempus revertendi. ^^ Nunc autem meliorem appetunt, id est, caelestem. Ideo non confunditur Deus vocari Deus eorum : paravit enim mis civitatem. i7 Pid^ obtulit Abraham Isaac, cum tentaretur, et unigenitum offerebat, qui susceperat repromissiones ; is ad quem dictum est : Quia in Isaac vocabitar tibi semen : i9 arbitrans quia et a mortuis suscitare potens est Deus : unde eum et in parabolam accepit.
Des patriarches qui ont précédé le déluge, nous passons à des noms et à des exemples qui devaient faire tressaillir le cœur des Juifs, tant ils appartenaient à leur histoire. Abraham et la foi sont presque synonymes : Abraham est le père des croyants : c'est à propos de lui qu'a été prononcée la parole fameuse, dont l'Apôtre ailleurs a tiré un si grand parti : credidit Abraham Deo, et reputatum est illi ad justitiam (Rom., IV, 3). Aussi au lieu d'une mention rapide, saint Paul s'arrêtera avec complaisance à l'exemple d'Abraham : c'est de lui qu'il sera parlé depuis le v. 8 jusqu'au v. 20. La conduite du Patriarche devait en effet être décisive pour ceux à qui s'adressait l'Apôtre.
Au v. 8, la traduction de la Vulgate courrait risque de nous induire en erreur. Erreur vénielle, d'ailleurs. Elle nous dit : Fide qui vocatar Abraham : soit en faisant allusion à la célébrité de son nom, qui est, nous le disons, synonyme de foi héroïque (Rom., IV) ; ou même en faisant allusion à ce nom d'Abraham, pater multarum gentium, qui a été substitué en lui au nom d'Abram, pater excelsus. Mais le texte
grec ne semble pas se prêter à cette interprétation. L'Apôtre ne fait pas allusion au nom d'Abraham, mais relève simplement la promptitude de son obéissance à l'appel de Dieu. Abraham s'est rendu sur l'heure et sans hésiter à la voix divine. Le texte sacré (Gen., XII, 1 ) souligne avec une évidente intention tout ce qu'il devra abandonner : sa patrie,, sa parenté, sa famille, toutes choses qu'il- connaît et dont il jouit. Mais, de la terre où il devra se rendre, il ne sait rien. Dieu ne lui en parle pas. Abraham «obéit néanmoins : la foi est principe de confiance, principe d'obéissance, principe d'abandon. Veni in terrain quam monstrabo tibi. Il est dit : Veni. Le Patriarche ne sera pas seul : la teneur même de la vocation sous-entend que Dieu sera avec lui, qu'il sera avec Dieu, dans le trajet, et dans la terre de la Vision. Dès lors Tobéissance du Patriarche est empressée : il n'a d'attachement que pour Dieu. Il n'est que foi. Il sort de la Chaldée, et sur la parole de Dieu, se met en marche vers la terre que sa postérité, et non pas lui, possédera en héritage, quatre cents ans après lui. Et de cette foi héroïque, non pas aveugle, mais admirablement éclairée, et qui s'abandonne à Dieu, nul ne lui a donné l'exemple. Qui donc lui en a enseigné le secret ?
Après l'avoir fait sortir de son pays, après lui avoir montré la terre prédestinée, cette terre qui était, à lui de droit. Dieu ne lui en donne rien. En propriété, dit saint Etienne, il n'en posséda pas un pied de terre : nec passum pedis. Au bout de quatre siècles seulement, la terre sera donnée à sa postérité : en attendant, il mènera sa vie nomade, ne demeurant dans la terre de Chanaan, lui, l'héritier de la promesse, qu'à titre d'étranger et par tolérance. Isaac, son fils, Jacob, son petit-fils, comme lui habiteront sous la tente, comme des passants vulgaires, comme des voyageurs d'un jour. De même que sa foi, l'espérance d'Abraham est héroïque. Pourquoi eût-il souhaité quelque chose sur terre, lui qui attendait la Jérusalem céleste, la ville qui est fondée pour l'éternité ? Il lui était si indifférent, dans cette espérance, de n'avoir sur terre aucune région qui fût réellement à lui, sa pensée de-