‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 621 sur 663 · LES REPAS CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

LES REPAS CHRÉTIENS

l'Apôtre a déclaré que toute créature est bonne, puisque tout est sorti de la main de Dieu.

Il y a, entre tous les êtres, amitié et fraternité, parce qu'il y a dépendance commune à l'égard de Dieu. Toute créature nous est parente, et la sagesse supérieure de saint François lui faisait traiter toute créature affectueusement. Mon frère le faisan, disait-il, mon frère le loup, ma sœur l'alouette, ma sœur la cigale, mon frère le feu, ma sœur l'eau, mon frère le soleil, ma sœur la maladie, ma sœur la mort. C'est de Dieu que les aliments ont reçu leur pouvoir et leur efficacité. Dieu les a mis à l'usage des fidèles, de ceux qui connaissent la vérité et rendent grâces à Dieu de son bienfait. Tout ce qui vient de lui est bon, les éléments matériels n'ont rien d'impur ni de souillé qui nous soit un motif de les repousser. Dieu même leur a donné l'efficace qui leur fait réparer l'usure de notre vie. Il n'y a de faute que dans l'ingratitude de l'homme qui néglige d'en remercier Dieu. Ils sont profanes si l'on veut, à raison de leur destination et de notre usage ; mais voici qu'ils sont sanctifiés et, par la bénédiction de Dieu que sollicite notre prière, adaptés à l'usage chrétien. Même chez les païens, le repas constituait un acte religieux : souvent il accompagnait le sacrifice, et sans doute, ce n'est pas sans raison que par deux fois, aux versets 3 et 4, l'Apôtre a fait allusion (p-sTà sûyap'.crTÎaç ) à la prière chrétienne.

Même au prix d'une légère digression, rappelons-nous la distribution de la journée des anciens, telle que les auteurs classiques nous l'ont dessinée. Elle suivait ces étapes : le travail, le bain, le repas. Après cela le repos. Nous avons, nous, encombré le jour de nos repas et de nos digestions. Il serait exagéré de dire qu'il n'y avait pour eux qu'un seul repas ; mais en dehors du repas du soir, la coena, oh prenait peu de nourriture : coenare de die avait mauvais renom, et retrancher quelque chose des heures de travail, solidus dies, même avec de joyeux compagnons comme Pompeius Varus, était, comme Horace s'en accuse, le fait d'un épicurien. Après le travail, après le bain, la famille et les amis se réunissaient

pour la coena, un acte vraiment religieux, précédé souvent d'un sacrifice, où la part du dieu avait été réservée, où la famille entière était censée communier à la victime sacrée. C'est même cette circonstance de la vie païenne qui a donné naissance, il nous en souvient, à un cas de conscience que l'Apôtre a rencontré souvent (I Cor., X, 25 ; Rom., XIV). La discrète allusion de l'Apôtre (p-e-tà eôyapt.<7'ïLcf.ç\ nous rappelle que la coena ou repas du soir, unissait à l'agape chrétienne la cène liturgique ou Eucharistie. (I Cor., XI, 17. Cf. la Didache, chap. X, et le VIP livre des Constitutions Apostoliques, chap, XLVII, XLVIII, XLIX).

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