‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 63 sur 663 · PRÉDICATION A PHILIPPES · texte numérisé non relu

PRÉDICATION A PHILIPPES

13 Die autem sabbatorum egressi sumus foras portam juxta flumen ubi videbatur oratio esse : et sedentes loquebamur mulieribus, quae convenerant. ^^Et quaedam mulier nomine Lydia, purpuraria civitatis Thyatlrenorum, colens Deam, audivit : eu jus Dominus aperuit cor intendere his, quae dicebantur a Paalo. is Cum autem baptizata esset, et damas ejas, deprecata est, dicens : Si judicastis me fidelem Domino esse, introite in domum meam et manete. Et coegit nos.

La ville de Philippes était située à l'extrême frontière de la Macédoine. Au souvenir de la victoire qu'il y avait remportée en 42 avant J.-C. contre Brutus et Cassius, Auguste avait fait de Philippes une colonie romaine,c'est-à-dire comme une portion de Rome à l'extrémité de l'empire, dont elle formait le boulevard extérieur. Operae pretium est diligentiam fnajorum recordari, qui Colonias sic idoneis in locis contra suspicionerh periculi collocarunt, ut esse non oppida Italiae

sed propugnacala imperii viderenfur (Cicéron, De Lege agraria, II, cap. XXVII). La ville de Philippes était peuplée en partie de vétérans : comme habitants de la colonie, ils avaient le titre de citoyens romains, et le droit, lorsqu'ils venaient à Rome, de voter dans la tribu où ils étaient inscrits.

Les ouvriers évangéliques eurent quelques jours de repos, avant le sabbat. Ce jour venu, ils sortirent de la ville, pour se rendre au lieu de réunion des Juifs. Là où les Juifs étaient trop peu nombreux ou trop pauvres pour se construire une synagogue, ils se ménageaient, hors de la ville, et de préférence le long d'un cours d'eau pour leurs fréquentes ablutions, un édifice ou un enclos, lieu de réunion, à qui Pon donnait le nom de izQo^szuyr^. Les termes dont saint Luc se sert sont d'une parfaite exactitude ; mais il faut les lire dans le grec : Et die sabbaforam exivimus extra portam, juxta flumen, ubi consueverat oratio esse ; (oratio, izpoazvyri : locus, aedes orationis). Quelquefois il n'y avait rien de plus qu'un lieu retiré, désigné pour la prière : TertuUien a fait allusion {Ad Nationes, I, 13) aux orationes littorales des Juifs, étrangères aux coutumes romaines. Arrivés à la-pocrsu-;^-/,, l'Apôtre et ses compagnons prennent place : peu de Juifs, peu de prosélytes, beaucoup de femmes. Dans les intervalles de la prière on s'entretient librement. Parmi ces femmes, il en était une, originaire de Thyatire, en Asie proconsulaire, établie à Philippes, marchande d'étoffes de pourpre, prosélyte, et attachée aux coutumes juives. Cette fois encore, le texte sacré rapporte à l'efficacité de la grâce intérieure et de la lumière surnaturelle, le bienfait de la conversion. Le Seigneur ouvrit le cœur de Lydia à la parole de saint Paul. Elle reçut le baptême, avec toute sa maison, et mena chez elle celui qui l'avait convertie. II semble que saint Paul ait refusé d'abord et que Lydia ait vivement insisté : « Vous m'avez estimée assez fidèle pour me donner le baptême, disait-elle ; pourquoi ne serais-je pas, chrétienne, digne de vous accueillir ? » II est à noter que l'Apôtre, très jaloux de la pauvreté apostolique, n'a consenti à être aidé matériellement de personne, si ce n'est

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