‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 79 sur 663 · EXHORTATIONS ET ENSEIGNEMENTS · texte numérisé non relu

EXHORTATIONS ET ENSEIGNEMENTS

1 De cetero ergo, patres, rogamas vos et obsecramus in Domino Jesu, ut quemadmodum accepistis a nobis, quomodo oporteat vos ambalare, et placere Deo, sic et ambuletis, ut abundetis magis. 2 Scitis enim qaae praecepta dederim vobis per Dominum Jesum. ^ Haec est enim volantas Dei, sancfificatio vestra : ut abstineatis vos a fornicatione-, 4 ut sciât unusquisque vestrum vas suum possidere in sanctificatione, et honore : s non in passione desiderii, sicut et Gentes, qaae ignorant Deum : 6 et ne quis super grediatur, neque circumveniat in negotio fratrem suum : quoniam vindex est Dominas de fus omnibus, sicut praediximus vobis, et testificati sumus. T Non enim vocavit nos Deus in immunditiam, sed in sanctificationem. ^ Itaque qui haec spernit, non hominem spernit, sed Deum : qui etiam dédit Spiritum suum sanctum in nobis,

L'Apôtre vient de nous le laisser entendre : il manquait quelque chose à l'éducation surnaturelle, doctrinale et pratique des Thessaloniciens. Les indications de Timothée, à son retour, peut-être même une lettre venant de Thessalonique, ont guidé la réponse de saint Paul.

Ses exhortations sont relatives d'abord à la pureté de la vie chrétienne (IV, 1-8), puis à l'exercice de la charité(9-12). Afin d'assurer à sa parole toute autorité, l'Apôtre non seulement prie et exhorte, mais il témoigne ne le faire qu'au nom du Seigneur Jésus dont il est, par sa mission apostolique, l'ambassadeur. Il invoque deux motifs : la volonté de Dieu, qui est souveraine ; et la condition personnelle où chaque fidèle est constitué par le baptême. Dans un sens très vrai,

chacun porte sa loi en lui. Nul adulte n'était baptisé sans avoir appris tout d'abord ce qu'il devait penser, et comment il devait ordonner sa vie afin de plaire à Dieu. Or le premier, on pourrait dire le seul devoir du chrétien, c'est la loyauté surnaturelle qui lui fait conformer sa vie pratique aux engagements contractés autrefois. « Vous vous souvenez, disait l'Apôtre, des prescriptions que nous vous avons transmises, qui viennent, non de nous, mais du Seigneur Jésus. Ce que Dieu demande de nous, qui sommes entrés dans la vie de son Fils, c'est la sainteté, la parfaite pureté morale, l'éloignement absolu de toute "luxure, la fidélité de chacun à garder son corps dans l'honrjeur et la consécration reçue : loin des impures convoitises auxquelles se livrent les nations qui ne connaissent pas Dieu. » L'antiquité païenne avait peu de souci des fautes charnelles, et la recommandation de l'Apôtre était infiniment opportune. Le terme de iropvsta dont il se sert, est générique dans sa pensée et enveloppe l'adultère comme la fornication. Aussi formule-t-il aussitôt la prescription de ne pas entreprendre sur les droits du prochain, de ne pas les violer par l'adultère. A dessein il ne parle qu'en termes délicats et voilés de ces crimes dont le nom même ne doit pas être prononcé parmi les chrétiens. Pour en détourner tout fidèle, le seul motif auquel l'Apôtre en appelle, c'est, avec la volonté de Dieu, la dignité, la réelle consécration impliquée par la vie chrétienne. Erubesce, caro, disait Tertullien, quae Christum induisîL Et le chrétien, lui aussi, a revêtu le Christ, il est devenu le temple de l'Esprit de Dieu. Celui donc qui méconnaît cette loi de pureté, et s'abandonne à sa convoitise grossière, ce n'est pas un homme, son frère, qu'il déshonore, c'est Dieu lui-même, qui nous a donné son Esprit pour habiter en nous. Nous ne faisons que traduire, réservant toute explication plus étendue pour l'heure prochaine oii l'Apôtre, au lieu de faire allusion simplement au mystère intérieur de la vie chrétienne, en exposera ex professa les grandes réalités : il nous suffit de constater, dès cette première heure de la littérature apostolique, que tout l'ensemble doctrinal de la

vie surnaturelle, l'union au Christ, l'inhabitation de son Esprit, tout est présent déjà à la pensée de l'Apôtre et comme condensé dans ces lignes rapides.

