LA SAINTE EUCHARISTIE
8 Jésus Christus heri, et hodie : ipse et in saecula. » Doctrinis variis, et peregrinis nolite abduci. Optimum est enim gratia stabilire cor, non escis : quae non profuerunt ambulantibus in eis. ^^ Habemus altare, de quo edere non habent potestatem, qui tabernaculo deserviunt. n Quorum enim animalium infertur sanguis pro peccato in Sancta per pontificem, horum corpora cremantur extra castra. 12 Propter quod et Jésus, ut sanctificaret per suum sanguinem populum, extra portam passus est. ^^ Exeamus igitur ad eum extra castra, improperium ejus portantes. ^^Non enim habemus hic manentem civitatem, sed futur am inquirimus. is Per ipsum ergo offeramus hostiam taudis semper Deo, id est, fructum labiorum confitentium nomini ejus. 16 Beneficentiae autem, et communionis nolite oblivisci : tàlibus enim hostiis promeretur Deus.
Et comme la mort de ceux qui ont apporté l'Evangile, exercé l'autorité, guidé les âmes peut déterminer une part d'inquiétude douloureuse, l'Apôtre porte les yeux des fidèles
sur celui qui ne meurt pas ; c'est à lui que notre foi nous attache. Les hommes ne sont que les anneaux successifs de cette chaîne qui nous unit au Seigneur directement. Ils peuvent mourir ; il en est un qui demeure, qui était hier, qui est aujourd'hui, toujours le même, qui sera aux^ siècles des siècles. C'est à lui que nous sommes attachés par notre foi. En même temps que cette immutabilité du Christ nous rassure au milieu même de la disparition des docteurs, elle nous affranchit de la variété des doctrines. Le Seigneur n'est pas seulement un docteur, il est en lui-même la doctrine, la doctrine plénière et immuable, toujours suffisante (Eph., IV, 11-15). Les théories, les systèmes, les adaptations, les syncrétismes, les éclectismes, les contrefaçons nous viennent de partout. Et toutes ces doctrines ne s'entendent réellement ni avec la doctrine du Christ, ni entre elles. A quel titre nous laisserions-nous entraîner par tous les dires humains ? Ne les écoutons même pas, ne les lisons pas.
En même temps que le contraste ainsi établi entre l'unité immuable du Christ et l'inconsistante variété des doctrines humaines, l'Apôtre nous signale le danger de glissement et de dérive qui, à notre insu, lorsque nous écoutons et lorsque nous lisons, nous entraîne à composer avec des doctrines menteuses, mais parfois insinuantes et ingénieuses dans leur mensonge.
A première vue, il est difficile de voir aucune continuité entre les deux portions du v. 9 : Doctrinis...et : Optimum est. Evidemment il y a des discontinuités et des transitions brusques chez l'Apôtre ; encore ne faut-il pas les supposer, ni les multiplier. L'Apôtre parlait intelligemment, et sa pensée est moins heurtée que sa parole. En tout cas, c'est à nous de retrouver, lorsque c'est possible, dans la pensée intime de l'Apôtre, les sous-enteiidus qui en rétablissent la parfaite unité. Ecartons l'idée que l'Apôtre ait voulu ici songer aux viandes impures dont il a parlé aux Romains et aux Corinthiens, mais dont il n'y avait pas lieu de parler aux Hébreux. Par ailleurs il ne semble pas que l'on puisse, en recourant au