EXHORTATIONS ET RECOMMANDATIONS
salonique, pour que soit écarté l'obstacle des hommes méchants et ineptes. « Car,' ajoute l'Apôtre, la foi est un privilège, et il s'en faut qu'elle soit le fait de tous. Mais si l'homme est menteur, Dieu est fidèle, il affermira à Thessaionique ceux-là mêmes qui doivent fortifier leurs frères, et les gardera du mal. Si nous parlons ainsi, ce n'est pas qu'il y ait en notre cœur une défiance : non. Le Seigneur même nous donne cette assurance que vous faites et ferez dans la suite tout ce que nous vous avOns recommandé. Que le Seigneur dirige donc vos cœurs dans la charité qui vient de Dieu, dans la patience qui nous viendra du Christ et de son exemple. »
^ Denuntiamus autem vobis, fratres, in nomine Domini nosfri Jesu Christi, ut subtrahaiis vos ab omni frafre ambulante inordinate, et non secunduni traditionem, quam acceperunt a nabis. "^ Ipsi enim scitis quemadmodum oporieat imitari nos : quoniam non inquieti fuimus inier vos : s neque gratis panem manducavimus ab aliquo, sed in labore, et in fatigafione, nocte et die opérantes, ne quem vestrum gravaremus. 9 Non quasi non habuerimus potesiatem, sed ut nosmetipsos formam daremus vobis ad imitandum nos. 10 Nam et mm essemus apud vos, hoc denuntiabamus vobis : quoniam si quis non vult operari, nec manducet. n Audivimus enim inter vos quosdam ambulare inquiète, nihil opérantes, sed curiose agentes. 12 7/5 autem, qui ejusmodi sunt, denuntiamus et obsecramus in Domino Jesu Christo, ut cum silentio opérantes, suum panem manducent. i3 Vos autem, fratres, nolite deficere benefacientes. i4 Quod si quis non obedit verbo nostro per epistolam, hune noiate, et ne commisceamini cum illo ut confundatur : is et nolite quasi inimicum existimare, sed corripite ut fratrem. ^^Ipse autem Dominus pacis det vobis pacem sempiternam in omni loco. Dominus sit cum omnibus vobis. i7 Salutatio, mea manu Pauli : quod est signum in omni epistola : ita scribo. is Gratia Domini nostri fesu Christi cum omnibus vobis. Amen.
Aux fidèles, l'Apôtre répète sous forme plus précise et plus sévère, puisqu'il va jusqu'à une menace d'excommunication, le précepte rappelé déjà dans la première épître, IV,11. II y avait des oisifs à Thessalonique, et l'oisiveté est mauvaise conseillère. L'activité qui ne se dépense pas selon l'ordre, en un travail utile, se tourne facilement à la révolte et à l'agitation inquiète : rien n'est aussi difficile à gouverner qu'un ensemble de paresseux.
Aussi l'Apôtre doit-il insister. Nous vous prescrivons, dit-il, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de vous détourner de tout frère qui se conduit de façon désordonnée, et contredit dans sa vie l'enseignement que vous avez reçu de nous. Vous savez quel exemple nous vous avons donné : nous n'avons pas été parmi vous des paresseux, ni n'avons mangé un pain que nous n'eussions acheté par notre travail, par nos fatigues de jour et de nuit ; nous l'avons fait afin de n'être à charge à aucun de vous. Ce n'est pas que nous n'en eussions le droit (I Cor., IX, 12), mais nous avons préféré vous donner en notre personne l'exemple de ce que doit être la vie chrétienne, laborieuse, active, occupée. Déjà lorsque nous étions encore auprès de vous, nous vous avons enseigné que celui qui ne travaille pas n'est pas digne de m.anger. Notre exemple, nous l'apprenons, et nos recommandations n'ont pas suffi. On nous dit qu'il en est tels parmi vous qui vivent sans règle, tournant autour de leur travail et ne l'abordant jamais. A ceux-là nous apportons au nom du Seigneur lui-même, l'ordre et l'invitation instante à vivre en paix, à travailler, à gagner ainsi le pain qu'ils mangent.
A ceux qui font lé bien, c'est-à-dire à la majorité qui est paisible et laborieuse, l'Apôtre ne donne d'autre conseil que de persévérer. « Mais s'il en est un qui, averti par nous, ne s'amende pas, signifiez à tous de n'avoir plus de relations avec lui. » Ce n'est qu'une forme d'excommunication mineure, et toujours médicinale en son dessein. « C'est ainsi, dit l'Apôtre, que vous parviendrez à le corriger par la solitude que vous créerez autour de lui. Et même alors, traitez-le non
comme un ennemi, mais comme un frère. » La légisiation ecclésiastique et la règle monastique se sont inspirées de ces paroles de saint Paul.
Ce n'est que dans la paix que les âmes et les Eglises se sanctifient. Le souhait contenu ici est toujours opportun : rien pourtant ne nous interdit de le regarder comme une conclusion de ce qui vient d'être dit, et de le rapporter à la situation spéciale de Thessalonique (Cf. I Thess., V, 23). «Que le Dieu de la paix vous donne à toute heure et en tout lieu des richesses de sa paix ! Que le Seigneur soit avec vous ! »
L'épître était dictée. Sans doute Timothée tenait la plume. L'Apôtre, ici, la prend de ses mains, et afin d'assurer l'authenticité de la lettre, ajoute, de son écriture, la dernière salutation. « L'adieu est écrit de ma main, de la main de Paul. Et pour éviter toute supercherie (II Thess., II, 2), toute supposition, sachez que j'en use ainsi en toute épître venant de moi. Elle est mienne moyennant l'autographe. Reconnaissez les traits de mon écriture (Galat, VI, 11). Que la grâce qui nous vient de Notre-Seigneur Jésus-Christ, c'està-dire la bienveillance de Dieu, soit avec vous tous. »
ACTES. — CHAPITRE XVIII (suite)