9 De charitate autem fraternitatis non neccsse habemus scribere vobis : ipsi enim vos a Deo dididstis ut diligatis invicem. 10 Etenim illud facitis in omnes fraires in universa Macedonia. Rogamus autem vos, fratres, ut abundetis magis,

11 et operam detis, ut quieti sitis, et ut vestrum ncgotium agatis, et operemini manibus vestris, sicut praecepimus vobis:

12 et ut honeste ambuletis ad eos, qui foris sunt : et nullius aliquid desideretis.

A cette recommandation de pureté se joint une indication relative aux œuvres de miséricorde et de charité par lesquelles on vient au secours de la détresse du prochain. Les Thessaloniciens y excellaient. Dieu qui est non seulement témoin de notre vie, mais aussi acteur dans notre vie, Dieu qui incline notre intelligence à la vérité, qui nous fait aimer notre devoir, qui guide intérieurement notre cœur, a enseigné aux Thessaloniciens cette loi de fraternité et de charité active qu'ils accomplissent envers tous les chrétiens de Macédoine, à Thessalonique et à Bérée. Ils ne méritent donc que des éloges et des encouragements. Thessalonique était riche et généreuse : il n'y avait pas lieu de décourager l'usage chrétien de la richesse. Peut-être nous est-il permis de supposer que les conditions faciles de la vie avaient entraîné chez plusieurs l'oisiveté ; et comme le désœuvrement et la fainéantise sont toujours mauvais conseillers, ils n'auraient pas tardé à grossir le nombre des agitateurs de métier, trop nombreux déjà, nous le savons, à Thessalonique. Aussi l'Apôtre est-il amené à donner, non aux riches, mais à ces désœuvrés qui vivaient de la richesse d'autrui, le conseil de s'appliquer à une vie paisible, de s'occuper de leurs affaires propres, de travailler de leurs mains, comme il leur a été recommandé déjà auparavant. C'est ainsi qu'ils se suffiront à eux-mêmes, et n'auront pas à mendier leur subsistance ; c'est ainsi sur-

tout que leur conduite sera édifiante et deviendra une prédication pour les païens eux-mêmes.

Après ces indications d'ordre pratique, l'Apôtre aborde une question doctrinale (IV, 13-V, 11).

13 Nolumus autem vos ignorare, fratres, de dormientibus, ut non contristemini sicut et ceteri, qui spem non habent.

14 Si enim credimus quod Jésus mortuus est, et resurrexit : ita et Deus . eos, qui dormierunt per Jesum, adducet cum eo.

15 Hoc enim vobis dicimus in verbo Domini, quia nos, qui vivinius, qui residui sumus in adventum Domini, non praeveniemus eos, qui dormierunt. le Quoniam ipse Dominus in jussu, et in voce Archangeli, et in tuba Dei descendet de caelo : et mortui, qui in Christo sunt, résurgent primi. i^ Deinde nos, qui vivimus, qui relinquimur, simul rapiemur cum illis in nubibus obviam Christo in aéra, et sic semper cum Domino erimus. ^^ Itaque consolamini invicem in verbis istis.

La prédication à Thessalonique a porté sur le Seigneur, sa royauté, le jugement qu'il exercera à la fin des choses. Même à Athènes Paul a mêlé la pensée de ce jugement à l'exposé d'ensemble de sa doctrine : nous ne tarderons pas à reconnaître que cette même pensée a dominé son enseignement à Corinthe (I Cor., XV). Tout cela était bien nouveau pour des intelligences païennes, et, la prédication de l'Apôtre à Thessalonique ayant été violemment interrompue, il était inévitable que des inexactitudes ou des indécisions se fussent produites sur des points de détail qu'il n'avait pas eu le loisir d'aborder. On ne doute pas de la résurrection à Thessalonique ; la question ne porte pas, comme à Corinthe, sur ce point essentiel, mais sur une circonstance assez menue du dernier acte temporel de la royauté du Christ. Depuis le passage de saint Paul à Thessalonique, quelques-uns de ses convertis avaient passé de vie à trépas. Au chagrin de les avoir perdus s'ajoutait pour leur famille et leurs proches, la tristesse de penser que cette mort prématurée leur avait ravi

