GARDER LA PURE DOCTRINE
8 Memor esto Dominum Jesum Christum resurrexisse a mortuis ex semine David, secundum Evangelium meum, 9 in quo laboro asque ad vincula, quasi maie operans : sed verbum Dei non est alligatum. '^^ Ideo omnia sustineo propîer electos, ui et ipsi salutem consequantur, quae est in Christo fesu, cum gloria caelesti. n Fidelis sermo : nam si commortui sumus, et convivemus : 12 si sustinebimus, et conregnabimas : si negaverimus, et ille negabit nos : is si non credimus, ille fidelis permanet, negare seipsum non potest. i* Haec commone : testiftcans coram Domino. Noli contendere verbis : ad nihil enim utile est, nisi ad subversionem audientium.
Comme ce sont les besoins du peuple fidèle et l'effort des doctrines d'erreur qui doivent guider la prédication évangélique ; en face du gnosticisme qui monte, les vérités qu'il faudra proclamer surtout seront celles que voudraient ruiner ou démentir toutes doctrines opposées à la création et ennemies de la matière, comme issue du mauvais principe. Aussi Timothée devra-t-il rappeler infatigablement au souvenir des chrétiens que le Fils de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, est né de la race de David, et qu'il est ressuscité d'entre les morts. Ce sont les affirmations premières du christianisme. Ce sont les vérités que j'enseigne ; c'est pour elles et à cause d'elles que je souffre et suis chargé de chaînes comme un malfaiteur : la parole de Dieu n'est pas enchaînée. Mes souffrances mêmes les font entendre, puisqu'elles en sont, aux yeux de tous, le seul motif. Eh ! Qu'importe toute souffrance pourvu que Dieu triomphe, pourvu que son étemel dessein s'accomplisse, pour-
VU que ses élus demeurent attachés au Christ Jésus, et, en lui, parviennent à la gloire éternelle. C'est aux mêmes sources et dans les mêmes convictions que l'Apôtre et son disciple puisent leur courage. (Fidelis sermo, une dernière fois). Car Va vérité chrétienne qui doit soutenir nos cœurs, c'est que nous sommes morts en lui, morts avec lui, que la mort corporelle qui nous menace n'est rien. En nous faisant mourir avec le Christ au jour de notre baptême. Dieu nous a fait déjà défier ce qu'on appelle la mort. Le baptême est un engagement au martyre. Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons avec lui. Si nous souffrons avec lui, nous régnerons avec lui. Notre cause est liée avec la sienne et nous ne faisons qu'un avec lui. Le renieir serait l'obliger à nous renier lui-même. Car si, en nous dérobant à lui, nous trahissions notre parole, lui ne saurait trahir la sienne. On le voit bien, cet avertissement e^t à double détente : il s'adresse aux chrétiens, mais il a ausôi pour dessein d'affermir l'âme inquiète de Timothée.
Rappelez tout cela aux fidèles, en les conjurant devant Dieu de renoncer aux disputes de mots et aux contestations vaines, à tout ce verbiage qui distrait de la réalité et ne peut qu'entraîner les âmes à l'erreur.