‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 651 sur 663 · VIGILANCE PASTORALE · texte numérisé non relu

VIGILANCE PASTORALE

erit vas in honorem sandificatum, et utile Domino, ad omne opus bonum paratum. 22 fuvenilia autem desideria juge, sectare vero justitiam, fidem, spem, charitatem, et pacem cum lis, qui invocant Dominum de corde puro. 23 Stultas autem, et sine disciplina quaestiones devita : sciens quia générant lites. ^'•^ Servum autem Domini non oportet Utigare : sed mansuetum esse ad omnes, docibilem, patientem, 25 cum modestia corripienfem eos, qui resistunt veritati : nequando Deus det illis poenitentiam ad cognoscendam veritatem, ^^ et resipiscant a diaboli laqueis, a quo captivi tenentur ad ipsius voluntatem.

Désormais, c'est personnellement à son disciple que saint Paul parlera. Appliquez-vous, lui dit-il, à devenir aux mains de Dieu un ouvrier vaillant, sans reproche, distribuant à tous, avec fidélité, le pain de la doctrine. Ecartez de l'Eglise et tenez à distance les semeurs de fables et d'idées profanes ; une indulgence imprudente les conduit jusqu'à l'excès de l'impiété, car leur parole s'étend comme la gangrène. A cette engeance de docteurs de perdition appartiennent Hyménée que nous connaissons déjà (I Tim., I, 20), et Philétus, dont nous ne savons que le nom et qui, sous la plume de l'Apôtre, remplace ici Alexandre (I Tim., I, 20). Alexandre aura sa mention plus tard (II Tim., IV, 14). Ce sont sans doute les chefs obscurs du gnosticisme d'alors, que l'Apôtre a sauvés d'un oubli plus complet en prononçant leur nom et en nous livrant leur pensée. Etrangers à l'Eglise, après avoir renoncé à la foi, ils empruntaient quelque chose à sa doctrine et enseignaient que la résurrection était accomplie déjà, sans doute par le seul baptême, et qu'il n'existait pas de résurrection des corps. Plusieurs déjà se sont laissé surprendre à cette doctrine.

En dépit de ces défections, l'Eglise, qui est la colonne et le fondement de la vérité (I Tim., III, 15), demeure stable sur sa base éternelle, portant gravée en elle comme un sceau divin cette devise : Dieu connaît les noms de ceux qui sont à lui, ils ne sauraient lui échapper. Car le sceau de Dieu implique propriété, propriété exclusive et, malgré l'idée de secret:

impliquée, elle aussi, dans le sceau, affectation et destination à la gloire de ce qui porte le sceau de Dieu. Sur le socle de cette même colonne, on lit aussi : Que tous ceux qui sont à Dieu se détournent de l'iniquité. En dépit des défections, est ainsi assuré le salut de tous ceux sur qui repose la bienveillance de Dieu, et qui lui gardent leur fidélité. Nous n'avons pas à nous scandaliser ni à nous étonner de certaines apostasies : l'épître aux Romains (IX, 21) nous a appris déjà que dans Une grande demeure, comme celle que constitue l'Eglise, il y a des vases d'or et d'argent ; il en est aussi en bois et en terre cuite ; les uns pour de dignes usages, les autres pour un usage vulgaire. Le discernement se fait par la fidélité de chacun. Ceux des chrétiens qui sauront nettement briser avec les doctrines perverses et leurs fauteurs, deviendront par là, sous la grâce de Dieu, des vases dignes, sanctifiés, utiles au maître de la maison, propres à toute bonne œuvre.

La pensée apostolique, après s'être écartée un instant, revient vers Timothée. Il était jeune encore : on était censé, dans l'antiquité, l'être longtemps. Tacite donne à Germanicus âgé de quarante ans le titre de juvenis. Timothée devra se garder de tout ce qui pourrait le déconsidérer et nuire à la dignité de sa fonction, éviter les divertissements auxquels se plaît la jeunesse : les juvenilia desideria ne font-ils pas songer à la corporalis exercitatio de la première lettre ? (I Tim., IV, 8). Il lui faudra cultiver en lui la justice surnaturelle, la foi, la charité, maintenir assidûment la paix avec tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur du fond de leur cœur : voilà ce qui doit remplir la vie de Timothée. Bannissons bien loin toutes les vaines et curieuses recherches, source ordinaire de discussions, puis de dissensions. Or,. le serviteur de Dieu n'a pas de temps à perdre ; au lieu de contester avec aucun, il devra être doux et bienveillant à l'égard de tous, parler sagesse, supporter avec patience, reprendre avec douceur ceux qui contestent encore avec la vérité : peut-

Page 1