l'avènement dernier 215

quelque chose des avantages assurés à ceux que l'avènement du Seigneur doit trouver en vie. Ces derniers, les vivants s'en iront avec le Seigneur, mais les autres ? Et, de plus, quand aura lieu cet avènement du Christ ? De ces deux questins, la première, celle relative à tous ceux qui meurent avant la venue du Seigneur, n'a conservé pour nous mil intérêt. Les siècles l'ont effacée : mais il faut bien que les âmes, à l'origine, en aient été préoccupées, pour que dans le fatras semiébionite des Recognitiones, (I, 52), saint Clément soit représenté posant à saint Pierre cette même demande : Si Christi regno fruentur hi quos justos invenerit ejas adventus, ergo qui ante adventum ejas defuncti sunt, regno penitus carebunt? (P. G., I, col. 1236, c). Saint Paul va répondre luimême à cette demande, et, à partir du chapitre suivant, à la curiosité, très éveillée alors, sur la date de l'avènement du Seigneur. *

Les Thessaloniciens ne doivent pas ignorer ce qui concerne leurs morts. On ne meurt pas. Ceux que nous appelons les morts ne font que dormir, et attendre dans leur sommeil le signal de Dieu. Nous n'avons pas à gémir sur eux comme font ceux qui n'ont pas l'espérance. Il ne nous est pas interdit de verser des larmes, mais nous savons bien, nous, que pour eux, tout n'est pas fini. C'est alors, au contraire, que tout commence. II en sera pour nous comme il en a été pour le Seigneur, en qui nous sommes et de qui nous répétons la vie. Ne craignons pas qu'il y ait pour nos chers morts un détriment, ni que le Seigneur à son avènement les délaisse pour s'en aller dans son éternité avec ceux-là seulement qu'il trouvera en vie. Non : puisque le Seigneur est mort et est ressuscité, ceux qui meurent dans le Seigneur Jésus paraîtront devant Dieu avec ce même Jésus à la vie de qui ils ont communié. « Et ceci, dit l'Apôtre, nous vous le disons, non comme le fruit de nos recherches, non comme le résultat de notre travail et de notre pensée, mais comme la vérité de Dieu même. Nous, les vivants, qui n'aurons pas goûté la mort avant l'avènement du Seigneur, nous n'aurons sur nos^

chacun porte sa loi en lui. Nul adulte n'était baptisé sans avoir appris tout d'abord ce qu'il devait penser, et comment il devait ordonner sa vie afin de plaire à Dieu. Or le premier, on pourrait dire le seul devoir du chrétien, c'est la loyauté surnaturelle qui lui fait conformer sa vie pratique aux engagements contractés autrefois. « Vous vous souvenez, disait l'Apôtre, des prescriptions que nous vous avons transmises, qui viennent, non de nous, mais du Seigneur Jésus. Ce que Dieu demande de nous, qui sommes entrés dans la vie de son Fils, c'est la sainteté, la parfaite pureté morale, l'éloignement absolu de toute luxure, la fidélité de chacun à garder son corps dans l'honneur et la consécration reçue : loin des impures convoitises auxquelles se livrent les nations qui ne connaissent pas Dieu. » L'antiquité païenne avait peu de souci des fautes charnelles, et la recommandation de l'Apôtre était infiniment opportune. Le terme de Tîopvsia dont il se sert, est générique dans sa pensée et enveloppe l'adultère comme la fornication. Aussi formule-t-il aussitôt la prescription de ne pas entreprendre sur les droits du prochain, de ne pas les violer par l'adultère. A dessein il ne parle qu'en termes délicats et voilés de ces crimes dont le nom même ne doit pas être prononcé parmi les chrétiens. Pour en détourner tout fidèle, le seul motif auquel l'Apôtre en appelle, c'est, avec la volonté de Dieu, la dignité, la réelle consécration impliquée par la vie chrétienne, Erubesce, caro, disait Tertullien, quae Christum induistl. Et le chrétien, lui aussi, a revêtu le Christ, il est devenu le temple de l'Esprit de Dieu. Celui donc qui méconnaît cette loi de pureté, et s'abandonne à sa convoitise grossière, ce n'est pas un homme, son frère, qu'il déshonore, c'est Dieu lui-même, qui nous a donné son Esprit pour habiter en nous. Nous ne faisons que traduire, réservant toute explication plus étendue pour l'heure prochaine oii l'Apôtre, au lieu de faire allusion simplement au mystère intérieur de la vie chrétienne, en exposera ex professa les grandes réalités : il nous suffit de constater, dès cette première heure de la littérature apostolique, que tout l'ensemble doctrinal de la

vie surnaturelle, l'union au Christ, l'inhabitation de son Esprit, tout est présent déjà à la pensée de l'Apôtre et comme condensé dans ces lignes rapides.

