‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 64 sur 663 · PRÉDICATION A PHILIPPES · texte numérisé non relu

PRÉDICATION A PHILIPPES

des Philippiens qu'il eut en grande affection : frafres cfiarissimi et desideratissimi, dira-t-il plus tard (Phil., IV, 1).

Saint Luc ne nous dit pas quelle fut la durée du séjour à Philippes, mais seulement et avec la précision d'un témoin oculaire, l'incident qui y mit fin.

16 Factum est autem euntibus nobis ad orationem, puellam quamdam habentem spiritum pythonem obviare nobis, quae quaestum magnum praestabat dominis suis divinando. 17 Haec subsecuta Paulum, et nos, clamabat dicens : Isti homines servi Dei excelsi sunt, qui annuntiant vobis viam salutis. is Hoc autem faciebat multis diebus. Dolens autem Paulus, et conversus, spiritui dixit : Praecipio tibi in nomine Jesu Christi exire ab ea. Et exiii eadem hora. i9 Videntes autem domini ejus quia exivit spes quaestus eorum, apprehendentes Paulum, et Silam perduxerunt in forum ad principes ; 20 et afférentes eos magistratibus, dixerunt : Hi homines conturbant civitatem nostram, cum sint fudaei : 21 et annuntiant morem, quem non licet nobis suscipere, neque facere, cum simus Romani. 22 Et cucurrit plebs adversus eos : et magistratus, scissis tunicis eorum, jusserunt eos virgis caedi. 23 Et cum multas plagas eis imposuissent, miserunt eos in carcerem, praecipienfes custodi ut diligenter custodiret eos. 24 Qui cum taie praeceptum accepisset, misit eos in interiorem carcerem, et pedes eorum strinxit ligno.

La prédication se poursuivit paisiblement. A la différence des cités de la Galatie, l'élément juif était, à Philippes, trop faiblement représenté pour créer une opposition sérieuse à l'Evangile. Peut-être même la conversion de Lydia avaitelle valu quelque faveur à la nouvelle doctrine. C'est d'ailleurs que vint l'hostilité. Un jour de réunion ordinaire, les apôtres se rendaient, comme de coutume, au lieu de la prière, lorsqu'ils rencontrèrent une jeune esclave, devineresse et livrée à l'influence de l'esprit mauvais. Sa perspicacité diabolique et son don de seconde vue constituaient pour ses maîtres un

fructueux rapport. Au lieu de suivre son chemin, la petite esclave, obéissant à son démon familier, se joignit à saint Paul et à ses compagnons.. Et à l'exemple des démoniaques qui autrefois reconnaissaient dans le Seigneur le Christ et le Fils de Dieu, elle rendait, elle aussi, très exactement, témoignage aux prédicateurs de l'Evangile. « Ces hommes, disait-elle à haute voix, sont les serviteurs du Très-Haut, qui nous enseignent la voie du salut. » Ceci dura quelque temps. Après quoi, l'Apôtre, fatigué de cet importun témoignage, se retourna et s'adressant impérieusement à l'esprit mauvais : « Je t'ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir de cette femme. » Et il sortit à l'instant. Mais le miracle, qui rendait la liberté à l'esclave, tarissait pour ses maîtres la source de leurs bénéfices. Leur colère s'alluma ; ils se saisirent de Paul et de Silas, plus en vue et plus actifs que Luc et Timothée, et les traînèrent devant les duumvirs ou magistrats romains. Livrer le vrai motif qui leur faisait mettre en mouvement la justice romaine eût été grossier : ils prirent un détour, et exploitèrent contre Paul et Silas les mesures spéciales que Claude, sur la fin de 51 avait prises contre les Juifs (Act., XVIII, 2). Il y avait en effet gloire pour la colonie, une petite Rome, à copier la grande cité et à expulser de son sein . ceux que l'empereur avait chassés de la capitale : « Ces hommes-là, dirent-ils, troublent la ville. Ce sont des Juifs, et qui prétendent établir ici des coutumes que nous ne pouvons adopter. Car nous sommes des Romains, nous autres. »

Les Juifs avaient mauvaise réputation : la foule n'en voulut pas savoir davantage, et s'éleva avec violence contre eux. Il n'y eut pas de jugement : au milieu du tumulte, Pau) et Silas n'eurent pas le loisir de se réclamer de leur titre de citoyens romains ; les duumvirs, sans autre forme de procès, firent déchirer les vêtements des apôtres et les soumirent à une rude flagellation (II Cor., XI, 25 ; I Thess., II, 2). Il n'est pas dit que la flagellation romaine s'arrêta au trenteneuvième coup. Après quoi Paul et Silas sont jetés en prison; des recommandations spéciales sont adressées au gardien de

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