DÉPART DE PAUL ET DE SILAS
que plusieurs s'y sont mépris, que cette décision mémorable du concile de Jérusalem n'affecte que les seuls convertis venus de la gentilité. Même après qu'elle est intervenue, Juifs convertis, prosélytes convertis demeurent en possession de leurs usages antérieurs. Les coutumes juives ne sont pas proscrites; elles s'élimineront peu à peu sous l'influence de ce principe de liberté qui, une fois proclamé, ne s'arrêtera plus.
36 Post aliquot aatem dies, dixit ad Barnabam Paulus : Revertenies visitemus fratres per universas civitates, iti quitus praedicavimus verbum Domini, quomodo se habeant. sr Barnabas autem volebat secum assumere et Joannem, qui cognominabatur Marcus. ^^ Paulus autem rogabat eum (ut qui discessisset ab eis de Pamphylia, et non isset cum eis in opus) non debere recipi. s» Fada est autem dissensio, ita ut discederent ab invicem, et Barnabas quidem assumpto Marco, navigaret Cyprum. ^^ Paulus veto electo Sila profectus est, traditus gratiae Dei a fratribus. 4i Perambulabat autem Syriam, et Ciliciam, confirmans Ecclesias : praecipiens custodire praecepta Apostolorum, et seniorum.
Mais le séjour à Antioche et le travail à demeure ne permettaient pas à saint Paul d'oublier ses convertis plus lointains ; il est facile de comprendre que les discussions récentes avaient encore doublé son ardeur de conquête. Au bout de quelques temps il s'adressa à Barnabe : Allons voir, dans les villes où nous avons prêché, comment vont nos frères. Barnabe y consentit, mais comme la première expédition apostolique i avait pris Jean Marc comme tiers et comme aide, Barnabe voulut le reprendre encore. II avait l'âme bonne et oubliait, dans un grand sentiment de mansuétude, comment Jean Marc, qui était son parent, s'était autrefois dérobé à l'entrée de l'Asie-Mineure. Saint Paul, lui, s'en souvenait ; d'autant plus peut-être, comme on l'a supposé, qu'il avait été plus directement cause de cet abandon. Déçu une fois, il avait perdu ce sentiment si précieux, la confiance et la sécu-
rite. II y eut contestation, et les deux apôtres n'arrivant pas à s'entendre se séparèrent : Barnabe avec Jean Marc se rendit en l'île de Chypre. En attendant Timothée, Paul trouva un compagnon dans la personne de Silas. Les vœux de la communauté le confièrent une fois de plus à la grâce du Seigneur. Il sortit d'Antioche par la voie de terre, parcourut la Syrie et la Cilicie, affermissant les Eglises par sa parole. Ainsi commence sa deuxième expédition, d'un rayon beaucoup plus étendu que la première : elle embrasse la Syrie, la Cilicie, les chrétientés formées déjà en Galatie, traverse l'Asie-Mineure, aborde en Europe, évangélise la Macédoine, Athènes, Ephèse, pour revenir, par la Palestine et Césarée, s'achever comme la première à Antioche (Act., XV, 40-XVIII, 22).