‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 575 sur 663 · UNANIMITÉ DANS LA FOI · texte numérisé non relu

UNANIMITÉ DANS LA FOI

njtes, Philistins, Ammonites, Moabites, Amalécites, fait régner l'ordre et la justice avec Samuel et David, obtient l'accomplissement des promesses immédiates, l'extension du royaume, le sceptre assuré à la postérité de David.

Au lieu de fide, le texte porte dorénavant per fidem, la foi étant ici regardée comme le moyen et l'instrument de toutes les victoires. En effet, c'est par elle et l'attachement à Dieu que les justes ont échappé aux périls les plus variés, fermant la gueule des lions comme David et Daniel, échappant à la violence des flammes comme les enfants de Babylone, au tranchant de l'épée comme David, comme Elie et Elisée (III Reg., XIX ; IV Reg., VI). ^

Enfin, c'est la même foi qui a donné aux justes, après l'exil, de renouveler leur vigueur guerrière, et de triompher, malgré leur faiblesse, de tous les ennemis, de mettre en déroute, comme les Machabées, les armées païennes assemblées contre eux.

L'allusion à ces vaillants amenait naturellement le souvenir de la foi héroïque de la mère des Machabées (II Mach., VU). Mais pour le relever encore, il a plu à l'Apôtre de le mettre en opposition avec des faits plus anciens.

La foi de la veuve de Sarepta (III Reg., XVII, 17) et de la Sunamite (IV Reg., IV, 17) avait obtenu autrefois le retour à la vie de leurs enfants : elle est héroïque sans doute la foi qui obtient la vie miraculeuse ; mais de beaucoup plus admirable est la foi qui consent à la mort, tant elle est sûre de vivre, et volontairement renonce à la vie mortelle, livre le corps aux supplices, dans l'espoir d'une résurrection qui l'affranchira définitivement de la mort.

Nous avons le spectacle non plus seulement de la foi qui agit, mais de la foi qui souffre ; ce sont des justes qui endurent les mépris, la douleur, la captivité, la prison, lapidés, sciés en deux parts, épuisant la variété des tourments, livrés au glaive. Et alors même que les souffrances n'allaient pas jusqu'à leur arracher la vie, nulle terre ne leur offrait un refuge, ils étaient errants çà et là, sous des peaux de brebis

OU de chèvre, sans ressource, sans repos, sans consolation : le monde qui n'était pas digne d'eux, les méconnaissait et les bannissait de son sein, ne leur laissant d'autre abri que la solitude, les gorges, les cavernes des montagnes.

Cette énumération effrayante courait le risque de produire, dans l'esprit des Juifs à qui s'adressait l'Apôtre, un effet diamétralement opposé à son intention. Il voulait encourager et soutenir, et l'énumération complète de tous ceux qui avaient jusque, là souffert pour Dieu était de nature à effrayer les" âmes qu'il voulait relever, si sur la fin il n'avait employé un encouragement décisif. Sainte Thérèse avait ses hardiesses avec le Seigneur. Un jour qu'elle avait eu à endurer plus que de coutume, elle s'échappa à lui dire : « Il n'est pas étonnant que vous ayez peu d'amis, Seigneur : vous leur faites la vie si dure. » N'était-il pas à craindre que la boutade de Sainte Thérèse ne vînt à l'esprit de ceux qu'on encourageait à la foi par le spectacle de tout ce qu'avaient enduré les justes ?

L'un après l'autre tous ces héros de la foi ont témoigné de la promesse de Dieu ; leur héroïsme pourtant ne leur a rien assuré de définitif : ils n'ont fait que saluer de loin la promesse de Dieu. Mais pourquoi ces lenteurs de Dieu, pourquoi s'est-il dérobé si longtemps à une telle foi et à une telle espérance ?

C'est en vertu d'une disposition divine, toute de tendresse envers nous, et à raison d'une bienveillance plus haute que celle témoignée aux patriarches (I Petr., I, 10-12). La consommation des saints, et leur union à Dieu ne devait pas se faire par à coup, par morceaux, par étapes. Pour la gloire du Seigneur, et afin de montrer que nous sommes recueillis •et ramassés en lui, ce ne serait qu'après l'achèvement de l'œuvre du Christ, après sa descente aux enfers, après son Ascension, après qu'il serait allé porter dans l'éternité la rançon de l'humanité, entrant le premier dans le tabernacle et semant ensuite les dons surnaturels sur l'humanité nouvelle,

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