^ De charitate autem fraternitatis non neccsse habemas scribere vobis : ipsi enim vos a Deo didicistis ut diligatis invicem. 10 Etenim illud facitis in omnes fratres in universa Macedonia. Rogamus autem vos, fratres, ut abundetis magis,

11 et operam detis, ut quieti sitis, et ut vestrum ncgotium agatis, et operemini manibus vestris, sicut praecepimus vobis:

12 et ut honeste ambuletis ad eos, qui foris sunt : et nullius aliquid desideretis.

A cette recommandation de pureté se joint une indication relative aux œuvres de miséricorde et de charité par lesquelles on vient au secours de la détresse du prochain. Les Thessaloniciens y excellaient. Dieu qui est non seulement témoin de notre vie, mais aussi acteur dans notre vie, Dieu qui incline notre intelligence à la vérité, qui nous fait aimer notre devoir, qui guide intérieurement notre cœur, a enseigné aux Thessaloniciens cette loi de fraternité et de charité active qu'ils accomplissent envers tous les chrétiens de Macédoine, à Thessalonique et à Bérée. Ils ne méritent donc que des éloges et des encouragements. Thessalonique était riche et généreuse : il n'y avait pas lieu de décourager l'usage chrétien de la richesse. Peut-être nous est-il permis de supposer que les conditions faciles de la vie avaient entraîné chez plusieurs l'oisiveté ; et comme le désœuvrement et la fainéantise sont toujours mauvais conseillers, ils n'auraient pas tardé à grossir le nombre des agitateurs de métier, trop nombreux déjà, nous le savons, à Thessalonique. Aussi l'Apôtre est-il amené à donner, non aux riches, mais à ces désœuvrés qui vivaient de la richesse d'autrui, le conseil de s'appliquer à une vie paisible, de s'occuper de leurs affaires propres, de travailler de leurs mains, comme il leur a été recommandé déjà auparavant. C'est ainsi qu'ils se suffiront à eux-mêmes, et n'auront pas à mendier leur subsistance ; c'est ainsi sur-

tout que leur conduite sera édifiante et deviendra une prédication pour les païens eux-mêmes.

Après ces indications d'ordre pratique, l'Apôtre aborde une question doctrinale (IV, 13-V, 11).

13 Nolumus autem vos ignorare, fratres, de dormientibus, ut non contristemini sicat et ceteri, qui spem non habent.

14 Si enim credimus quod Jésus mortuus est, et resurrexit : ita et Deus eos, qui dormierunt per Jesum, adducet cum eo.

15 Hoc enim vobis dicimus in verbo Domini, quia nos, qui vivimus, qui residui sumus in adventum Domini, non praeveniemus eos, qui dormierunt. i6 Quoniam ipse Dominus in jussu, et in voce Archangeli, et in tuba Dei descendet de caelo : et mortui, qui in Christo sunt, résurgent primi. i7 Deinde nos, qui vivimus, qui relinquimur, simul rapiemur cum illis in nubibus obviam Christo in aéra, et sic semper cum Domino erimus. is Jtaque consolamini invicem in verbis istis.

La prédication à Thessalonique a porté sur le Seigneur, sa royauté, le jugement qu'il exercera à la fin des choses. Même à Athènes Paul a mêlé la pensée de ce jugement à l'exposé d'ensemble de sa doctrine : nous ne tarderons pas à reconnaître que cette même pensée a dominé son enseignement à Corinthe (I Cor., XV). Tout cela était bien nouveau pour des intelligences païennes, et, la prédication de l'Apôtre à Thessalonique ayant été violemment interrompue, il était inévitable que des inexactitudes ou des indécisions se fussent produites sur des points de détail qu'il n'avait pas eu le loisir d'aborder. On ne doute pas de la résurrection à Thessalonique ; la question ne porte pas, comme à Corinthe, sur ce point essentiel, mais sur une circonstance assez menue du dernier acte temporel de la royauté du Christ. Depuis le passage de saint Paul à Thessalonique, quelques-uns de ses convertis avaient passé de vie à trépas. Au chagrin de les avoir perdus s'ajoutait pour leur famille et leurs proches, la tristesse de penser que cette mort prématurée leur avait ravi

