BON ORDRE DANS LA COMMUNAUTÉ
1 Tu autem loquere quae décent sanam dodrinam : 2 Sénés ut sobrii sint, pudici, prudentes, sani in fide, in dilectione, in patie'ntia : ^ Anus similiter in habitu sancto, non criminairices, non multo vino servientes, bene docentes : 4 ut prudentiam doceant adolescentulas, ut viros suos ament, filios suos diligant, s prudentes, castas, sobrias, domus curam habentes, benignas, subditas viris suis, ut non blasphemetur verbum Dei : 6 Juvenes similiter hortare ut sobrii sint. ^ In omnibus teipsum praebe exemplum bonorum operum, in doctrina, in integritate, in gravitate, s verbum sanum, irreprehensibile : ut is, qui ex adverso est, vereatur, nihil habens malum dicere de nobis : 9 Servos dominis suis subditas esse, in omnibus placentes, non contradicentes, 10 non fraudantes, sèd in omnibus fidem bonam ostendentes : ut dodrinam Salvatoris nostri Dei ornent in omnibus.
L'ennemi de la société chrétienne une fois reconnu et désigné, la pensée se porte vers les diverses portions de la communauté : vieillards et jeunes gens des deux sexes, esclaves, afin d'assurer la paix chrétienne et la dignité de la vie. L'enseignement de Tite sera celui de la saine et généreuse doctrine. Aux vieillards, il rappellera les vertus de leur âge, la dignité et la sagesse : alors que les forces physiques chez eux déclinent, les énergies de la foi, de la charité, de la patiente espérance devront aller croissant.
Les aïeules, de leur côté, apprendront de la prédication chrétienne la gravité dans toute leur attitude extérieure, l'éloignement de toute contestation, la sobriété, l'amour du bien et la douceur persuasive qui apprendra aux femmes plus jeunes, à leurs filles et à leurs belles-filles, les vertus qui leur sont si
nécessaires : l'affection pour leur mari, le dévouement attentif à leurs enfants, la sagesse, la chasteté, l'amour du travail dans leur maison, la douceur, la déférence envers les autres, en un mot toutes les vertus qui peuvent orner une épouse chrétienne et épargner au Seigneur l'injure que provoqueraient inévitablement leurs défauts. Parfois, la femme était chrétienne, le mari ne l'était pas : l'erreur de l'épouse était imputée au Dieu qu'elle servait et à la vie chrétienne. C'est aux aïeuhs que l'Apôtre confie surtout le soin de leurs filles : il sera dès lors plus facile à Tite d'aborder directement les jeunes gens et de leur apprendre à se conduire avec mesure.
Ce qui sera pour l'ensemble de la communauté plus efficace que toute prédication, ce sera l'exemple donné par Tite lui-même et la sainte contagion qu'il portera autour de lui : il deviendra ainsi la norme et la règle vivante de tout son peuple. Son enseignement sera à ce point imprégné de dignité, de doctrine pure et sans tache, que l'ennemi, le païen restera confondu, ne trouvant dans sa conduite rien qu'il puisse reprendre.
La construction grammaticale demeure toujours ce qu'elle a été aux versets 2 et 3, et l'accusatif servos est toujours régi par elle. Bien des fois l'Apôtre a songé aux esclaves qui composaient la majorité dans l'empire romain et peut-être dans l'Eglise (I Cor., VII, 21-24 ; Eph., VI, 5-9 ; Col., III, 22-24). Nous avons appris de la première épître à Timothée le motif qui l'oblige une fois de plus à réclamer leur soumission. Au sein de l'esclavage grondait alors un sourd murmure de rébellion, auquel le principe d'égalité, d'unité dans le Christ et ce fraternité, perfidement interprété par plusieurs, apportait un dangereux appui. Les revendications s'armaient d'un motif religieux, et le christianisme courait le risque d'aider à la révolte. Pour les docteurs juifs, tout ce qui pouvait créer difficulté à un pouvoir politique détesté et sacrilège était- caressé avec joie. Devant ce péril, l'Apôtre fait une loi aux esclaves de s'incliner devant les volontés de leurs maîtres, sans élever de contestations ni trahir jamais leurs intérêts ; une loi de les