CONTRE LES BROUILLONS
juifs pour la plupart, demi-chrétiens dévoyés, à qui il faut fermer la bouche sans trop de pitié. Leur pensée est révolutionnaire. Leur rôle consiste à semer la discorde partout où ils pénètrent, à déchirer les familles, sous prétexte d'égalité et de fraternité : le tout, par esprit de lucre et pour un gain misérable.
Les chrétiens se sont laissé surprendre à ces méchantes doctrines ; ils écoutent avec faveur ces Spartacus au petitpied et méritent l'anathème que prononçait contre eux, six siècles avant le Christ, un de leurs poètes, Epiménide, Cretois lui-même, qui les connaissait bien et les a bien jugés, Cretois, race menteuse, sauvage, gourmande, paresseuse. Des trempes frustes et grossières ont besoin d'être traitées rudement. C'est à ce seul prix qu'elles comprennent. Pour les garder dans la foi et le bien, maintenez-les avec quelque vigueur. Détournezles soigneusement des rêveries judaïques que le syncrétisme gnostique avait accueillies avec faveur, comme aussi des prescriptions des faux ascètes qui n'ont rien de commun avec la vérité.
Contre ces tendances qu'il a réprouvées souvent et en particuHer dans son épître aux Colossiens (II, 21-22), l'Apôtre rappelle une fois de plus sa doctrine familière : tout est pur pour ceux qui sont purs. Toute créature de Dieu est bonne (I Tim., IV, 4-5), et, selon la parole du Seigneur, ce n'est pas ce qui entre en la bouche de l'homme qui peut souiller l'homme, mais seulement ce qu'il porte dans le cœur. Rien n'est bon, rien n'est mauvais que la volonté. Et ceux-là mêmes <\uî prononcent étourdiment sur l'impureté des choses, ah ! ce n'est pas aux choses qu'ils doivent s'en prendre : la souillure n'est qu'à l'intérieur, au fond de leur âme, et dans leur conscience. Sans doute, ils font profession de connaître Dieu, car c'est à eux, disent-ils, que Dieu a parlé ; mais leur vie blasphème ce Dieu qu'ils prétendent connaître : race abominable, révoltée, incapable d'aucun bien. C'est l'hostilité juive que l'Apôtre dénonce avec cette énergie.