‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 599 sur 663 · PRÉTENDUS DOCTEURS · texte numérisé non relu

PRÉTENDUS DOCTEURS

de l'épître à Tite (I, 14) nous aide à préciser le sens exact du texte que nous lisons ici, en nous montrant que c'est bien de la loi juive qu'il est question, telle qu'elle avait été mise en menues prescriptions et en prohibitions de détail depuis la captivité ; telle aussi sans doute qu'elle avait été altérée par des additions gnostiques.

A entendre ces docteurs, on n'avait rien compris jusqu'à eux. Ils étaient les vrais organes intelligents de la loi, et les scribes nouveaux d'un judaïsme mieux entendu. Mais, en réalité, ils ne savent ni ce qu'ils disent, c'est-à-dire leurs propres théories, ni les questions sur lesquelles ils prononcent témérairement. Ce titre de docteurs de la loi qu'ils se décernent, et la suffisance familière à ceux qui se croient en possession d'une pensée plus haute, vont fournir à l'Apôtre l'occasion de rappeler quelques vérités utiles sur la loi.

Là où ils disent : la loi ! nous disons, nous : l'Evangile 1 Nous n'ignorons pas que la loi est chose bonne, qu'elle vient de Dieu, qu'elle est l'expression de la justice réclamée par lui. Encore faut-il savoir l'entendre, cette loi, et savoir que la charité la résume et la contient toute. Car, la loi, avec son système de prohibitions et de contraintes, n'est pas faite pour ceux qui ont été régénérés en Notre-Seigneur Jésus-Christ et se laissent conduire par son esprit (Rom., VI, 10-19 ; I Joan., III, 4-10). D'après la doctrine de saint Paul et de saint Jean, les chrétiens sont réédités en Notre-Seigneur Jésus-Christ. La loi n'est pas faite pour eux : non que les œuvres de la loi cessent de leur être prescrites ; mais parce qu'ils accomplissent toute l'œuvre de la loi sous l'influence intérieure, spontanée, vivante, à laquelle ils obéissent. La loi, avec le catalogue des crimes et des prohibitions qu'elle contient, avec l'élément de contrainte qu'elle implique, est faite pour d'autres : pour les rebelles et les insoumis : n'est-ce pas à ceux-là qu'il faut rappeler la loi puisqu'ils l'oublient ? Aux parricides «t aux homicides, aux luxurieux et aux impurs, aux violateurs de la liberté d'autrui, aux menteurs et aux parjures : en un mot, à ceux dont la vie est en opposition avec la saine doc-

trine, tout entière contenue dans l'Evangile de gloire du Dieu de béatitude, évangile qui m'a été confié par lui.

L'Evangile est la seule doctrine qui assure la santé de l'âme, celle qui élimine les erreurs orientales et dépasse l'œuvre chétive de la loi.

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