‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 618 sur 663 · OFFICE DES DIACRES · texte numérisé non relu

OFFICE DES DIACRES

Après les prêtres et i'évêque viennent les diacres et les diaconesses. Ces auxiliaires du prêtre sont de la toute première heure dans l'Eglise : nous nous souvenons encore des circonstances de la création des diacres (Act, VI). Et les diaconesses formaient, elles aussi, un groupe distinct, aidant les prêtres et I'évêque en tout ce qui concernait les personnes de leur sexe, là surtout où la décence l'exigeait impérieusement.

Les diacres d'abord. Conformément à ce qui vient d'être dit, car les conditions sont partiellement les mêmes, les diacres seront de mœurs graves, leur office leur en fait une loi : sincères dans leur parole, non adonnés au vin, étrangers à la cupidité. Le désintéressement était rigoureusement requis dans une charge où l'on distribuait des aumônes au peuple chrétien. En un mot, il leur faut porter le mystère de la foi dans une conscience pure. Qu'est-ce à dire ? S'agit-il de l'Eucharistie dont le diacre était le ministre? Cela est peu probable, malgré l'insertion dans la formule de consécration de la parenthèse : mysterium fidei. Il me semble plutôt qu'il s'agit ici de l'ensemble des vérités de la foi, révélées de Dieu, ou du mystère du Christ qui les contient toutes. Ce n'est pas la première fois (cf." I, 19) que nous voyons l'Apôtre associer la foi et la conscience, qui en effet s'appuient et s'entr'aident mutuellement.

On s'entourera de garanties avant de conférer le diaconat : les candidats seront éprouvés d'abord et pris à l'essai, puis deviendront comme diacres les auxiliaires du prêtre, dès qu'on sera assuré de leur vie sans reproche. Les grands séminaires n'existaient pas : une éducation, une sélection attentive étaient indispensables, si on voulait assurer la dignité du ministère des âmes.

Il est ensuite question des femmes, yuvarxaç, mulieres ; mais ce ne sont les femmes ni des diacres, ni des prêtres avant leur ordination, ni les femmes en général dont la mention serait extraordinaire dans un règlement d'offices ecclésiastiques : il convient de lire comme s'il y avait diaconissas. Ce ne sont

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pas les femmes des diacres, à cause de yjvarxaç pris au sens absolu : il n'y a pas yuvaùaç aù^wv; à cause de l'expression wo-a-jTw;, similiter, qui requiert analogie et assimilation entre les deux groupes de diacres et de diaconesses, quant aux offices et quant aux vertus ; à cause encore du v. 12, où il est question de l'épouse du diacre, mais de façon sommaire et sans lui donner d'importance ; enfin parce que les diaconesses formaient alors nécessairement un groupe dans la hiérarchie ecclésiastique, auquel fait allusion saint Paul (Rom., XVI, 1) et dont Pline le Jeune a parlé dans sa lettre à Trajan, A part ce passage, leur situation ne serait pas définie. Le fait qu'au V. 12 l'Apôtre retourne aux diacres sans transition, loin de s'opposer à la parenthèse du v. 11, montre bien qu'il y a analogie entre les deux groupes chez qui l'Apôtre réclame les mêmes vertus, à raison du même office.

Les diaconesses devront donc être de mœurs graves et dignes ; non portées à la détraction : sans cela, elles sèmeront la zizanie dans les âmes ; sobres et vigilantes ; fidèles en toutes choses, parce qu'elles ont, elles aussi, à distribuer les aumônes. L'expression générique de yuvaîxaç est ainsi limitée par les exigences du texte à un groupe ecclésiastique déterminé.

Cette parité de fonctions, communes aux diacres et aux diaconesses, permet à l'Apôtre de revenir aux diacreo et aux conditions qui président à leur choix, comme s'il n'y avait eu aucune interruption réelle. Au fond, mais nous ne voulons rien exagérer, on pourrait regarder le v. 12 comme comprenant et les unes et les autres. C'est d'ailleurs, et presque mot pour mot, ce qui, plus haut (versets 2 et 4), a été exigé du prêtre lui-même : l'unique mariage, car les secondes noces créent une irrégularité ; et le bon gouvernement de leur famille et de leur maison. Mais ce n'est pas une loi, ni qu'ils soient mariés, ni qu'ils aient des enfants et des serviteurs. On a l'air de plaisanter lorsqu'on fait de telles remarques, et pourtant elles sont indispensables pour écarter l'exégèse bizarre, selon

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