l'avènement dernier 215

quelque chose des avantagés assurés à ceux que l'avènement du Seigneur doit trouver en vie. Ces derniers, les vivants s'en iront avec le Seigneur, mais les autres ? Et, de plus, quand aura lieu cet avènement du Christ ? De ces deux quéstins, la première, celle relative à tous ceux qui meurent avant la venue du Seigneur, n'a conservé pour nous nul intérêt. Les siècles l'ont effacée : mais il faut bien que les âmes, à l'origine, en aient été préoccupées, pour que dans le fatras semiébionite des Recognitiones, (I, 52), saint Clément soit représenté posant à saint Pierre cette même demande : Si Christi regno fruentur hi quos justos invenerit ejus adventus, ergo qui ante adventum ejus defuncti sant, regno penitus carebunt? (P. G., I, col. 1236, c). Saint Paul va répondre luimême à cette demande, et, à partir du chapitre suivant, à la curiosité, très éveillée alors, sur la date de l'avènement du Seigneur. *

Les Thessaloniciens ne doivent pas ignorer ce qui concerne leurs morts. On ne meurt pas. Ceux que. nous appelons les morts ne font que dormir, et attendre dans leur sommeil le signal de Dieu. Nous n'avons pas à gémir sur eux comme font ceux qui n'ont pas l'espérance. Il ne nous est pas interdit de verser des larmes, mais nous savons bien, nous, que pour eux, tout n'est pas fini. C'est alors, au contraire, que tout commence. Il en sera pour nous comme il en a été pour le Seigneur, en qui nous sommes et de qui nous répétons la vie. Ne craignons pas qu'il y ait pour nos chers morts un détriment, ni que le Seigneur à son avènement les délaisse pour s'en aller dans son éternité avec ceux-là seulement qu'il trouvera en vie. Non : puisque le Seigneur est mort et est ressuscité, ceux qui meurent dans le Seigneur Jésus paraîtront devant Dieu avec ce même Jésus à la vie de qui ils ont communié. « Et ceci, dit l'Apôtre, nous vous le disons, non comme le fruit de nos recherches, non comme le résultat de notre travail et de notre pensée, mais comme la vérité de Dieu même. Nous, les vivants, qui n'aurons pas goûté la mort avant l'avènement du Seigneur, nous n'aurons sur nos.

frères défunts aucun avantage ni ne les devancerons auprès de Dieu. » Remarquons bien qu'en parlant de la sorte, en formant un groupe de tous ceux que l'avènement du Seigneur trouvera en vie, en se rangeant lui-même (15-17) et tous ceux à qui il parle dans le groupe des vivants, l'Apôtre n'a aucunement le dessein de se promettre que ni lui, ni les Thessaloniciens ses lecteurs, ne verront au cours de leur vie l'avènement du Seigneur : il serait puéril de le penser et d'entendre de la sorte l'enseignement apostolique. Son dessein est très précisément de répondre à la question de ses convertis, de montrer que les vivants n'auront sur les morts aucun avantage, sans cataloguer autrement ceux qui appartiendront au groupe des vivants, ou au groupe des morts. Les morts, ici, ce sont non seulement les quelques défunts dont Thessalonique chrétienne déplore le trépas, ce sont tous ceux .qui auront'goûté la mort avant l'avènement du Seigneur. Et les vivants, c'est dans la personne de l'Apôtre et des fidèles vivants pour l'heure, tout l'ensemble de ceux, quels qu'ils soient, que l'avènement du Seigneur trouvera en vie, c'est-à-dire la dernière génération humaine. Et si l'on veut bien y réfléchir, on reconnaîtra que l'Apôtre, pour dire clairement sa pensée, n'avait pas d'autre procédé que de désigner les morts par les morts, et les vivants des derniers jours du monde par les vivants d'aujourd'hui.

Et pour montrer que les vivants de cette heure dernière n'auront aucun avantage sur la longue série des morts qui les aura précédés, l'Apôtre nous décrit quelque chose des derniers jours du monde. A un signal donné, à la voix de l'Archange, au son de la trompette de Dieu retentissant comme aux fêtes de l'Ancien Testament, le Seigneur descendra du ciel. Ce sera le second avènement, la Tzapoucria tant attendue. Et tout d'abord (-pwrov) ceux qui sont morts dans le Christ sortiront vivants de leurs tombes. Ce sera le premier acte. Puis, et ce sera le second, nous les vivants, les fils de la dernière génération personnifiés en nous qui vivons aujourd'hui, comme il a été dit plus haut, ensemble avec nos

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