‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 654 sur 663 · TESTAMENT DE L'APÔTRE · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE L'APÔTRE

1 Testificor coram Deo, et Jesu Christo, qui judicaturus est vivos, et mortuos, per adventum ipsius, et regnum ejus : 2 praedica verbum, insta opportune, importune : argue, vbsecra, increpa in omni patientia, et doctrina. s Erit enim tempus, cum sanam doctrinam non sustinebunt, sed ad sua desideria coacervabunt sibi magistros, prurientes auribus, ^ et a veritate quidem auditum avertent, ad fabulas autem convertcntur. 5 Tu vero vigila, in omnibus labora, opus fac evangelistae, ministerium tuum impie. Sobrius esto. 6 Ego enim jam delibor, et tempus resolutionis meae instat. "^ Bonum certamen certavi, cursum consummavi, fidem servavi. s In reliquo reposita est mihi corona justitiae, quam reddet mihi Dominas in illa die justus judex : non solum autem mihi, sed et iis, qui diligunt adventum ejus.

~0n a dit souvent, et nous avons dit avec beaucoup d'autres, que cette seconde lettre à Timothée formait le testament de l'Apôtre. C'est de ce dernier chapitre qu'il faut le dire surtout. Ce qui a précédé demeurait empreint de calme et de tranquillité : l'exhortation ne cessait pas d'être affectueuse et confiante. La pensée de l'Apôtre s'étendait avec liberté sur les devoirs de l'ouvrier évangélique. Un événement est-il survenu qui lui a fait pressentir la mort prochaine ? Un avertissement divin lui a-t-il laissé voir que les portes de l'éternité vont bientôt s'ouvrir devant lui ? Toujours est-il que le ton subitement s'élève et que l'accent devient pressant, solennel et grave.

Devant Dieu, devant Jésus-Christ le juge des vivants et des morts, au nom de sa révélation future et de son éternelle royauté, je vous conjure et vous prescris de faire entendre la

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parole sainte, d'insister à temps, et à contretemps ; affirmez, reprenez, corrigez, avec une persévérance infatigable dans la doctrine. Il viendra une heure, où des demi-chr-étiens regarderont comme irnportune la doctrine saine, celle qui corrige, qui guérit, qui nourrit, qui fortifie (ûrtaivoùo-o;), et , au gré de leurs convoitises, réclameront des docteurs qui leur chatouillent les oreilles, prendront en haine la vérité, et n'auront de goût qu'à des fables. Vous, soyez, vigilant et toujours attentif, laborieux, dévoué à votre oeuvre d'évangéliste, empressé à en remplir tous les devoirs. L'intérêt de l'Egîise, maintenant, repose sur vous. Pour moi, c'est fini : l'oblation est prête. L'heure de ma délivrance est proche. Aussi longtemps qu'il m'a été donné, j'ai combattu le bon combat, j'ai fourni ma course, j'ai gardé la foi.

Dans la pensée de l'Apôtre, garder la foi ne consiste pas seulement à garder en notre cœur, et en son intégrité, la vérité surnaturelle. Pour lui, la foi est un trésor divin que tout chrétien doit, non seulement protéger en son cœur, mais aussi défendre contre les assauts du doute, maintenir contre le travail sournois de l'immoralité, affirmer devant l'effort de la négation, accroître par la réflexion et l'étude, développer par l'exercice. La foi n'est pas un talent dont on ne fait rien : qui l'enfouit s'expose à tout perdre. La foi est surtout un dépôt sacré constitué aux mains des ouvriers évangéliques, à la garde des chefs de l'Eglise, pour être dispensé aux âmes dans sa plénitude. La doctrine de l'Evangile ne saurait ni se taire, ni s'amoindrir. Son efficacité même se mesure à son intégrité. Là où elle se diminue par un motif d'habileté, elle se fait humaine et se trahit. Les âmes peu à peu désaccoutumées de la source vivifiante, se creusent péniblement, selon la parole du prophète, des réserves trompeuses où l'eau ne tient pas. Et les mécréants eux-mêmes s'irritent comme d'une nouveauté, lorsque reparaît au grand jour la vérité importune dont les accents se sont fait oublier.

Mais ce n'est plus maintenant pour moi, achève l'Apôtre, l'heure de combattre et de courir. Ce qui me reste et à quoi

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